Mardi 22 octobre 2019 | Dernière mise à jour 21:19

Chronique Johnny, cow-boy des temps modernes

Le taulier sort «De l’amour» son 50e album studio avec aux manettes musicales Yodelice, complice d’un retour moins variété. Méfiance, décryptage titre après titre et verdict.

Un disque comme une soirée entre potes. Ici Johnny accompagné de Yodelice.

Un disque comme une soirée entre potes. Ici Johnny accompagné de Yodelice. Image: Mathieu César

«De l’amour»
Johnny Hallyday

Sortie aujourd’hui.

Distr. Warner Music

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Johnny Hallyday sort un nouvel album: première réaction: «OK, je ne vais pas y couper.» Ensuite, c’est «OK, comment je vais m’arranger pour l’avoir en interview»? Une préoccupation qui passe très vite quand on me fait comprendre que le monsieur ne donnera pas d’entretien en Suisse. «OK, je vais le chroniquer» même si le simple fait de pouvoir l’écouter avant sa sortie est aussi compliqué. Parce qu’à 72 ans, Jojo, il en a ras le bol de la promo et n’a plus rien à prouver, sauf à ses fans…

Je l’avoue, après son passage au Paléo, je me suis dit que le type qui me faisait rêver en défonçant une boule à facette sur la pochette du double 33 tours «Palais des sports 82» de mon papa, il prenait la poussière au galetas depuis un moment… J’ai donc essayé de laisser mes a priori au galetas (avec mon vinyle) et je suis partie découvrir en une heure ce disque enregistré discrètement en dix jours à L.A.

«De l’Amour»

Hey, mais c’est une intro de Johnny Cash? Non! Mais oui, il y va cash Johnny: de l’amour, il en a à revendre. «De l’amour, (répétez 8x), je t’aimait tant, je t’aimais trop, je m’en veux et je sombre pour nous deux.»

«Une vie à l’envers»

Le titre à vous retourner l’estomac. Comme un blockbuster raté sur la vie d’une «pauvre» rock star. Je zappe.

«Dans la peau de Mike Brown»

Sur un tapis sonore d’infos, il raconte d’une voix basse ce racisme ordinaire et la violence policière aux pays de l’Oncle Sam. On s’appuie ici sur l’histoire de Michael Brown, 18 ans, tué à Ferguson ou quand: «même la nuit s’en voulait d’être blanche». Bravo.

«Tu es là»

Là, j’imagine Johnny importé comme par magie dans le «Aloha From Hawaii» d’Elvis. Ça fout la banane, et je monte le son.

«Valise ou cercueil»

Une introduction entre marche militaire et cantique tribal. La guitare arrive ainsi que l’histoire d’un couple de migrants qui doit fuir les flammes. Ce feu-là, il ne m’allume pas.

«L’Amour me fusille»

Sortez les Stetson et les santiags, le titre parle d’amouuuuuuur dans un genre Ennio Morricone sous whisky coupé au Coca light.

«Mon cœur qui bat»

Un titre un peu faible sur le refrain mais tellement entraînant sur le reste. Mais comme «je ne t’en veux pas, je ne t’en veux plus, je t’en voudrais toujours», moi je bats du pied sous la table quoi qu’il arrive.

«Avant de frapper»

Ici, il semble être question du djihad, «Tu as renoncé à ton libre arbitre», assène Johnny sur fond de mélodie conquérante. Ben je n’ai pas tout compris.

«Des raisons d’espérer»

Une fois n’est pas coutume, c’est Jojo himself qui a écrit le texte de ce titre aux relents de ZZ Top. Le voyage initiatique d’un mec «qui jette lui-même ses dès». Bien vu!

«Un Dimanche de Janvier»

«Pour apaiser la peine d’un pays soulevé, nous étions venus sans haine». Une chanson douce, pour se souvenir d’un événement qu’il ne l’est pas, la marche «Je suis Charlie».

Le verdict de la méfiante
Je pose ça là: le disque est frais, pas chiant et plutôt bien fichu. Comme la bande-son d’un gentil western à coller dans son autoradio pour partir en week-end. Comme avant, Johnny fait pas mal de répétitions dans les refrains (écrits ici, entre autres, par Miossec, Vincent Delerm ou Jeanne Cherhal) et Johnny s’engage. Il ne parle pas que d’amour mais aussi de la dureté du monde actuel, tout en réussissant à rester dans la sobriété. Johnny, chanteur engagé, comme un cow-boy des temps modernes, qui montre qu’il n’est jamais trop tard pour avoir quelque chose à dire.

Merci aussi à Maxim Nucci, alias Yodelice, à la réalisation, sans qui ce disque n’aurait peut-être pas été aussi digeste. Tel un marshmallow grillé sur un feu de bois, cette galette pourrait bien devenir un plaisir coupable!

Créé: 13.11.2015, 10h54

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