Mardi 18 juin 2019 | Dernière mise à jour 06:42

Paléo 5/6 Les Cowboys fringants: «Au Québec, on aime faire la fête!»

Nous sommes presque au bout de notre série sur le Village du Monde. Cette fois, cap sur l'un des groupes les plus sympathiques de la Belle Province, qui jouera le mardi 23 juillet sur l'Asse. Interview.

(de g. à dr.) Jérôme Dupras, Karl Tremblay, Marie-Annick Lépine et Jean-François Pauzé reviennent au Paléo pour le 3e fois.

(de g. à dr.) Jérôme Dupras, Karl Tremblay, Marie-Annick Lépine et Jean-François Pauzé reviennent au Paléo pour le 3e fois. Image: DR

Paléo Festival Nyon, du 23 au 28 juillet 2019. Infos et billetterie: www.paleo.ch

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Demandez à un connaisseur quel est le groupe québécois le plus sympathique. À coup sûr, il vous répondra: Les Cowboy fringants. Depuis plus de vingt ans, le quatuor n'a jamais failli à sa promesse, celle de faire passer ses concerts pour de grande fêtes rythmées de country et de folk mais où il n'est pas interdit de réfléchir à des thèmes universels – l'environnement, en priorité.

Nous avons joint dans sa maison de L'Assomption, au nord-est de Montréal, Marie-Annick Lépine, «la fille du groupe». S'il s'agira de la troisième fois qu'elle et ses comparses viennent au Paléo (le mardi 23 juillet), ce sera la première où leur Belle Province sera mise à l'honneur au Village du Monde.

Après plus de vingt ans d’activité, les Cowboys sont-ils toujours aussi fringants?

Oui! On a toujours autant de plaisir sur scène. Le dernier album qu'on a sorti, «Octobre», a connu une réception fantastique. Donc on a pu faire un spectacle avec beaucoup de nouveaux titres. Ça a donné une bouffée d'air frais au groupe. Le précédent, «Que du vent», alors qu'il avait de belles chansons, n'avait pas eu le même effet en live. Mais, pour avoir une carrière qui dure, on ne peut pas rester sur des succès qui datent de 2002. (Rires.)

Le fameux Cirque du soleil vous rendra hommage cet été au Québec avec un spectacle. Cela doit vous rendre très fiers!

Oui! Ce sera un spectacle de cirque avec nos chansons. Mais ils les ont retravaillées pour que leur durée corresponde à celle des numéros. Donc on risque d'être bien surpris des nouvelles versions. À préciser que tout cela devait être fait à partir des bandes maîtresses (ndlr.: les masters). Mais certaines ne s'ouvraient plus alors il a fallu qu'on en réenregistre cinq. Il n'y avait pas le choix!

Dans vos textes, vous utilisez le joual, qu’on peut qualifier de français québécois. C’est votre façon à vous d’éviter que des expressions soient oubliées?

Je ne pense pas que c'était le but initial mais c'est peut-être l'effet que ça aura avec le temps. On voulait honorer notre façon de parler en écrivant non pas en français mais en québécois. J'ajouterai que Jean-François (ndlr.: Pauzé), l'auteur-compositeur des Cowboys, a même créé son propre dictionnaire des québécismes.

Vous jouez du violon mais aussi de la flûte, de l’accordéon... Vous êtes celle qui apporte le plus le côté folklorique aux Cowboys. Qu’est-ce qui vous plaît là-dedans?

J’aime beaucoup la chaleur des vrais instruments, ceux qui font partie de notre culture. Et le violon touche les Québécois comme les gens de bien d’autres régions dans le monde. J’ai commencé quand j’étais jeune, parce que je trouvais cet instrument beau et qu’il se transportait bien mieux qu’un piano. (Rires.) Mais je ne suis pas la championne du folklore. Quand on a commencé avec les Cowboys, on jouait plutôt de la musique country. Je mets un accent traditionnel quand la chanson le permet mais c’est avant tout très rock.

Comment expliquez-vous le succès que vous avez hors du Canada, notamment en Suisse romande?

Le plaisir et le goût de la fête sont universels. Et c’est ce qu’on apporte avec les Cowboys fringants partout où on va. On essaie de soulever une certaine bonne humeur. On est des gens sympathiques. Je crois que les thèmes abordés par nos chansons parlent à tout le monde, que ce soit le suicide, l’environnement ou un couple qui se chicane.

D’ailleurs, le programmateur d’un festival québécois où vous jouerez en juin dit de vous: «Les Cowboys, c’est toujours bon. Ils sont sympathiques.»

Exactement. Depuis 1997 et notre première cassette, on a toujours eu le même rendement sur scène: on n’a jamais annulé un concert pour raison de maladie. On est devenus des professionnels, tout en restant un peu broche à foin. (Rires.)

Karl Tremblay, le leader du groupe, et vous êtes en couple et avez eu deux filles ensemble. Comment se passent les tournées hors du Québec. Toute la famille traverse l’Atlantique?

Non. Depuis qu’on a des enfants on fait des tournées courtes. On a la chance d’avoir encore nos parents et ce sont eux qui gardent nos filles de 3,5 ans et 6 ans. On fait surtout des concerts le week-end et la semaine je suis très présente pour elles. En mars 2020, on a une tournée plus longue en Europe avec notamment un concert à Bercy à Paris. J’aimerais beaucoup que nos parents traversent l'Atlantique avec nos enfants pour voir cette date qui reste exceptionnelle pour un groupe québécois.

Cette année, le Paléo met en évidence le Québec. C’est quoi le Québec de Marie-Annick Lépine?

Au Québec, les gens sont foncièrement sympathiques. Il y a de grands espaces, c’est beaucoup de route pour aller faire des concerts. Je trouve que c’est beau et il y a quelque chose de tranquille, ce n’est pas surpeuplé. Par contre, il est temps qu’on prenne les devants. On pourrait être des pionniers de cette nouvelle ère dans laquelle il va falloir tous entrer au niveau mondial concernant l’environnement. Avec les Cowboys, on y travaille fort depuis 2001 en soutenant des oeuvres caritatives. En 2006, on a monté une fondation. En 2009, on a créé une ceinture verte dans la grande région de Montréal et il y a plein de beaux projets qui se préparent. Mais en haut ça ne bouge pas beaucoup.

La musique est-elle la meilleure carte de visite du Québec?

Il y a aussi les jeux vidéo. Montréal est devenue une plaque tournante. On a aussi de super bons chercheurs. Le Québec a sa place à l’international dans d’autres domaines que la musique mais c’est elle qui touche les gens le plus rapidement.

Vous avez une expression bien québécoise préférée?

Celle qui me vient en tête, c’est: «T’es ben chuton!» C’est vraiment un régionalisme. À l'époque, on disait des gens qui habitaient autour d'une chute que c’était des chutons. Donc des gens moins cultivés. Et ça a fini par devenir une expression. (Rires.)

Votre plat préféré?

Je m’excuse mais moi, c’est la poutine. J’aurais bien voulu dire autre chose mais j’en mange vraiment souvent! Par contre, Montréal est en train de devenir très intéressante niveau gastronomie. Depuis quelques années, on a 5 à 6 chefs super originaux, des grands passionnés qui s’entraident pour trouver la meilleure viande, le meilleur poisson pêché en Gaspésie.

Citez-nous un artiste québécois qui est une référence pour vous.

Mara Tremblay. Quand elle a commencé à la fin des années 1990, je jouais déjà les mêmes instruments qu’elle, le violon, la mandoline. Les Cowboys fringants sont nés à peu près au moment où elle a eu du succès avec Les Frères à ch’val. J’ai toujours aimé ses albums solos, elle a amené un côté femme qui rock, indépendante. Pour ça, elle a une place importante chez nous, au Québec.

Quand se refermeront les portes du Village du Monde, qu'aimeriez-vous que les festivaliers retiennent du Québec?

Oh mon Dieu! Qu’on aime faire la fête et qu’on est du beau monde! (Rires.) (Le Matin)

Créé: 14.06.2019, 17h04

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.