Mardi 20 août 2019 | Dernière mise à jour 01:20

Interview exclusive Marcus Miller: «Claude est parti trop tôt!»

Le célèbre bassiste, compositeur et arrangeur, victime d’un accident en Suisse en novembre dernier, se souvient de Claude Nobs.

«Je suis venu la première fois à Montreux alors que je n’avais que 21 ans, nous a déclaré ce soir Marcus Miller, ici au piano, chez Claude Nobs. Ensuite sommes devenus des amis. Nous nous sommes parlé en novembre pour la dernière fois...»

«Je suis venu la première fois à Montreux alors que je n’avais que 21 ans, nous a déclaré ce soir Marcus Miller, ici au piano, chez Claude Nobs. Ensuite sommes devenus des amis. Nous nous sommes parlé en novembre pour la dernière fois...» Image: Philippe Dutoit

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«Je suis très triste. Nous ne sommes pas éternels, mais il y a un âge pour mourir et Claude est parti trop tôt. Il avait encore tant d’énergie et de choses à accomplir!» Au bout du fil, à Los Angeles, Marcus Miller évoque pour nous la figure du patron du Montreux Jazz.

Marcus Miller, vous avez été accidenté en Suisse en novembre dernier. C’est votre dernier contact avec Claude Nobs.

Le chauffeur du bus est mort sur le coup. Mes musiciens et moi-même avons été blessés. Claude m’a immédiatement envoyé son avocat. Au téléphone, il m’a dit: «Qu’est-ce que tu fabriques dans un bus? J’aurais dû t’envoyer le ballon à air chaud!» ( Rires.) J’ai retrouvé le sourire grâce à lui et cela m’a permis de lui parler une dernière fois avant qu’il ne disparaisse. Claude regardait toujours le côté positif de la vie!

Ce ballon, c’est une mésaventure vécue il y a 6 ans. Racontez.

Nous étions au chalet de Claude, avec Jessica, la fille de Herbie Hancock. Claude m’a dit: «Aucun musicien n’a jamais fait de photo dans le ballon. Monte, on va faire quelques images.» J’avais peur, mais j’ai dit oui.

Et les choses se sont gâtées…

Le chauffeur a commencé à monter, monter, monter… Il faisait froid, les montagnes nous paraissaient minuscules et j’étais pétrifié de peur. Un ballon à air chaud, c’est un panier de pique-nique! Je devais donner un concert le soir même. Comme nous n’étions pas dans un hélico, le vent nous a déportés à 20 km de Montreux. On a atterri dans le champ d’un fermier qui faisait un barbecue. Le type m’a proposé de me ramener et m’a déposé en camion, devant le Casino, pour que j’aille jouer. Comme dans ce film des Beatles où il leur arrive des trucs invraisemblables et à la fin, ils montent sur scène.

A quelle époque avez-vous connu Claude Nobs?

En 1981. J’avais alors 21 ans. J’accompagnais Al Jarreau, Randy Crawford et David Sanborn. J’ai découvert que Claude Nobs, ce type mondialement connu, était simplement un fan de jazz et nous sommes devenus amis par l’intermédiaire de Miles Davis et de Quincy Jones.

Miles Davis que Nobs a remis sur scène pour un ultime concert.

Miles était un artiste qui ne voulait pas regarder derrière lui. Il refusait de revisiter son ancien répertoire, comme «Sketches of Spain». Quincy et Claude sont parvenus à organiser une rétrospective. Nobs avait à la fois le sens de l’humour et un grand respect pour les artistes. Les musiciens l’adoraient. Un jour, il m’avait proposé de jouer avec le guitariste Melvin «Wah-Wah» Watson que je respecte. Et Claude est venu avec son harmonica jouer avec nous. C’était tellement cool! Il était unique.

Qu’y a-t-il, pour vous, de si particulier à Montreux?

La beauté des paysages! Moi qui ai joué dans les petits clubs enfumés de New York, ce lac et ces montages, c’est un choc! Et puis vous avez là, réuni dans un seul et même endroit, tout ce que la planète compte comme musiciens de talent.

Créé: 11.01.2013, 22h34

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