Jeudi 23 novembre 2017 | Dernière mise à jour 10:17

Paléo Festival Mat Bastard: «Je voulais être plus incisif»

Après l’annonce de la séparation de Skip the Use fin 2016, son ex-leader, Mat Bastard, revient avec un album, «Loov», sorti hier, et ça déménage toujours autant! À voir le samedi 22 juillet, sur l’Asse.

«Le disque n’est pas complètement à l’ouest de ce qu’on faisait avec Skip the Use, c’est une évolution, une continuité»

«Le disque n’est pas complètement à l’ouest de ce qu’on faisait avec Skip the Use, c’est une évolution, une continuité» Image: LMS

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Ils soulevaient des foules, remplissaient l’Olympia, à Paris, se distinguaient aux Victoires de la musique et chantaient même l’hymne des fans de l’équipe de France à l’Eurofoot 2016. Les rockers nordistes de Skip the Use connaissaient un succès qui ne devait pas disparaître de sitôt. Et pourtant. En novembre de l’année dernière, Mat Bastard, le leader du groupe, annonce que l’aventure s’arrête et qu’il se lance dans un nouveau projet solo. Sept mois plus tard, son plan s’est réalisé: son premier album, «Loov», est sorti hier.

Riche, mêlant punk rock, metal, funk, electro et musiques urbaines, avec toujours cette énergie qui caractérise Mat Bastard, c’est une réussite. «Le disque n’est pas complètement à l’ouest de ce qu’on faisait avec Skip the Use, c’est une évolution, une continuité», commente Mathieu-Emmanuel Monnaert (son vrai nom) au téléphone. De retour en France pour la promotion, alors qu’il vit depuis plusieurs années à Malibu, il sait qu’il devra répondre aux questions sur les raisons de l’arrêt de son groupe, mais il le fait volontiers. «J’étais très impliqué dans la musique, les textes, le show, mais je voulais aller plus loin, être plus incisif. Et ce n’était pas le souhait des autres membres de Skip the Use. Après huit ans ensemble, ils avaient aussi envie de passer à autre chose. Alors, on a décidé de s’arrêter là.»

Libéré de toutes obligations, Mat Bastard a pu se consacrer à fond et sans concession à un nouveau projet, avec une équipe qui travaille à ses côtés dans la production aux États-Unis. Le rocker réalise en effet des disques pour Warner ou Interscope depuis Los Angeles. «Je me souviens que, lorsqu’on était à l’affiche du Paléo en 2014, j’ai assisté aux concerts de Prodigy et Shaka Ponk et j’ai bien vu qu’avec Skip the Use on n’allait pas au bout des choses. Pourtant, on avait le potentiel. J’aurais pu me contenter de ce qu’on avait. Mais ce n’est pas dans ma nature. Aux États-Unis, avec ce nouveau métier de producteur, j’ai appris plein de choses. Je suis encore au début de ma carrière, j’ai encore tellement à faire.»

Être plus personnel

En revenant sous son nom seul, Mat Bastard prend le risque de repartir presque de zéro. Mais ça ne lui fait pas peur. Tant qu’un concert se fait dans la sincérité, les gens répondent présent, affirme-t-il. D’ailleurs, les trois prestations enflammées qu’il a faites en France en mai pour présenter son disque ont toutes été accueillies avec des éloges. Ce disque justement, «Loov»: les 14 titres emmènent l’auditeur dans une multitude de styles avec pour mot d’ordre de mettre le feu. Mat Bastard: «Pour moi, un album est une photographie du monde dans lequel je vis, multiple et varié. Quand je suis parti faire de la prod aux États-Unis, je pensais arrêter de chanter. Mais à force d’écrire pour les autres et d’entendre ma meuf qui me répétait que j’avais encore des choses à dire, et surtout avec le terrorisme et l’arrivée de Trump au pouvoir, je me suis remis à penser à faire mon propre album. Chaque morceau représente ce qui a occupé mon esprit durant ces trois dernières années: ma rencontre avec ma femme, les réseaux sociaux, la situation internationale, l’intolérance latente, la religion, le féminisme, le vivre-ensemble.»

Dans le morceau «Stand As One», en partie en français, le chanteur scande: «Il faut qu’on se bouge pour que nos gamins s’émerveillent/Alors, on se rassemble sans savoir si on ressemble, comme un seul peuple, un seul homme (…)» «Avec Skip the Use, j’avais voulu être plus personnel dans les textes, dans un titre comme «Être heureux». Mais j’avais bien compris que ce n’était pas le trip des autres membres du groupe, confie Mat Bastard. C’est ça que j’ai cherché à faire avec mon disque. Mon monde, c’est «viens comme tu es»! «Come As You Are» de Nirvana est une chanson qui m’a retourné. Moi, on me prend en fonction de mes singularités et on va trouver un intérêt à être mon ami. Aujourd’hui, on passe tellement de temps sur les réseaux sociaux à afficher ses croyances et ses idéaux qu’on en oublie l’être humain qui se cache derrière.»

«Un de mes festivals préférés»

L’ensemble des morceaux de «Loov» ont des refrains mélodiques et fédérateurs. Une manière d’écrire qu’il doit à l’influence du punk rock californien, à Bad Religion, à NOFX, et à des groupes anglais comme The Damned et The Clash. «Il y a un côté très pop dans leur musique. Tout le monde peut chanter le refrain, même ma mère sous la douche, c’est le concept que j’adore.» Et il y a un endroit où on retrouve aussi ça: le Paléo, où il se produira le samedi 22 juillet. «C’est un de mes festivals préférés, lance Mat Bastard. Les gens sont ouverts d’esprit, aiment faire la teuf, c’est hypersain et positif. J’y ai que des bons souvenirs. J’avoue que j'ai insisté pour pouvoir y revenir.» Ne reste plus qu’à lui faire un bon accueil, car «The Bastard is back!» (Le Matin)

Créé: 17.06.2017, 08h55


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