Jeudi 13 décembre 2018 | Dernière mise à jour 01:50

pop-rock «C'est l'album où j'ai tout mis, où j'ai bossé comme un chien»

Pascal Obispo s'inspire des sons de sa jeunesse pour son 11e album et ne peut s'empêcher de citer Johnny. Mais pas que. Interview.

«J'ai recentré les choses que j'aimais dans un seul album.»

«J'ai recentré les choses que j'aimais dans un seul album.» Image: Universal Music

Pascal Obispo

Son onzième album disponible depuis le 12 octobre 2018

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Lunettes sur le nez, T-shirt noir et une veste en cuir décorée de badges de groupes de rock qu’il adore, Pascal Obispo débarque à notre rendez-vous à Lausanne avec deux heures de retard. Faute au trafic entre Genève et Lausanne (et à sa pause repas). Le chanteur de 53 ans prend son temps pour chaque réponse et nous explique comment ce onzième album, «Obispo», aux sonorités pop-rock, retrace sa vie. En 14 morceaux, il rend hommage, parfois avec humour, aux personnes qui ont marqué sa carrière.

#Pascalàlabasse? Pourquoi ce hashtag sur toutes vos dernières publications?

Ah! Il n'est pas passé inaperçu. (Rires.) L'histoire est simple, c'est la première fois que je vais faire une tournée où je serai à la basse et au chant. Pour le découvrir, il faudra venir le 9 mars, à Montreux.

On retrouve aussi #bestalbum. Il s'agit vraiment de votre meilleur disque?

C'est celui où j'ai tout mis, où j'ai bossé comme un chien et qui me ressemble le plus. Il reflète ma culture musicale et, pour une fois, j'ai participé aux textes aussi.

Vous avez écrit les 80% de cet album.

Oui. J'avoue qu'avant c'était peut-être une sorte de fainéantise. On est fainéant quand on a de bons auteurs.

Qu'est-ce qui vous a poussé à aller plus loin cette fois?

C'est mon côté sportif peut-être? J'aime les challenges. J'ai acheté un cahier et j'ai voulu me rapprocher le plus possible de ce que j'étais. Sauf si l'on vit avec moi 24 heures sur 24, on ne peut pas l'imaginer. Si je vous dis: «J'ai lu ce bouquin.» La réflexion, la correspondance et l'impact que cela peut avoir sur vous, il n'y a que vous qui le ressentez. Et l'émotion est toujours suggérée par un épisode que vous avez vécu auparavant.

Donc tout ce que vous avez écrit pour cet album a un rapport avec votre vie privée?

Exactement. C'est quelque chose que j'ai vu, vécu, entendu, que j'ai ressenti et que j'avais envie de dire. C'est pourquoi l'album reste éponyme. C'est un diamant brut plein d’énergie et rempli de liberté. Cette liberté que j'ai maintenant. (Il s'arrête et nous regarde.) Tout va bien? Je vous sens un peu nerveux.

Peut-être un petit peu, mais c'est normal, non?

Vous n'avez absolument pas à l'être avec moi. On a tous des souffrances que l'on exprime d'une manière différente, moi c'est en chanson. Quand on est timide ou impressionné par quelqu'un, c'est souvent car il y a des similarités avec la personne que vous avez en face. Peut-être que vous appréciez quelque chose que j'ai pu faire?

Et cela vous arrive encore d'être impressionné?

Bien sûr. Le moment le plus intimidant a dû être en 1998 quand je suis monté sur scène au Stade de France pour chanter «Rock'n'Roll Attitude» avec Johnny Hallyday. C'était dingue, devant 80 000 personnes. Et puis j'ai été aussi impressionné de travailler avec plusieurs chanteurs comme, par exemple, Youssou N'dour.

Qui chante sur ce nouvel album. D'ailleurs, même si l'âme de ce disque est plutôt rock, vous touchez à tout musicalement. On entend de la pop, les années 1980 et il y a même des sonorités africaines.

Je touche à tout ce que je suis. C'est-à-dire que j'ai recentré les choses que j'aimais dans un seul album. Si vous regardez bien, mis à part le côté africain, tout est couleur pop et rock. C'est la musique qui m'a construit à 15 ans, l'âge que j'avais dans les années 1980. C'est un peu de loin de vous tout ça, non?

Pas si loin, je suis quand même né dans ces années.

Laissez-moi deviner: 1988?

Exactement! Vous voyez, je ressens peut-être des choses? C'est pour ça que vous êtes nerveux. (Rires.)

Vous écoutiez la variété française dans ces années-là?

Ha non! Je sais que j'ai cette étiquette de chanteur de variété, mais j'écoutais la musique anglo-saxonne comme The Cure, The Doors, Police, Simple Minds...

Vous ouvrez votre album avec «Et Bleu», un titre aux sonorités eighties qui est une ode à la femme.

Exactement. C'est un espèce de cadavre exquis où je parle des femmes, avec un peu d'humour. On retrouve aussi des hommes qui ont une sensibilité féminine comme Rimbaud et Verlaine. Tout le monde savait qu'ils étaient ensemble. Et quand je parle de Bardot, je parle aussi de Lahaie (ndlr.: Brigitte) car elle a été aussi importante. Avec tout ce qui se passe en ce moment, je voulais montrer l'importance de la femme depuis la création.

Dans tous les noms que vous citez, un m'a un peu surpris: Lily-Rose Depp. Pourquoi en parler?

Parce qu'elle perpétue la tradition de ces filles françaises. Elle suit le chemin de sa mère (ndlr: Vanessa Paradis) et elle devient une icône pour la jeune génération. On la voit notamment dans une publicité pour Chanel, on ne peut donc pas sous-estimer l'impact qu'elle peut avoir sur les jeunes. Je voulais mettre une fille qui représente la génération et qui soit quand même classe. Je trouve qu'elle amène quelque chose.

Votre femme, Julie Obispo, pose sa voix aussi sur ce morceau. C'était voulu?

Complètement par hasard. Quand elle a chanté, je n'avais plus envie de changer. Je trouve ça génial de l'avoir sur ce titre. D'un coup, on a tout en même temps. Qui de mieux que la femme la plus bienveillante que je connaisse pour faire une ode à la gent féminine.

Au fil de l'album, on retrouve des hommages à plusieurs artistes comme Laurent Voulzy et Alain Souchon.

Au lieu d'attendre qu'ils ne soient plus là, j'ai voulu leur dire en chanson que je les aimais. Je voulais leur prouver qu'ils étaient importants dans nos vies. D'abord, car Alain est un maître de l'écriture et Laurent est un maître de mélodies. Leurs chansons étaient un point d'ancrage de nos vies. Mes titres préférés étaient «Rockcollection» et «Le baiser».

Le trio avec Isabelle Adjani et Youssou N'dour, «D'accord», est une chanson tirée de l'album que vous aviez composé pour l'actrice.

Un projet qui n'est jamais sorti. J'ai appelé Isabelle et elle a bien voulu extraire une chanson. Il se trouve que dans chaque titre que j'avais fait il y avait toujours un invité. Et dans cette chanson, il y avait Youssou car je trouvais que ça tranchait bien avec le climat asiatique. Je voulais vraiment qu'on s'évade encore plus loin. (Le Matin)

Créé: 12.10.2018, 12h43

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