Dimanche 24 juin 2018 | Dernière mise à jour 10:07

Festival Paléo: l’ange pop venu droit de Bruxelles

Si le mercredi 18 juillet vous êtes au Paléo, la chanteuse à découvrir sur scène est sans conteste Angèle. Interview avec l’artiste qui manie les codes de la génération Z.

«Le titre «Je veux tes yeux», ça raconte un peu l’amour 2018!», nous dit Angèle, 22 ans, auteure-compositrice-interprète

«Le titre «Je veux tes yeux», ça raconte un peu l’amour 2018!», nous dit Angèle, 22 ans, auteure-compositrice-interprète Image: dr

43e Paléo Festival
Du 17 au 22 juillet 2018
Toutes les infos: www.paleo.ch (Image: HEAD-Genève/Paléo)

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Elle a la fraîcheur des jeunes filles en fleur, le timbre d’un oiseau de paradis et un délicieux décalage, peut-être offert par son pays natal: la Belgique.

Elle, c’est Angèle, 22 ans, chanteuse qui ne mérite plus, après une année de scène entre première parties d’Ibeyi et Damso, d’être uniquement nommée «petite sœur de Roméo Elvis». Parce que, dans la famille Van Laeken, avec un papa chanteur et une maman comédienne, l’art est inné. C’est elle qui nous le dit au téléphone lors d’un après-midi ensoleillé. «Prenez mon frère, il est passionné par la photo, et moi j’ai étudié l’histoire de l’art et l’infographie. Mais je crois que génétiquement on n’était pas fait pour autre chose que la chanson, et c’est pas peine d’avoir essayé autre chose», nous assure la jeune star d’Instagram, dont la vie est partie en tourbillon après avoir mis en ligne son tube «La loi de Murphy». Allô, Angèle?

Vous avez commencé le piano toute petite. Vous aimiez jouer quoi?

J’ai toujours été fan de Beethoven, mais plus pour les orchestres que le piano. Ma mère écoutait du Debussy et du Ravel, et c’est surtout ce dernier que j’ai joué.

Vous écoutez toujours du classique?

Oui. Presque autant que tous les autres genres de musique! J’avoue que, quand j’ai un classique, il le reste pour moi, alors j’écoute toujours Ravel et Debussy, mais aussi Mozart et Chopin.

Et quel a été le déclic pour passer du piano à la chanson?

C’est venu à la fin de mes études de piano que j’avais fait en jazz. J’étais pianiste et claviériste pour d’autres groupes et dès le moment où j’ai réalisé que, si je n’arrivais pas à faire mieux, c’est que je devais être chanteuse. J’ai dû admettre que le piano était plus mon instrument d’accompagnement. Je faisais aussi des stories Instagram qui marchaient bien, du coup, j’ai tout de suite commencé à faire des concerts, et l’engrenage a pris très vite.

Oui, «vite», c’est ce qui caractérise votre année!

Oui, je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais j’ai encore du mal à réaliser tellement ça a été vite. Je pourrais peut-être mieux en parler et me poser quand l’album sortira, mais pour l’instant je suis en plein dedans. Mais, attention, je le vis tout à fait bien (rires)!

C’est «La loi de Murphy» qui vous a révélée. Dans la chanson vous dites: «Netflix and honey tea, curled up in my bed (…)» (Netflix et un thé au miel, recroquevillée dans mon lit). Vous regardez quoi en ce moment?

Je regarde de tout, mais surtout je crois que j’ai vu tous les documentaires animaliers! Je regarde «Cosmos» aussi. C’est un doc scientifique sur les planètes, l’infiniment grand, l’infiniment petit, le microcosme. C’est le genre de choses qui me dépassent tellement que, quand je suis dans une phase de stress, de travail intense, ça me ramène à un truc vrai. Ça me calme.

Dans le clip, la petite danse que vous faites, c’est un clin d’œil à «Little Miss Sunshine»?

Absolument! C’est drôle, vous êtes la première personne qui le remarque. Je suis fan absolue de ce film. Je l’avais vu petite et je n’avais pas tout compris la première fois, et ensuite ça m’a marquée. Il véhicule des messages importants sur la dépression, l’image, la tolérance. Il est incroyable, ce film!

Outre vos photos de promo assez décalées, vous avez une imagerie plutôt rétro. Êtes-vous fan de cette époque?

Je ne suis pas fan, mais cette époque me fascine de par la naïveté que j’aime beaucoup. Je trouve que c’est hypertouchant et j’adore les looks. Je trouve qu’il n’y a pas plus classe que les années soixante, soixante-dix (elle marque un silence…) Mais vous dites septante en Suisse? Ah, yes, ça me fait plaisir de dire septante! Mais oui, c’étaient des années qui étaient belles, parce que les femmes pouvaient être sexy sans être vulgaires. Depuis les années nonante, les chanteuses sont devenues très, très sexuelles, ce qui n’est pas forcément grave, mais je trouve que l’on a perdu un peu de cette douceur. L’image de la femme hypersexuelle d’aujourd’hui me fait quand même un peu peur.

Et pour vous qui avez 22 ans, la cause des femmes, c’est important?

Ma mère a toujours eu des valeurs qu’elle m’a inculquées, sans pour autant qu’elles soient étiquetées féministes, mais je pense que, grâce au bon côté d’Internet, le harcèlement de rue, le sexisme et toutes ces choses ont plus l’attention de ma génération. Et c’est très bien comme ça.

«Je veux tes yeux» est justement très générationnel. Expliquez-nous!

La chanson raconte ce fantasme que l’on a quand on se met à parler avec quelqu’un sur Internet. On parle librement sans se poser trop de questions, on se confie, on peut préparer nos réponses, n’envoyer que les photos qui nous mettent en valeur… Et, finalement, quand on se voit en vrai, il y a toujours un malaise. Moi, je trouve ça drôle, et je parle de ça avec les yeux de ma génération, je n’ai que 22 ans, et c’est un truc qui parle à beaucoup de monde, et moi j’avais envie d’en rire. C’est l’amour 2018!

Alors cet album, il est prêt?

Il se précise, mais ça a été compliqué parce que j’ai dû mettre au point les concerts en premier, donc j’ai essayé mes morceaux d’abord en live. Maintenant que l’on finit l’album, je me rends compte qu’il y a des sonorités qui ne jouent pas comme sur scène parce que mes productions seront assez électros, donc moins organiques. Ce sera pour cet automne.

Sur scène justement, vous avez une drôle de gestuelle!

Je pense que je ne suis absolument pas danseuse, j’ai une supermauvaise psychomotricité. Mon amoureux, qui est danseur, pourra vous le confirmer (rires)! Donc je ne voulais pas partir sur des trucs de chorégraphie, alors je danse comme je danse dans mon salon quand je passe l’aspirateur. Par là j’ai aussi envie de dire aux gens que l’on peut ne pas se prendre au sérieux mais se lâcher et ne penser à rien.

Sur Instagram on a appris que vous demandiez du thé au gingembre et des branches de chocolat. C’est quoi le truc impossible que vous adoreriez avoir sur votre rider?

Ah ben, j’adorerais demander Beyoncé sur mon rider (rires). Non, j’avoue que je suis un peu mamie: je bois du thé au miel, je ne bois pas d’alcool avant la scène, je ne fume pas. En fait, je ne suis pas très rock’n’roll (rires)!

(Le Matin)

Créé: 11.06.2018, 07h16


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