Samedi 17 novembre 2018 | Dernière mise à jour 02:18

Interview Soprano: «J'ai mis un peu plus de lumière en moi»

Le chanteur marseillais revient vendredi avec un nouvel album positif, «Phoenix», avant de jouer à l'Arena de Genève en 2019.

Le chanteur est sur tous les fronts et tout lui réussit.

Le chanteur est sur tous les fronts et tout lui réussit. Image: DR

Soprano, «Phoenix»

Disponible dès le vendredi 9 novembre.

En concert à l'Arena de Genève le samedi 6 avril 2019. Infos: www.geneva-arena.ch

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«Je suis dans la voiture, je vais rejoindre les coachs de «The Voice» dans quelques minutes», nous glisse Soprano par téléphone. Nous sommes le mercredi 7 novembre et le Marseillais de 39 ans ne chôme pas. Deux jours plus tard, il dévoilera son nouvel album «Phoenix».

Soprano est aussi en plein dans les auditions à l'aveugle de «The Voice Kids» 2019, sera pour la première fois juré dans la version senior et part en tournée l'an prochain, avec une halte à Genève le 6 avril.«Ce n'est que du bonheur!» s'exclame-t-il. Un sentiment qui brille sur la majorité des rythmes et des textes de son nouveau disque.

On sent une bonne atmosphère dès l'«Intro (Renaissance)», où vous dites: «Je ne suis pas là pour crier la souffrance éternelle.» C'est important de rester positif?

Oui. Car j'ai la chance d'avoir effectué un beau parcours. Si je chantais «c'est la galère, c'est la merde», les gens se demanderaient: «Il n'a rien eu de positif dans sa vie?» C'est important de faire une mise à jour et de se rendre compte que j'ai pu accomplir pas mal de choses. Je viens d'un endroit où je n'étais pas prédestiné au succès. Si je peux motiver les gosses et surtout mes enfants à croire en leurs rêves, c'est tout ce qui m'importe.

Dans cette même chanson, vous parlez de votre concert au Stade Vélodrome de Marseille, en octobre 2017, devant plus de 55'000 personnes. Cette date a changé quelque chose en vous?

Elle a changé beaucoup de choses. Même socialement, je pense. Les gens on peut-être perdu leurs repères lorsqu'ils ont vu qu'un jeune des quartiers, Noir et musulman, peut remplir le même stade que Johnny Hallyday. Personnellement, il y a une véritable satisfaction. Depuis cette date, de plus en plus de personnes m'interpellent dans la rue.

C'est dingue! Dire qu'il y a 10 ans vous parliez de suicide dans «Mélancolique anonyme».

Les idées noires ont longtemps fait partie de ma vie et, à un moment, j'ai dû me relever. Ma famille, mes amis comptaient sur moi. Égoïstement, je les ai entraînés dans ce côté sombre. Pour eux, je me suis battu. J'ai mis un peu plus de lumière en moi et automatiquement dans ma musique. Et quand tu as des enfants, tu penses d'une manière différente. Des fois je passe des heures à les observer regarder la télévision. Je m'arrête sur les yeux, leur nez et je me dis: «C'est un truc de fou, c'est ma chair.» Mon expérience de vie m'a mené vers la lumière.

Vous parlez souvent du rôle de parent dans ce disque: de votre paternité mais aussi de votre mère, comme dans le premier single «A la vie à l'amour» où vous écoutez ses conseils. À 39 ans, on dirait que vous tenez plus que jamais à rendre fière votre papa et votre maman...

C'est la colonne vertébrale de la vie de beaucoup de gens et j'essaie de les honorer comme je peux. Lorsque mes parents me voient dire des choses positives en concert, sourire dans un clip ou à la télé, ils se disent qu'ils ont fait un bon boulot.

Vous ne parlez pas que de vous dans cet album. Vous n'hésitez pas à jouer un personnage, comme dans «Miracle».

Oui, je deviens un enfant malade qui parle à sa mère. J'ai rendu visite à plein de petits dans beaucoup d'hôpitaux. Chaque fois ce sont eux qui souriaient le plus et dédramatisaient la situation. Ils m'ont donné une leçon de vie et j'ai voulu leur rendre hommage.

Émotionnellement, cela doit être compliqué de gérer toutes ces situations, non?

C'est très dur à vivre. On essaie de leur donner une bouffée d'oxygène, mais je n'en ressors pas indemne. Lorsque je vais rencontrer des enfants en fin de vie, je les vois sourire et leur force m'impressionne constamment. Mais je ne vais pas mentir, c'est beaucoup d'énergie.

Le titre «Fragile» est adressé à votre fille. Vous la mettez en garde sur le harcèlement à l'école mais aussi sur le Web. Cela vous fait peur?

En ce moment en France, on peut regarder «Le jour où j'ai brûlé mon cœur», un téléfilm avec Michaël Youn, où un enfant s'immole car il est harcelé à l'école. Cela me prend aux tripes. C'est un sujet que peu de gens mettent en avant. Pourtant, c'est urgent d'en parler. Beaucoup de jeunes en sont victimes, mais malheureusement on n'arrive pas à déceler ces problèmes rapidement. Cela détruit énormément de vies et moi qui ai une fille qui vient d'entrer au collège, ça me concerne.

Vous faites également une sublime déclaration d'amour à votre femme avec le morceau «J't'ai dans les veines».

Franchement, elle était jalouse. Elle m'a dit: «Tu as écrit une chanson pour chacun de tes enfants (ndlr: Inaya, 11 ans, Lenny 9 ans et Luna, 6 ans), une pour ton ex. Et moi? Tu n'en as rien à faire!» (Rires.) Au début, cette chanson devait parler des Roméo et Juliette des temps modernes. Lorsque je réfléchissais au texte, elle était en face de moi et je l'ai écrit indirectement pour elle. À la fin, je lui ai dit: «Bah voilà, elle est à toi. Comme ça, tu ne pourras plus jamais me dire ça!»

Vous surfez sur les sonorités latino avec «Zoom», un titre qui fait penser à «Havana» de Camila Cabello.

Je l'adore! La musique latine est en train de cartonner dans le monde avec notamment J Balvin. Il joue avec ses origines en reprenant les codes de la pop et c'est très intéressant! Et lorsque j'entends «Havana» de Camila Cabello ou «I Like It» de Cardi B, ce sont des morceaux qui te donnent la banane. Le milieu du rap français n'a pas encore osé le faire alors que ça s'adapte super bien.

Vous abordez aussi le sujet de la tromperie avec «Ninja» et «Voisine». Est-ce que tout va bien dans votre couple?

(Il éclate de rire.) Oui, tout va bien! Pour le premier titre, un ami m'a dit qu'une de ses copines avait largué son chéri pour quelqu'un de musclé, riche, beau. Elle a tout fait pour que ça marche, mais finalement elle s'est rendu compte qu'elle avait fait une grande erreur.

C'est quelque chose d'assez commun aujourd'hui, non? Il n'y a plus beaucoup de couples qui tiennent longtemps...

Exactement! Dans mon entourage on ne doit être plus que deux encore mariés et heureux (ndlr.: on entend quelqu'un derrière lui hurler: «Trois!»). «Trois» me souffle mon collègue. (Rires.) Une fois, il y a quelqu'un qui a demandé à ma fille: «Mais comment tu vis? Tous les week-ends tu es dans la même maison? Avec tes deux parents?» C'est devenu tellement banal dans notre société que finalement un couple qui dure n'est plus la norme.

Comment s'est déroulé l'enregistrement de cette première saison de «The Voice Kids» qui est diffusée tous les vendredis sur TF1?

Je me suis régalé. Je ne m'attendais pas un niveau aussi élevé. Dire que des enfants connaissent déjà Etta James, alors que j'ai dû l'écouter pour la première fois à 25 ans, c'est fou! Je m'entends très bien avec tous les coachs. Et pour la version avec les adultes, j'ai déjà rencontré deux fois Mika, que j'adore. J'ai hâte de voir la suite. (Le Matin)

Créé: 08.11.2018, 16h45

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