Dimanche 5 juillet 2020 | Dernière mise à jour 02:55

France Guy Bedos le «mélancomique» s'en est allé

Orfèvre d'un humour engagé et corrosif, l'artiste est décédé à l'âge de 85 ans. Le comédien a notamment marqué la scène française avec ses revues de presse politiques qu'il glissait entre deux sketchs.

La verve de Guy Bedos n'a pas non plus épargné le monde politique suisse.

La verve de Guy Bedos n'a pas non plus épargné le monde politique suisse. Image: AFP

Ce qu'on retient de Guy

Il «partageait son humour et ses convictions avec la même sincérité et la même passion. Nous nous souviendrons notamment de ses grands rôles au cinéma, de ses spectacles inoubliables et de sa parole libre», a estimé le ministre de la Culture Franck Riester, mettant en avant les engagements du comédien. Défenseur des sans papiers, militant pour le droit au logement, entre autres, Guy Bedos a aussi été une figure de l'antiracisme en France, exerçant souvent sa verve contre la famille Le Pen.

Il «a été le seul à être très engagé en défendant beaucoup de causes, et en même temps il ne se prenait pas au sérieux. Pour lui, le sérieux était le cholestérol de l'imaginaire», a souligné à l'AFP Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, dernière scène où s'est produit Guy Bedos. «Il a toujours dit des choses extrêmement fortes. Il ne faut pas oublier qu'il a été blacklisté du temps de Giscard d'Estaing», s'est-il souvenu.

«On se souviendra de tous ses engagements contre les injustices et le racisme et en faveur de la dignité de toutes et tous», a salué SOS Racisme, dont il a été un des premiers parrains, rappelant aussi qu'il forma sur scène un trio avec les humoristes Smaïn et Michel Boujenah en 1991 (»Coup de soleil à l'Olympia») pour dénoncer les tensions entre communautés.

Harlem Désir, fondateur de SOS Racisme, a aussi fait part de sa «grande tristesse» en rappelant «sa présence avec Coluche au concert de la Concorde» organisée par l'association en 1985. Mourir dans la dignité a salué la mémoire d'un «très grand militant», membre de son Comité d'honneur. - (ATS)

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Le comédien et humoriste Guy Bedos, connu pour ses sketchs féroces, son engagement à gauche et ses rôles dans des films comme «Un éléphant ça trompe énormément», est décédé à l'âge de 85 ans, a annoncé jeudi son fils Nicolas sur les réseaux sociaux. «Il était beau, il était drôle, il était libre et courageux. Comme je suis fier de t'avoir eu pour père. Embrasse (Pierre) Desproges et (Jean-Loup) Dabadie, vu que vous êtes tous au Paradis», a-t-il écrit sur Instagram et Twitter.

Le décès de Guy Bedos survient quelques jours après celui annoncé dimanche de son ami, le parolier Jean-Loup Dabadie, qui a notamment écrit pour lui le sketch «Bonne fête Paulette».

En duo avec Sophie Daumier

Pied noir né à Alger en 1934, Guy Bedos s'est fait connaître grâce à des sketchs mordants, en duo d'abord avec Sophie Daumier qu'il épouse, dont celui consacré à la «drague» qui les révèle au grand public au début des années 60.

«La Drague», un classique avec Guy Bedos et Sophie Daumier.

La consécration vient en 1968 avec un seul sur scène à Bobino, puis des rôles sur grand écran, dont celui de Simon, le fils à maman (juive) qui peine à couper le cordon et à finir sereinement ses parties de tennis entre amis. Un personnage récurent dans «Un éléphant ça trompe énormément» (1976) et «Nous irons tous au paradis» (1977). Il s'est également produit dans de nombreux spectacles comiques, dont il est l'auteur, passe au Zénith, triomphe à l'Olympia avec Muriel Robin. Ils obtiennent la Victoire 93 de l'humoriste.

Ce grand angoissé, aux cheveux devenus blancs avec les ans et aux yeux noirs espiègles, adorait aussi jouer les éditorialistes, s'en prenant aux hommes de pouvoir et défendant les sans-papiers et les sidérurgistes d'ArcelorMittal.

Corrosif en Suisse aussi

La verve de Guy Bedos n'a pas non plus épargné le monde politique suisse. En 2000, il s'était attiré les foudres des délégués de l'UDC, après avoir traité Christoph Blocher de «gâteux fasciste» ou de «vieux con» à la radio-télévision Suisse.

Marié 3 fois – avec Karen Blanguernon, Sophie Daumier (décédée en 2003, des suites d'une maladie génétique rare) et Joëlle Bercot –, il est père de 4 enfants, Leslie, Mélanie, Victoria et Nicolas, devenu scénariste et réalisateur à succès. (ATS/Le Matin)

Créé: 28.05.2020, 18h34

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