Mercredi 19 septembre 2018 | Dernière mise à jour 18:12

Expo Pully dévoile ses têtes d'affiche

D'«Excursion sur la Lune» à «Titanic», 100 ans d'affiches des collections de la Cinémathèque sont à voir au Musée d'art du 13 septembre au 16 décembre 2018. On accroche tout de suite!

«Le cinéma s'affiche»

100 d'affiches des collections de la Cinémathèque suisse

Du 13 septembre au 16 décembre 2018, Musée d'art de Pully, chemin Davel 2, Pully (VD). Ma-Ve 14h-18h; sa-di 11h-18h. Infos: www.museedartdepully.ch
Le film «Pulp Fiction» sera projeté au Capitole, à Lausanne, le vendredi 2 novembre à 20 h 30 dans le cadre de l'exposition.

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Le point commun entre un film d'auteur, un blockbuster ou un péplum? Son affiche! Qu'il soit du XIXe siècle ou du XXIe, chaque film possède son rectangle de papier publicitaire. Mais aucun film n'a le même. Du 13 septembre au 16 décembre 2018, le Musée d'art de Pully (VD) puise dans la collection de 500'000 affiches de la Cinémathèque suisse pour présenter une exposition aussi fascinante que colorée. Qu'elles mettent en scène Steve McQueen, l'étrange créature du lac noir ou E.T., ces images éphémères produites en masse ont une tonne de choses à nous dire. Par ici la visite!

Un matériel publicitaire

«N'oublions jamais que l'affiche est un matériel publicitaire», avertit Victoria Mühlig, conservatrice au Musée d'art de Pully, alors que nous suivons ses pas sur deux étages. D'ailleurs, les premières images exposées ne font pas la promotion d'un film mais d'un cinéma ou d'un appareil, comme le Théâtre optique (1888) ou la pellicule des frères Pathé. Après «Excursion dans la lune» (1908), l'affiche de film devient alors un genre en soi et témoigne sous nous aux yeux émerveillés de l'évolution du cinéma. D'abord, le début du vedettariat dans les années 1910-1920 et ce portrait d'Ivan Mosjoukine alias «Le lion des Mogols» sur une lithographie rare avec le fond argenté, médaillée à l'Exposition des arts décoratifs de Paris en 1925. Orange, vert, rouge, que de couleurs ensuite sur ces affiches de films noirs dans les années 1940 alors que les images sont portant en noir et blanc sur l'écran. «C'est pour accentuer le mystère», révèle la conservatrice.

Les affiches cartonnées, une spécificité suisse

Une décennie plus tard, on tente de résumer un film en une image, comme la traque d'une jeune effarouchée en maillot de bain par l'étrange créature du lac noir (Jack Arnold, 1954). On remarque qu'il y a de plus en plus d'informations sur l'affiche: le nom des acteurs, du réalisateur, des producteurs, mais aussi des arguments pour contrer la TV comme la couleur ou l'écran géant.

Dans la salle suisse, «La dernière chance» de Leopold Lindtberg (1945) nous démontre que chaque pays ou presque conçoit sa propre affiche selon ses propres codes. En parlant de spécificité, ce n'est qu'ici en Suisse que l'on retrouve les affiches cartonnées des différentes scènes. Cela vous rappelle-t-il quelques vitrines de cinéma?

Avec la Nouvelle vague en France mais aussi le mouvement contestataire aux Etats-Unis, la nouvelle façon de produire, de tourner, de fabriquer des films, se traduit aussi sur les affiches, d'«À bout de souffle» à «Massacre à la tronçonneuse» en passant par «Easy Rider».

L'arrivée du blockbuster et une fin érotique

On monte à l'étage. L'affiche de «Star Wars: un nouvel espoir» nous fait de l’œil, et surtout celle d'«Apocalypse Now» avec Marlon Brando en grand et qui a une drôle d'histoire: «Le financement pour produire le film a été trouvé à partir de l'affiche», raconte Victoria Mühlig. En face, on tombe sur «Les dents de la mer» ou «Jurassic Park». Des logos apparaissent. C'est l'arrivée du blockbuster, les affiches deviennent de plus en plus similaires et les informations sont légions. «On parle d'appauvrissement, note la conservatrice du musée. Mais, selon moi, même aujourd'hui elles en disent toujours autant des films et du public.»

Averti, le public, en ce qui concerne la toute dernière salle. Les murs sont en effet tapissés d'affiches de films érotiques des années 1970, qui constituent une partie importante de la collection de la Cinémathèque suisse. On termine l'exposition sur ce constat: les studios ont beau avoir imposé toujours plus d'informations sur l'affiche, c'est bien les images qui restent en tête. Même si parfois elles sont regardées furtivement.

«Le cinéma s'affiche», du 13 septembre au 16 décembre 2018, Musée d'art de Pully (VD). Infos: www.museedartdepully.ch (Le Matin)

Créé: 13.09.2018, 11h23

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