Mardi 19 novembre 2019 | Dernière mise à jour 11:10

Interview Suzane: «Je voulais devenir comme Mylène Farmer»

Souvent décrite comme un mélange entre Renaud et Stromae, l'artiste française va secouer le Montreux Jazz avec sa pop-electro et ses chorégraphies. Rencontre avant son concert le 13 juillet prochain au Lab.

Suzane aime mélanger la danse à ses titres electro-pop. Un résultat explosif.
Vidéo: Montage Laura Juliano et Interview Fabio Dell'Anna

Suzane en concert au Montreux Jazz festival (Lab) le samedi 13 juillet 2019. Avec aussi: L'or du commun, Columbine. Infos et billetterie: www.montreuxjazz.com

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Une conteuse d'histoire vraie sous fond d'electro.» C'est ainsi que se définit Suzane. Un prénom qu'elle a emprunté à sa grand-mère qu'elle adore par-dessus tout. De son vrai nom Océane, la chanteuse de 28 ans se fait petit à petit une place dans le monde la musique. Pourquoi a-t-elle choisi un alter-ego sur scène? «C'est une manière d'aller jusqu'au bout des choses. C'est une partie de moi qui existe, mais que je mettais un peu de côté», nous dit-elle assise à la terrasse d'un hôtel lausannois. Avec son petit accent chantant, elle nous raconte son rêve, sa passion pour la danse, ses idoles et sa venue au Montreux Jazz Festival.

Y a-t-il une chanson qui vous a marquée dans votre vie?

«Freed From Desire» de Gala. Je pense que j'étais un peu secrètement amoureuse d'elle. J'aimais beaucoup ce morceau et je dansais des heures dessus dans ma chambre. D'ailleurs, j'écoute toujours ce titre.

C'est le premier album que vous aviez acheté?

Non. Je crois que c'était «Homework» de Daft Punk. Ou peut-être être Mylène Farmer. Mon premier déclic, quand j'étais petite, c'est en regardant le «Hit Machine», avec Charlie et Lulu. Je suis tombée sur sa prestation et je me suis dit: «Je veux devenir comme elle!»

A quel moment avez-vous réalisé que vous aviez du potentiel dans la musique?

C'est plus mon entourage qui me l'a fait comprendre. Je dansais beaucoup et je chantais un peu dans les couloirs du conservatoire (ndlr.: en danse) et sous la douche. A 14 ans, mon père m'a fait remarquer que j'avais une jolie voix. Au départ, j'étais un peu gênée. Au fur et à mesure des commentaires, je me suis dit que je pouvais essayer.

La danse avait déjà une grande importance pour vous à ce moment-là.

C'est vrai. J'ai commencé à l'âge de 5 ans. Ma mère avait emmené ma sœur à un cours de danse classique et comme elle n'avait pas trouvé de nounou, je les ai accompagnées. Je suis directement tombée amoureuse de la danse et j'ai continué à en faire jusqu'à mes 17 ans. J'ai eu le temps de connaître la routine et je suis sorti du conservatoire avec un peu de dégoût. Aujourd'hui, je me reprends la danse en pleine face.

Il s'agit d'un élément central dans votre projet, non?

J'avais vraiment envie de mettre les corps en avant et la danse dans mes clips. J'ai fait appel à Nicolas Huchard, l'un des danseurs de Christine and the Queens, en tant que chorégraphe. Je trouve qu'il a vraiment un vocabulaire à proposer. On est parti de ma danse, puis on a brodé autour.

On dit souvent que si Renaud et Stromae avaient une petite sœur, ce serait vous. Vous définiriez votre style de cette manière?

(Rires.) C'est marrant. Mon style est quelque chose de très spontané. C'était instinctif de mélanger la chanson française et l'electro. Surtout de chanter en français car il s'agit de mon premier amour. J'adore Edith Piaf, Renaud ou encore Jacques Brel. Les artistes que vous venez de citer sont de sacrées références qui ont touché des générations différentes en cassant des codes. C'est exactement là où j'aimerais aller.

Votre dernier titre «SLT» parle du harcèlement. C'est parfaitement dans l'air du temps.

Je pense que, dans tous les cas, j'aurais écrit sur ce sujet. Effectivement, c'est très actuel suite au mouvement #metoo, mais ce problème existe depuis très longtemps. Ma grand-mère en était certainement victime, ma mère aussi et toutes les femmes que j'ai connues. J'étais encore serveuse au moment où le mouvement a été lancé et j'entendais énormément de débats dans lesquels je ne pouvais pas participer. Mon seul pouvoir était de prendre ma plume et d'écrire une chanson.

Votre EP de 4 titres est sorti au mois d'avril, où en êtes-vous avec votre premier album?

Il arrive! Ne vous inquiétez pas, je n'aurai pas que quatre titres sur scène. (Rires.) Il y aura des inédits. Je continue aussi d'écrire des chansons et, si tout va bien, mon album sortira en janvier 2020.

Vous serez au Montreux jazz Festival, le 13 juillet prochain. C'est plutôt prestigieux d'être invitée au début de sa carrière!

Oui! C'est incroyable! Il y a des artistes immenses qui sont programmés sur ces scènes. Avoir pensé à moi alors que je débute, c'est assez impressionnant.

Comment sera votre concert?

Je serai seule et on dansera avec le public. Ce sera un mélange de plusieurs choses. Il y a mes histoires, les chorégraphies et j'essaie surtout de lâcher prise sur scène. Je veux faire en sorte que les gens devant moi aient aussi envie de faire la fête et que l'on s'amuse tous ensemble.

Créé: 24.06.2019, 16h23

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.