Lundi 9 décembre 2019 | Dernière mise à jour 11:14

Adieux Alain Morisod sans voix pour sa dernière à l'antenne

L'ami des Romands ne voulait pas de larmes pour ses ultimes «Coups de coeur». Presque aphone, il n'a craqué que sur le générique de fin avant de retrouver ses fans hors caméras. Récit.

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Sa dernière émission à l'antenne de la RTS, Alain Morisod la voulait sans larmes. «Ce n'est pas une soirée d'adieu», avait-il répété. Il ne l'imaginait certainement pas sans voix. Samedi, le pape du divertissement romand est arrivé devant son public au Studio 4 à Genève presque aphone et avec un sacré mal de dos. Déjà avant le live, il avait préféré être maquillé dans sa loge. Une première en vingt-et-un ans. Trop d'émotion sans doute.

À 20h10, Alain Morisod s'installe derrière son piano. Son fidèle copilote Jean-Marc Richard le rejoint. Il ne mentionne pas que c'est la der des der. Non, ce soir, c'est la 94e. Et effectivement, les derniers «Coups de coeur» n'ont pas été un défilé d'invités venus se remémorer les bons moments avant le clap de fin. I Muvrini, Oesch's die Dritten ou Jean-Baptiste Guégan ont offert de belles chansons et sont venus faire un brin de promo vers «Momo» sur le canapé. Pas de larmes mais, par contre, une lampée de cognac pour le roi de la soirée, qui a emmené sa fiole pour tenter de retrouver sa voix!

«Un nouveau générique efface notre histoire»

Une artiste n'a pu s'empêcher de laisser parler son coeur: Arlette Zola, invitée de la première émission et de la dernière. «Y a plus de «Coups de coeur». Et point final. Je suis triste», adresse-t-elle à Alain, presque fâchée. Sans transition, Jean-Marc Richard enchaîne sur les concours de la soirée. Il y a un mot d'ordre: pas de larmes, et le principal intéressé s'y tiendra. Deux heures durant.

Viennent les au revoir. Ils se font en chanson. Et les mots sont clairs. «Il faudra bien qu'un soir s'abaisse le rideau sur un dernier bravo», interprètent les Sweet People. «Il faudra bien qu'un soir un nouveau générique efface notre histoire», continuent-ils comme une référence à ce service public qui ne veut plus d'eux. «Il faudra bien qu'un soir les gens parlent de nous comme d'anciennes gloires», avancent-ils sans équivoque.

Les larmes montent sur le générique de fin

En gros plan, Alain Morisod semble rester digne au piano, car les Sweet People font «la promesse de revenir pour chanter». Le public est debout à taper des mains. Morisod s'avance vers lui pour conclure: «Quelle belle soirée, purée! Vous avez chanté, vous avez pleuré, vous avez rigolé... L'ambiance des «Coups de coeur»...» L'émotion est alors trop forte. Il préfère rendre le micro. Jean-Marc Richard se jette dans ses bras, et les larmes montent alors que les confettis tombent sur le générique de fin. Pour les dernières secondes d'images sur la RTS, Alain Morisod trouve un subterfuge en attrapant des lunettes de soleil. Le blues ne se verra pas à l'antenne.

Une fois le live terminé, c'est la file pour se faire prendre en photo avec la vedette. Les spectateurs sont venus de toute la Romandie mais aussi de Suisse allemande, d'Alsace et même du Québec. Alain Morisod sourit, pose avec Jean-Baptiste Guégan. Il semble presque soulagé. Pourtant, ce n'est que 80 minutes plus tard qu'il viendra à la verrée en son honneur, au 1er étage de la tour.

Une soirée «tutti frutti»

Le spectacle n'est pas banal: calé sur une chaise, il reçoit ses invités comme s'il était le Père Noël, ses fans féminines s'asseyant sur ses genoux pour les flashes. Il a plutôt des allures de parrain quand d'autres lui offrent à tour de rôle du vin, du fromage ou du chocolat. Pour nous, approcher Alain Morisod paraît difficile: on n'a pas d'offre qu'il ne pourra refuser. Heureusement, c'est lui qui nous aperçoit. Altruiste, il veut avant toute chose savoir comment la soirée s'est passée pour nous. Pour lui, c'était «tutti frutti», dit-il pudiquement, le sourire en coin.

En fait, ce n'est qu'une lucarne qui se ferme. Alain Morisod reprendra les concerts dès le 29 novembre. En 2020, il y aura les fameuses croisières. Et puis, le pape de la variété romande n'a-t-il pas fait la promesse de revenir? On te prend au mot, «Momo»!

Laurent Flückiger

Créé: 10.11.2019, 12h12

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