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TV «La casa de papel»: l'interview surréaliste de Berlin

La série espagnole est de retour ce vendredi sur Netflix. Pedro Alonso nous a accordé un entretien mais avait pour consigne de ne pas parler de la saison 3. On l'a donc cuisiné comme on a pu...

Pedro Alonso, alias Berlin, fait-il encore partie des vivants de la bande du braquage ou son personnage est-il mort?

Pedro Alonso, alias Berlin, fait-il encore partie des vivants de la bande du braquage ou son personnage est-il mort? Image: Getty

De nouveaux personnages

Avec l'arrivée de la saison 3 de «La casa de papel» sur Netflix, des nouveaux personnages aux noms de villes rejoignent la bande: Bogota (Hovik Keuchkerian), Palerme (Rodrigo de la Serna) et Marseille (Luka Peros). Monica (Esther Acebo), l'amoureuse de Denver, est désormais surnommée Stockholm en référence au célèbre syndrome. Quant à l'ex-flic Raquel (Itziar Ituño), elle se fait à présent appeler Lisbonne.

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La série TV phénomène fait son retour ce vendredi 19 juillet sur Netflix! Passée presque inaperçue lors de sa diffusion en Espagne, «La casa de papel» est devenue un succès planétaire quand le géant du streaming en a acquis les droits et l'a mise à son catalogue fin 2017. La plate-forme ne s'est pas arrêtée là: elle a commandé une saison 3 alors que l'histoire semblait bouclée. (Attention spoiler!) Avec la fin du braquage de la fabrique nationale de la monnaie et du timbre et la mort de Berlin.

Mi-juin, l'interprète de Berlin, Pedro Alonso est l'invité du Festival de Télévision de Monte-Carlo en tant que membre du jury séries. Son personnage apparaissant furtivement dans la bande-annonce de la saison 3, nous sollicitons une rencontre pour savoir quel twist nous réservent les créateurs. La demande est acceptée. À une condition: aucune question au sujet des nouveaux épisodes de «La casa de papel» ne doit être posée à Monsieur Alonso. On tente quand même. Finalement, avec nous qui nous efforçons de tourner autour du pot, un acteur qui fait tout pour éviter le sujet et une traductrice espagnol-français fatiguée, cela donne une interview très spirituelle et surréaliste.

Pedro Alonso, que faites-vous de vos journées quand vous ne tournez pas?

(Il écarquille les yeux.) Waouh! Je fais tout pour que ma vie ressemble à ce que j'aime. Quand je suis en tournage je m'y mets à fond. Le reste du temps, j'étudie beaucoup, je peins, je fais des choses qui me stimulent.

Que peignez-vous? Des modèles, des paysages ou ce qui vous vient à l'esprit?

C'est une question très profonde. C'est vrai, je suis une personne et un acteur. Mais j'essaie de ne pas choisir. Je laisse le temps aux choses de venir à moi. Je ne sais pas si je réponds à ta question! Je médite beaucoup. Si tu laisses les choses se faire au bon rythme, soudainement ton attention est captée. C'est alors une manifestation immédiate. En ce moment, je suis zen, j'avance très lentement. Plus ça tourbillonne autour de moi, plus je vais rechercher le calme. C'est mon intention, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas une vie à cent à l'heure.

Comment parvenez-vous à être tranquille avec ce qui se passe depuis un an et demi autour de «La casa de papel»?

Encore une question intéressante! Je respire. On vit une époque où tout se passe avec la tête. Moi, je veux me connecter à mon instinct, penser moins et sentir plus. Il y a des jours où j'y arrive et d'autres où je n'essaie même pas. (Rires.)

Êtes-vous à l'aise avec la célébrité?

La célébrité, le bruit, ce n'est pas le centre de mon travail. Quand tu es en tournage, tu sais que le monde est derrière la caméra. Je fais pareil avec la célébrité, je la laisse de côté. Mais si elle arrive dans mon champ de vision, je réagis avec tout mon amour et toute mon attention. Mais aussi avec précaution, si je ne peux pas l'éviter. Il faut savoir garder un équilibre. Il y a des moments où je sors dans cet environnement puis je retourne dans ma petite maison, à ma vie très simple. Vous savez, la célébrité, ça passe. C'est comme dans la fameuse citation de «Blade Runner»: «Tous ces moments se perdront dans l'oubli comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir.» J'aime les journalistes métaphysiques. (Rires.)

Vous ne pensez pas qu'un jour la célébrité vous manquera?

Tu fais une série, tout le monde te connaît et tu ne peux plus entrer dans un bar ou un restaurant. (Rires.) La célébrité n'est pas mon moteur. Parfois, elle te rend esclave, elle t'apporte aussi des privilèges. Et si ces privilèges me sont accordés avec amour je les accepte, tout en gardant de la distance. L'amour ne s'achète pas avec de l'argent.

Quelles sont les propositions de tournage les plus étranges qu'on vous a faites?

J'ai reçu beaucoup de propositions l'an dernier et je les ai toutes refusées, sauf une. Peut-être que je me suis trompé dans mes choix mais c'est un privilège de pouvoir dire «non merci». Je ne veux pas me précipiter, je veux utiliser ce temps pour sortir de ma zone de confort et pour pouvoir connaître mes limites. Et j'aime bien continuer ce que je faisais ces dernières années, c'est-à-dire peindre et écrire. Je ne sais pas, à l'avenir, comment je me sentirai. Mais, pour l'instant, je me sens comme un privilégié. Je m'apprête à publier un livre et faire une exposition. Ça donne le vertige.

Dernière question: êtes-vous allé à Berlin depuis que vous avez joué Berlin dans «La casa de papel»?

Non. La dernière fois que j'y suis allé je devais avoir 22 ans, c'était avec une compagnie de théâtre, La Fura dels Baus. C'était incroyable: on vivait comme des squatteurs, je suis tombé amoureux d'une journaliste, les fenêtres étaient ouvertes et on entendait du violon. On aurait dit un film. (Il sourit.) J'aimerais bien retourner à Berlin. Avec Mexico, c'est la ville qui me l'a plus impressionné.

Créé: 19.07.2019, 16h14

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