Samedi 20 octobre 2018 | Dernière mise à jour 15:49

Humour Docteur absurde et Mister vanne

Blaise Bersinger épaulera Thomas Wiesel dans la nouvelle émission «Mauvaise langue», dès le 23 février sur RTS Un. Rencontre avec un duo qui se complète si bien.

«Je suis persuadé qu’on va s’en prendre plein la gueule», Thomas Wiesel, humoriste

«Je suis persuadé qu’on va s’en prendre plein la gueule», Thomas Wiesel, humoriste Image: Sébastien Anex

Audiences stables

La RTS a présenté hier des audiences 2017 presque au niveau de celles de 2016. Les parts de marché de la TV sont de 33,2% (contre 34%). Ce sont les émissions maison – telles que «Caravane FM» – qui rassemblent le plus de téléspectateurs. Les audiences radio de la RTS subissent une légère érosion (55,9% contre 55,1%) et les chaînes privées suisses en profitent (25,6% contre 24,7%). Toutefois, la consommation linéaire de ces deux médias est en baisse, tandis que le multimédia poursuit sa progression.

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Les deux Vincent ont beau avoir quitté l’antenne pour les planches, l’humour est sauf sur les écrans de la RTS. Dès le 23 février, «Mauvaise langue» prend le pari de faire rire tous les vendredis autour de 22 h 45. Aux commandes de cette émission satirique: Thomas Wiesel, 28 ans, épaulé de Blaise Bersinger, 26 ans. Rencontre.

Lequel de vous deux prendra le rôle de Kucholl, lequel prendra le rôle de Veillon?

Thomas Wiesel. Je prends le rôle de Kuchon et lui celui de Veillol! Non… «Mauvaise langue» n’a rien à voir avec «26 minutes». Oui, c’est une émission d’humour et si on est à la télé c’est parce que eux sont sur scène. Pour des questions budgétaires et malgré ce qu’on lit partout, la RTS n’a en effet pas les moyens d’avoir deux émissions d’humour.

Blaise Bersinger. Ce n’est ni le même budget ni le même jour de diffusion ni le même horaire. Mais on tourne aussi à Chauderon 18, à Lausanne, les vendredis à 20 h.

Thomas pourquoi avoir choisi d’être épaulé par Blaise?

T. Ça m’est venu en fin d’année 2016, alors que je roulais pour aller jouer au Val-de-Travers. (Blaise pouffe.) J’aime bien les émissions américaines où il y a un side kick. Il fallait quelqu’un qui a un style différent du mien et avec qui j’ai une bonne entente. Ce que j’ai avec Nathanaël Rochat, Charles Nouveau ou Marina Rollman. Mais on est assez similaires dans la manière de fonctionner. Avec Blaise, qui est dans l’absurde, on est complémentaires.

Blaise, pourquoi avoir accepté?

B. Je n’ai pas dit oui tout de suite: ça tombait au moment où Couleur 3 me proposait d’apparaître plus souvent à l’antenne et je ne savais pas où mettre la priorité. D’ailleurs, je ne sais toujours pas… Quand j’ai compris quel serait mon rôle, j’ai dit oui, en pensant que c’était une fois par mois. J’avais mal compris. (Rire de Thomas.)

«Mauvaise langue» sera diffusée à 22 h 45 pour vous permettre d’avoir, d’après le communiqué, «une grande liberté de ton». C’est-à-dire?

T. C’est une décision de gens de télé, et nous n’en sommes pas. La case de «26 minutes» à 20 h était libre mais, en voyant notre maquette, ils nous ont dit que ça ne correspondrait pas. De toute façon, c’est l’horaire que je voulais au départ. Il paraît que ça nous permettra de nous lâcher un peu plus, même si je pense que «Mauvaise langue» va surtout être consommée sur Internet, sur Facebook et YouTube.

B. Sur Facebook, on ne va pas exister. Tu es aussi victime du nouvel algorithme? C’est abusé, les vues sont divisées par quatre!

Thomas, quel est le pire défaut de Blaise?

T. Il est trop demandé en ce moment. Moi, j’ai tout arrêté pour faire cette émission, Blaise non. Ce n’est pas un reproche, mais ça risque de nous emmerder.

Blaise, celui de Thomas?

B. Dans son professionnalisme, il est bordélique. Par exemple, quand on a une séance et qu’après trois minutes on part sur un autre sujet, ça ne lui pose pas de problème.

T. C’est vrai que j’ai un cycle d’attention assez court.

Thomas, qu’est-ce que vous aimeriez chiper à Blaise?

T. Son talent de comédien. Je suis parfois frustré que je ne parvienne pas à élargir ma palette.

Blaise chez Thomas?

B. La puissance des vannes. Je ne peux pas écrire une vanne.

T. Maintenant qu’on écrit ensemble, on commence à bien se connaître. Quand j’ai une idée de blague, je note en gras «Blaise, insérer truc absurde», et ça marche.

D’autres personnes participent à l’écriture?

T. On est un assez gros pool et chacun participe selon son planning, chargé ou non. On n’a pas encore trouvé la bonne méthode de travail. Par exemple, quand Yann Marguet vient faire une chronique, c’est lui qui l’a écrite. On aimerait bien qu’à terme tout le monde donne des vannes à tout le monde. Cette émission demande un rythme de production auquel on n’est pas habitués. L’organisation des deux Vincent était très impressionnante. Mais on sait qu’on ne pourra pas rivaliser sur les vidéos.

Il y a une seule fille dans l’équipe, Marina Rollman…

T. Et elle est souvent à Paris. On a repris l’équipe qui faisait de la scène ensemble. Le problème, en Suisse, est qu’il y a pas mal de comédiennes mais peu d’humoristes-auteures d’actu. On va tester des gens qu’on connaît moins bien. Mais si on doit avoir qu’une fille à l’écran on n’aura qu’une fille à l’écran.

Pourquoi n’y aura-t-il pas d’invités?

B. Parce que «26 minutes» a déjà invité toute la Suisse romande!

T. La RTS voulait qu’on en ait. Mais je ne suis pas un intervieweur et j’avais l’impression que ça serait une séquence faible.

B. En fait, il y aura un invité chaque semaine…

T. ... mais ce sera Blaise.

Que craignez-vous le plus: la caméra ou le public?

Les deux: La caméra!

B. Il y a un rendu à l’image qui n’est pas super.

T. D’ailleurs, moi je n’ai toujours pas regardé la dernière maquette. C’est très difficile de se regarder. Je vois mes mains, mes yeux bouger et ça me dérange.

Vous n’êtes pas coachés?

B. On a envoyé la maquette à Vincent Kucholl, Benjamin Luis, Michel Zendali, Jonas Schneiter, tous les gens qu’on connaît bien.

T. Pour les deux premières maquettes, ça m’énervait, les remarques se focalisaient sur mon costard. Je me suis changé et maintenant il y aura probablement des gens qui vont critiquer le fait que je suis en T-shirt. C’est dommage: un late show se présente en costard et j’aurais bien voulu marquer la différence avec la scène.

Si vous vous plantez, supporterez-vous les critiques?

B. On va les accepter.

T. Si l’émission est mauvaise je serai mon critique le plus sévère. Je n’ai pas du tout l’ambition de faire des cartons d’audience. Les records des deux Vincent sont à l’abri. Je l’ai dit à la RTS. Mais je suis persuadé qu’on va s’en prendre plein la gueule. Quand on enlève aux gens ce à quoi ils sont attachés, ils ont tendance à se défouler sur ce qui vient après. On n’a pas forcé les deux Vincent à monter sur scène et on n’avait aucune idée qu’ils le feraient quand on a proposé notre projet. On demande surtout d’être jugés séparément à ce qu’ils font eux. Cette émission est la seule chose que je vais faire durant six mois, avec un peu de scène. Donc, moralement, ce serait difficile à supporter. (Le Matin)

Créé: 09.02.2018, 09h10

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