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Hommage James West ne mourra jamais

Robert Conrad est mort samedi 8 février à 84 ans. Avec lui, ce sont les belles années télé des glorieuses 60 et 70 qui s'envolent. Enfin, pas totalement. Car les héros incarnés par l'acteur vivront à tout jamais dans le cœur de ses fans.

Robert Conrad en 1966 dans l'épisode 1 de la saison 2 des «Mystères de l'Ouest» intitulé «La nuit des excentriques».

Robert Conrad en 1966 dans l'épisode 1 de la saison 2 des «Mystères de l'Ouest» intitulé «La nuit des excentriques». Image: CBS/Getty Images

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Superstar. Rarement ce qualificatif aura aussi parfaitement défini un acteur de la télévision américaine que Robert Conrad, décédé hier à 84 ans.

Il faut avoir connu le temps glorieux des séries TV des années 60, 70 et 80 pour mesurer combien cet acteur athlétique et charismatique a marqué toute une génération de téléspectateurs. De «Hawaiien Eye» à «Jesse Hawkes», en passant par «Les mystères de l'Ouest», «Les têtes brûlées» et «Sloane, agent spécial», Robert Conrad aura connu un succès jamais vu (seul Michael Landon peut rivaliser) à la télévision étasunienne.

Le célèbre générique des «Mystères de l'Ouest».

Le non moins célèbre générique des «Têtes brûlées».

Mais s'il ne fallait retenir qu'un rôle du comédien, c'est sans doute celui du trappeur Pasquinel, dans la remarquable mini-série «Colorado» tournée en 1978 pour le centième anniversaire de la fondation des Etats-Unis. Conrad s'y révélait subtil, touchant et fragile, loin des héros indestructibles dont il avait l'habitude. C'était d'ailleurs sa performance préférée, lui qui souffrait du complexe de croire qu'il ne savait pas aussi bien jouer que d'autres acteurs. Il se trompait.

Un extrait de «Colorado», mini-série dans laquelle Robert Conrad s'est révélé un comédien subtil, touchant et fragile.

Ses fans retiendront aussi Milo Janus, l'un des meurtriers de la série policière «Columbo», un des rares méchants à qui il a prêté ses traits.

Générique de «Slone agent spécial».

Charmeur, un peu buveur, parfois bagarreur, Robert Conrad a tout de même laissé à Hollywood l'image d'un homme chaleureux et sympathique. Retiré du milieu des séries et du cinéma (qui l'a curieusement boudé), il s'était établi à Bear Valley, dans une sublime maison à la montagne. Quelques années, il avait œuvré comme shérif bénévole de la station. Parce qu'il éprouvait le besoin de rendre service à la communauté.

Jusqu'en 2003, année marquée par le terrible accident de voiture dont il sera reconnu fautif, car sous l'emprise de l'alcool, Robert Conrad pilotera son avion privé. Il avait appris à voler pour les besoins de la série «Les têtes brûlées», en 1975.

Jusqu'au mois de septembre dernier, Conrad animait une émission sur une web radio à succès. Il y racontait ses souvenirs et luttait ainsi contre la dépression qui le guettait, lui qui était désormais à moitié paralysé.

Hier, samedi 8 février, l'acteur a été rappelé vers les grands espaces, laissant toute une génération de téléspectateurs tristes. Cette génération de petits garçons qui, comme le soussigné, rêvait d'être James West, l'agent secret bagarreur qui, dans l'Ouest sauvage, combattait les méchants, aux côtés de son ami Artemus Gordon, le roi du grimage.

Conrad s'en est allé. Mais James West ne mourra jamais.

Laurent Siebenmann

Créé: 09.02.2020, 11h53

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