Jeudi 14 décembre 2017 | Dernière mise à jour 19:41

Loi sur la radio et la télévision «Le modèle législatif actuel est désuet!»

Les radios et télévisions privées de Suisse vivent une situation difficile à l’ombre du monopole de la SSR. Interview de Christophe Rasch, directeur de la Télé, la chaîne privée valdo-fribourgeoise.

ARCHIVES «Nous devrons trouver le moyen de nous protéger des diffuseurs étrangers», observe Christophe Rasch, directeur de La Télé.

ARCHIVES «Nous devrons trouver le moyen de nous protéger des diffuseurs étrangers», observe Christophe Rasch, directeur de La Télé.

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Pour la première fois, l'Office fédéral de la communication (Ofcom) a mandaté une enquête pour analyser la situation économique des radios et télévisions privées. Directeur de la Télé, la chaîne privée valdo-fribourgeoise, et membre de TéléSuisse, Christophe Rasch porte un regard sans concession sur ses résultats.

La conclusion est nette: si elles vont mieux depuis l’introduction en 2007 de la nouvelle Loi sur la radio et la télévision (la LRTV dont la révision vient d’être lancée la semaine dernière), elles ne vont pas pour autant bien. Sans soutien public, la plupart des stations de télévisions régionales ne seront pas viables à terme.

Comment lisez-vous l’étude: sans redevance pas de médias audiovisuels privés dont le modèle économique n’est pas adapté à la Suisse. Ou le contraire: la redevance doit d’adapter à la réalité du terrain et mieux les soutenir?

Christophe Rasch: La deuxième évidemment. Je précise qu’on parle d’une catégorie de chaînes TV qui remplissent un mandat d’information. Ce sont donc bel et bien les 13 chaînes qui ont une concession. Et on constate qu’il doit y avoir une évolution du cadre législatif. L’arrivée des fenêtres publicitaires étrangères illustre parfaitement qu’il n’y a plus de zone de diffusions. Le cadre légal doit donc cesser de nous imposer des contraintes qui ne correspondent plus à rien. En bref, le mandat doit être revu et clarifié.

L’arrivée de la publicité étrangère reste donc votre grand souci?

Notre mandat à nous, la Télé, est de faire de l’information sur la région valdo-fribourgeoise. Nous sommes payés pour le faire et nous le faisons bien. Mais nous n’avons aucune possibilité et liberté économique de nous développer. Au contraire, les chaînes étrangères sont aidées dans leur démarchage publicitaire par des acteurs économiques suisses et cela sans aucune contrepartie programmatique. On ne peut plus laisser faire. Le marché de la publicité en Suisse est actuellement ainsi: 400 millions pour la SSR, 200 millions pour les chaînes étrangères privées et 72 millions pour les privées suisses tout cumulés. Il y a 5 ans en arrière: c’était 390 millions pour la SSR, 140 millions pour les chaînes privées étrangères, et 48 millions pour les chaînes privées suisses. La progression est le fait des grands groupes étrangers, comme Bouygues avec TF1, qui ramassent le pactole sans produire 1 minute d’émission en Suisse.

Êtes-vous déjà en mesure de proposer une conclusion politique à ces résultats?

Très franchement, tout est déjà proposé dans la révision de la loi. Tous nos points ont été entendus, mais ils devront être acceptés et appliqués. Le plus important pour nous est de garder le mandat, mais de pouvoir sortir de la zone géographique. Nous devons aussi pouvoir toucher notre argent. Les 4% de redevance doivent impérativement nous être versés. Et nous devrons trouver le moyen de nous protéger des diffuseurs étrangers. Soit ces chaînes dont de la TV en Suisse soit, par le biais d’une taxe, elles participent au financement de la production audiovisuelle en Suisse. (nxp)

Créé: 14.05.2012, 14h22


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