Vendredi 22 novembre 2019 | Dernière mise à jour 23:25

«La casa de papel» «On a beaucoup de pression»

Alex Pina et Esther Lobato Martínez, les deux Espagnols derrière la série phénomène, s’attaquent à deux saisons de plus sur Netflix. Rencontre.

Le créateur de la série, Alex Pina, et la scénariste Esther Lobato Martínez avec l'acteur Pedro Alonso (Berlin).

Le créateur de la série, Alex Pina, et la scénariste Esther Lobato Martínez avec l'acteur Pedro Alonso (Berlin).

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Mettez une combinaison rouge et un masque de Dalí n’importe où sur Terre, il y aura forcément quelqu’un pour reconnaître la référence à «La casa de papel». La série sur le braquage de la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre à Madrid par huit malfaiteurs et un mystérieux Professeur est en effet un phénomène mondial.

D’ailleurs, on ne compte plus non plus les reprises à l’international de «Bella Ciao», chanson traditionnelle que l’on entend à l’écran. Pourtant, la série n’avait eu qu’un succès modeste sur Antena 3, en Espagne, à sa diffusion en 2017. Il a fallu sa reprise par Netflix en fin d’année pour que le succès soit total. Alors que l’histoire est bouclée, la plate-forme a réclamé une saison 3 et même une saison 4. Un visuel a déjà été révélé: Tokio, le Professeur, Nairobi, Denver et Rio y figurent ainsi qu’un 6e personnage caché derrière le masque de Dalí.

Nous avons rencontré au Festival de la télévision de Monte-Carlo, le créateur de «La casa de papel», Alex Pina, et la scénariste et productrice Esther Lobato Martínez pour parler de l’impact de «La casa de papel», la mainmise de Netflix et des attentes des fans.

Êtes-vous les scénaristes les plus heureux du monde?

Esther Lobato Martínez. Oui, absolument! (Rires.) On n’aurait jamais pensé que la série serait connue mondialement, qui plus est une série espagnole. Je suis une scénariste ravie.

Dans quel pays «La casa de papel» est-elle la plus populaire?

Alex Pina. On ne connaît pas tous les chiffres. Mais on sait qu’elle fonctionne extrêmement bien au Brésil, en Argentine et en Turquie.

Est-ce qu’à un moment donné vous vous êtes sentis dépassés par le succès de la série au point que «La casa de papel» ne vous appartenait plus?

E. L. M. Non, parce que la série était déjà bouclée en Espagne. C’est vrai, on va la rouvrir maintenant pour une saison 3, mais elle appartient à tout le monde.

A. P. La série nous a effectivement un peu échappé quand on a vu que des gens se tatouaient le visage du Professeur ou de Tokio. (Rires.) Je n’ai jamais vu ça!

Netflix a changé le découpage et les durées des épisodes, ça ne vous pose pas de problème en tant qu’auteurs?

A. P. Non, parce que c’est nous qui avons pu le faire.

E. L. M. Le format espagnol, qui est de 70 minutes, n’existe pas ailleurs dans le monde, donc il fallait réduire à 45 minutes. Il est vrai que parfois je me demandais où était passée telle ou telle partie. L’audience était assez modeste en Espagne, donc c’est peut-être le découpage Netflix qui a fait que ça a si bien fonctionné.

Y a-t-il d’autres raisons qui expliquent cet impact différent?

A. P. Probablement le binge watching. Ça devient difficile de rendre les gens accros en diffusant un épisode par semaine.

Comment est née cette idée de noms de villes pour les voleurs?

E. L. M. On cherchait à forger des identités. Il y avait les masques, la couleur rouge, des choses iconographiques. L’idée des noms de villes est inspirée de Quentin Tarantino dont l’univers est rempli de personnages très emblématiques.

Il est question de vol de 2,4 milliards d’euros, le plus gros butin du monde. Vous n’aviez pas peur que ce ne soit pas crédible?

A. P. C’est bien le chiffre produit dans une fabrique de monnaie durant onze jours, donc c’est crédible.

E. L. M. C’était mieux de tenter cette idée folle que de ne rien tenter. (Rires.)

Dans une interview, vous avez dit que selon les pays on attribue à la série des dimensions sociales et des politiques différentes. Lesquelles?

A. P. On s’est rendu compte que la série s’inscrit dans cette époque de scepticisme envers les banques et l’Europe. En Espagne, nous sommes vraiment déçus de tout ce qui concerne le social. Des grands pays comme le Brésil et l’Argentine se sont aussi reconnus dans cette déception.

Avez-vous tout de suite dit oui quand Netflix vous a demandé de créer une nouvelle saison?

E. L. M. On a immédiatement répondu non! On a dit à Netflix que les héros n’avaient plus rien à voler, ils ont tellement d’argent. Pour nous l’histoire était bouclée. C’est très dangereux de relancer une série, il faut que la raison soit excellente. La raison commerciale n’est pas suffisante.

Avez-vous carte blanche?

A. P. On a beaucoup de pression, mais on a la même liberté que lorsque nous avons créé la série.

Depuis «La casa de papel», quelles propositions avez-vous reçues de Hollywood?

A. P. On en a reçu du monde entier. Mais il faut savoir garder les pieds sur terre…

Créé: 28.06.2018, 07h03

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