Lundi 6 juillet 2020 | Dernière mise à jour 21:13

TV La série «Hunters» critiquée par le musée d'Auschwitz

Al Pacino est à la tête d'un gang de chasseurs de nazis dans une nouvelle fiction d'Amazon. «Une invitation aux futurs négationnistes», déplorent les responsables du lieu commémoratif.

«Hunters» est la toute première série mettant en scène Al Pacino (ici avec Logan Lerman).

«Hunters» est la toute première série mettant en scène Al Pacino (ici avec Logan Lerman). Image: Prime

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La série «Hunters» produite par Amazon, qui met en scène des chasseurs de nazis dans les années 1970, contient des scènes historiquement fausses, a déploré le mémorial du camp de la mort d'Auschwitz, qui craint que cela n'encourage les thèses négationnistes.

«Auschwitz était rempli de douleurs et de souffrances atroces, documentées par les récits des survivants. Inventer un faux jeu d'échecs humain pour (la série) «Hunters» n'est pas seulement une bêtise dangereuse et une caricature. C'est aussi une invitation aux futurs négationnistes. Nous honorons les victimes en préservant l'exactitude des faits», a écrit le 23 février sur Twitter le musée d'Auschwitz (Pologne).

Le message est accompagné d'une photo tirée de la scène de «Hunters» en question, montrant des prisonniers d'Auschwitz sur les cases d'un échiquier géant.

Inspirée de comics de superhéros

A rebours de mini-séries historiques, «Hunters» puise son inspiration directement dans les comics de superhéros, et lorgne du côté de Tarantino version «Inglourious Basterds» (2009). Al Pacino y incarne Meyer Offerman, un riche New Yorkais rescapé d'Auschwitz, à la tête d'un gang de chasseurs de nazis.

La série a commencé vendredi à être diffusée par Amazon sur sa plate-forme de vidéo à la demande.

Le créateur se défend

Le créateur de la série, David Weil, s'est défendu lundi des critiques du mémorial d'Auschwitz, mettant en avant le fait qu'il s'agissait d'une oeuvre de fiction.

«Hunters» a beau «être inspirée d'événements réels», «ce n'est pas un documentaire. Et ça n'a jamais prétendu l'être», écrit-il dans un communiqué transmis à l'AFP.

L'auteur, qui souligne avoir visité le camp de concentration où sa grand-mère a été déportée, qualifie ainsi la scène du jeu d'échecs d'«événement fictionnalisé». Pour lui, cette scène était importante afin de «montrer le sadisme et la violence extrêmes commis par les Nazis contre les Juifs et les autres victimes» et ainsi «contrer le révisionnisme».

Un vaste réseau de camps

L'Allemagne nazie a créé en 1940, après avoir occupé la Pologne au début de la Seconde Guerre mondiale, ce camp de la mort où plus d'un million de Juifs de toute l'Europe et 100'000 non-Juifs ont été assassinés.

Auschwitz-Birkenau, où le nombre de morts a été le plus élevé, faisait partie d'un vaste réseau de camps à travers l'Europe mis en place dans le cadre de la «Solution finale» ordonnée par Adolf Hitler et son régime, en vue du génocide d'environ 10 millions de Juifs européens.

AFP / LeMatin.ch

Créé: 25.02.2020, 16h59

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