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Série «The Mandalorian», la série «Star Wars» qui rassemble

Avec son «Bébé Yoda» trop chou et ses épisodes à l'ancienne, la série phare de Disney+ fait jusqu'ici tout juste en caressant les gardiens de la galaxie dans le sens du poil. Il ne lui reste plus qu'à décoller.

Une bande annonce de la série «The Mandalorian». Bientôt sur nos petits écrans si on n'est pas un flibustier.
Vidéo: YouTube/Disney+

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En cours de diffusion sur Disney+ (service du type Netflix, encore à venir en Suisse ), la série «The Mandalorian» peut se targuer d'avoir réussi un exploit: ne pas avoir divisé la communauté des fans de «Star Wars». Cela n'était pas arrivé depuis... disons «Le retour du Jedi» (1983), conclusion de trilogie où l'on peut distinguer – en regardant bien – les premiers germes des déchirements futurs.

De quoi parle-t-on? D'une série, donc, composée de 8 courts épisodes (entre 30 et 41 minutes chacun) axée sur un héros casqué. Son action se situe entre la chute de l'Empire, actée dans «Le retour du Jedi», et la naissance du «Nouvel Ordre», empire du mal bis représenté pour la première fois dans «Le réveil de la Force».

La série prend son temps. Un épisode pour présenter le Mandalorien, chasseur de primes de profession. Un autre pour lui mettre le landau de «Bébé Yoda» dans les pattes et tout le reste pour le soumettre à des épreuves diverses et variées dans une ambiance télé-western de la fin des années 1960 au format panoramique pour faire cinéma.

Bébé Yoda, coup de génie

«Bébé Yoda», parlons-en. C'est un coup de génie. Mieux que les Ewoks, c'est le doudou idéal avec ses grands yeux de jais, sa moue innocemment boudeuse et ses «noreilles» à géométrie variable. On le voit, on l'adopte. Et pas touche, autrement ça va barder! La communauté ne s'y est pas trompée en faisant du bambinet gazou gazou une mascotte instantanée sur tous les réseaux qui comptent.

Un exemple, parmi tant d'autres, de détournement d'une séquence choupinette de «The Mandalorian». Un signe de la popularité galopante de «Bébé Yoda»

Et puis, il y a cette ambiguïté qui fait causer: le «bébé Yoda» ne peut pas être Yoda jeune car le vénérable nain est un vieillard qui a déjà rejoint le paradis de la Force au moment des faits. Mais comme l'espèce du maître Yoda n'a jamais été clairement définie et comme le terme s'est imposé à la ronde, ce sera «bébé Yoda» et puis c'est tout.

Mais, au-delà de ce placement inspiré, bien d'autres facteurs expliquent pourquoi la série ne provoque aucune bouffée de haine. Elle aurait même tendance à rassembler, alors que la guerre civile autour des «Derniers Jedi» n'en finit pas deux ans après la sortie du film.

Dans le sens du poil

Car «The Mandalorian» caresse dans le sens du poil. Particulièrement ceux des fans dont les yeux brillent au souvenir de la première trilogie (1977-1983). La série revisite les lieux emblématiques, la planète Tatooine, la Cantina... Dans un épisode, elle donne une place prépondérante aux marchands flibustiers Jawas. Elle n'abuse pas des effets numériques et privilégie les décors en dur. Elle essaime les clins d’œil sans insistances superflues. La série sait rester simple, limpide sans arcs narratifs complexes: du coup, chaque épisode pourrait presque se suffire à lui-même. Et si l'un semble rendre hommage au «Fils du désert», un vieux western de John Ford; et si un autre salue «Les sept samouraïs» de Kurosawa, c'est toujours en toute modestie.

Pour peu, on pourrait presque dire que «Le Mandalorien» est une série à l'ancienne, semblable au «Virginien» ou mieux encore, à «Au nom de la loi» dans laquelle Steve McQueen chassait les vils gredins de ville en désert et de désert en ville.

Plus que quelques épisodes

Aussi rassembleur soit-il, il ne reste néanmoins au Mandalorien que quelques épisodes pour laisser entrevoir un brin de folie. En rattachant par exemple de manière un peu plus explicite sa petite musique dans la grande. En complétant notamment quelques-uns des énormes trous laissés entre l'épisode 6 et 7 de la saga. Au risque, si cela n'est pas fait correctement, de cantonner la série dans la catégorie «pas de côté anecdotique».

Il serait en effet dommage que la seule audace de «The Mandalorian» soit sa musique. La partition de Ludwig Göransson («Black Panther», «Creed», «Venom») a en effet la double particularité de se placer aux antipodes des «scores» de John Williams (et ses clones) tout en se coulant parfaitement dans l'univers «Star Wars». A elle seule, elle donne à la série le coup de fouet qui lui manque encore.

Jean-Charles Canet

Créé: 14.12.2019, 15h23

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