Mardi 16 juillet 2019 | Dernière mise à jour 08:34

Cinéma «Toy Story 4» évite l'épisode de trop

Le 4e et dernier volet de l'aventure «Toy Story», qui sort ce mercredi, est une franche réussite. Son réalisateur et ses producteurs nous dévoilent les petits secrets de sa conception.

Vidéo: Disney/Pixar.


La critique du film

C'est toujours un plaisir de retrouver Woody et toute la bande! Même si la fin du 3e volet était une conclusion parfaite pour la série de films: Andy donnait ses jouets à la petite Bonnie. En créant un «Toy Story 4», les producteurs ont décidé qu'il s'agissait en réalité d'un simple passage de témoin. Sur le papier, cette nouvelle aventure est donc dispensable, d'autant plus que la précédente est un parfait chef-d'oeuvre.

Nouveaux personnages savoureux

Si, par bien des aspects, «Toy Story 4» est une redite les gags sont excellents et quelques nouveaux personnages sont savoureux. A commencer par Ducky et Bunny, deux peluches de tire-pipe accrochées par un bras et qui ne peuvent pas se voir. Duke Caboom, cascadeur à moto canadien et dont la voix originale est assurée par Keenu Reeves, est lui aussi irrésistible.

On a aussi des «méchants» qui apportent une ambiance style «Quatrième dimension» (l'épisode «La marionnette») voire «Chucky» au film et une bergère Bo Beep désormais femme d'action qui modernise le côté traditionnel des jouets. Tout ça fait que «Toy Story 4» est un film qu'on a hâte de voir et revoir encore.

Laurent Flückiger

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Vingt-quatre ans après le premier volet, qui s’imposait aussi comme le premier long-métrage en images de synthèse, «Toy Story» revient avec un 4e épisode étonnant (sortie ce mercredi 26 juin). Un formidable film d’aventure visuellement ébouriffant, aussi drôle que touchant.

Présenté il y a deux semaines au Festival du film d’animation d’Annecy, le film n’avait pas eu de peine à conquérir une foule en délire. L’équipe du film ayant fait le déplacement, on en a profité pour aller demander au réalisateur Josh Cooley, qui signe là son premier film, et à ses deux producteurs, Jonas Rivera et Mark Nielsen, comment ils avaient évité de faire l’épisode de trop.

«Toy Story 3» avait trouvé le moyen de clore la saga de manière parfaite. En vous lançant dans ce 4e épisode, vous êtes-vous demandés s’il était vraiment nécessaire de rajouter un nouveau chapitre?

Josh Cooley: Bien sûr. C’est d’ailleurs la première question que nous nous sommes posée. Et c’est Andrew Stanton, initiateur du précédent volet, qui détenait la réponse. Pour lui, il était clair que la fin du 3 ne concernait que la conclusion du lien entre Andy, l’enfant propriétaire des jouets, et Woody. Mais ce n’était pas pour autant la fin de l’histoire de Woody. Quand il nous a expliqué sa vision des choses, ça a été l’illumination: nous ne risquions plus de ruiner une trilogie mais nous allions en fait ajouter de nouveaux éléments à l’histoire de Woody, avec un nouvel enfant, Bonnie, et de nouveaux jouets. Sans compter qu’avant même la sortie du 3, Andrew avait déjà l’idée du 4e épisode: faire revenir La Bergère.

Après avoir été absente du 3e volet, elle effectue effectivement un retour marquant, totalement métamorphosée. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire d’elle une héroïne «badass»?

J.C.: J’étais très excité à l’idée de raconter ce qu’elle avait traversé depuis que nous l’avions quittée. Dans les deux premiers films, elle ne doit pas avoir plus de 6 minutes de présence à l’écran mais elle était toujours là pour remettre Woody sur les rails quand il perdait confiance en lui. Là, on a voulu pousser les choses plus loin et la faire évoluer de manière drastique, notamment en troquant sa robe encombrante contre un pantalon plus maniable. Elle assume aussi aujourd’hui totalement son côté «jouet perdu». Le fait de ne plus avoir de propriétaire, de passer d’un bac de sable à un autre, voyageant à travers le monde en accumulant les éraflures et les cassures, tout ça l’a rendue extrêmement forte.

Mark Nielsen: Chez Pixar, un groupe de femmes a même fondé la Team Bo (ndlr: en anglais, le personnage se nomme Bo Peep). Elles sont devenues une sorte de groupe d’experts du personnage et se sont données pour mission de veiller à garder intactes les caractéristiques du personnage – farouche indépendante, multifacettes – et de lui donner le plus d’ampleur possible. Elles nous ont d’ailleurs beaucoup aidées. Quand elles voyaient que quelque chose clochait dans le personnage, elles nous le disaient: «Non, ce n’est pas comme ça que Bo aurait parlé.»

John Lasseter, réalisateur des deux premiers volets et pilier de Pixar depuis la création du studio, a dû quitter le studio durant la production du film (accusé par plusieurs employées d’«étreintes non consenties»). Comment avez-vous vécu ce départ tourmenté?

M.N.: A l’origine, John devait réaliser ce 4e épisode. Mais avant de quitter la compagnie, il avait de toute façon commencé par se retirer du film après sa nomination à la présidence de Disney, trop occupé par ses responsabilités. Josh s’est alors retrouvé promu à la réalisation en 2016…

J.C.: …et en me proposant le poste, le studio m’a donné une totale liberté, en me précisant bien que je n’avais pas à me cantonner à ce qui avait déjà été établi jusqu’ici. Et lorsque Pete Docter (ndlr: réalisateur de «Monstres & Cie», «Là-haut» et «Vice versa») a pris la place de John à la tête de Disney quand il a dû partir, on savait que l’ADN de Pixar allait être conservé.

Dans ce 4e volet, Woody se retrouve une fois de plus au cœur de l’histoire. Qu’est-ce qui le rend si attachant selon vous?

J.C.: Probablement son évolution. Dans ce film-là, on retrouve un personnage plus sage, qui a gagné en maturité… On l’avait déjà connu jaloux avec Buzz et on voulait qu’il exprime cette fois des sentiments différents avec Forky (Fourchette, en français), le nouveau jouet préféré de Bonnie. Là, son sens du devoir prend le dessus et il va une fois de plus faire preuve de dévotion envers les enfants auxquels il est affilié, même si Bonnie lui préfère Forky. Il a compris qu’en aidant celui-ci, il aidait en réalité Bonnie.

Jonas Rivera: Et puis Woody ne fait rien d’autre que ce que n’importe quel parent ferait pour son enfant: s’efforcer de le rendre heureux, tout donner pour le divertir. Je crois que c’est pour ça qu’on s’identifie autant à lui, parce qu’en tant que parent, on se sent si proche de lui.

Qu’en est-il de Forky? Comment avez-vous imaginé ce personnage constitué d’une simple fourchette en plastique?

J.C.: Je me rappelle avoir présenté le personnage à ma femme durant sa conception en lui expliquant qu’on l’imaginait complètement largué par rapport à la situation, ne comprenant rien des règles régissant cet univers… «C’est exactement toi!», m’avait-elle aussitôt rétorqué. Un peu étonné, je lui avais demandé de préciser sa pensée et elle m’avait alors expliqué qu’en tant que nouveau réalisateur, essayant de trouver mes marques dans un univers dont je ne maîtrisais pas encore les tenants et aboutissants, c’était effectivement un peu moi… En ce sens, elle avait raison. Mais la véritable idée du personnage est venue en observant nos enfants, qui ont cette faculté incroyable d’assembler les objets les plus incongrus pour en faire leur propre jouet. On s’est alors demandé si dans l’univers de Toy Story, ça suffirait pour que celui-ci prenne vie… Ce qui nous a amenés à montrer quelque chose de complètement inédit: la naissance d’un jouet!

Serez-vous impliqués dans la série de courts-métrages conçus autour de Forky que Disney a annoncé pour sa plateforme streaming, en novembre prochain?

M.N.: Je me charge de leur production. La série, intitulée «Forky Asks a Question» («Fourchette pose une question»), sera composée de 10 épisodes d’une durée de 2 à 4 minutes. On retrouvera le personnage âgé de 3 jours, juste après qu’il soit de retour de son escapade en camping-car. Le concept est vraiment sympa car il y a tellement de questions que Forky peut se poser dans ce monde résolument nouveau pour lui. Chaque épisode le montrera ainsi interpeller un des jouets de la chambre de Bonnie: «Qu’est-ce que l’amour?», «Qu’est-ce que l’art?», «…le fromage?»… et on le verra essayer bien que mal de comprendre leurs explications.

-Question images de synthèse, vous semblez encore vous être surpassés…

M.N.: L’idée a bien sûr toujours été de pousser le curseur en termes de technologie à chaque nouveau film. Entre le 1er volet, qui reste le premier long-métrage réalisé en images de synthèse, et celui-ci, les progrès sont évidemment phénoménaux, mais la difficulté de cette saga, c’est que chaque film doit permettre au public de retrouver ses marques, les sensations et les émotions ressenties avec les précédents films. Il faut à chaque fois trouver l’équilibre entre ce que la technologie permet aujourd’hui et le design adopté jusqu’ici. On ne peut pas se permettre d’aller trop loin.

J.C.: Ça ne nous a pas empêchés d’accompli de vraies prouesses, comme avec la séquence de la toile d’araignée ou celle du sauvetage sous la pluie.

J.R.: Sans compter la boutique d’antiquités, qui comprend à elle seule plus de 10'000 objets qu’il a fallu concevoir, mettre en volume et éclairer individuellement. Ce magasin représente probablement le plus grand défi technologique de cet opus.

J’allais justement vous demander qu’elle fut le plus gros challenge du film…

J.C.: Non, le plus gros challenge reste l’histoire en elle-même! Il fallait non seulement poursuivre l’évolution de Woody, mais aussi trouver le moyen de rendre ce 4e épisode nécessaire à toute la saga. Et ce n’est qu’en mettant en place la conclusion que l’arc narratif a réellement pris forme. Car pour anticiper votre prochaine question, non, nous ne pensons pas à un 5e épisode (il rit). Pour nous, l’histoire de «Toy Story» se termine bel et bien de cette manière et complète parfaitement le parcours des différents personnages.

Créé: 26.06.2019, 13h20

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