Vendredi 13 décembre 2019 | Dernière mise à jour 06:36

J.O. de Londres Michael Phelps: «Je ferai trempette, rien de plus»

L’athlète le plus médaillé de l’histoire olympique aspire à un ennui profond. Rencontre avec Michael Phelps, déjà en tenue de ville.

«Un spectacle que je ne veux pas rater: je regarderai mes records tomber», a confié Michael Phelps.

«Un spectacle que je ne veux pas rater: je regarderai mes records tomber», a confié Michael Phelps. Image: LARRY RUBENSTEIN / REUTERS

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Après tant d’années en vase clos, à aligner les finales sans même avoir le temps de sécher, Michael Phelps, mi sélacien, mi-Homo sapiens, aborde le vrai défi de son existence: apprendre à vivre. Il est temps de revenir sur terre, d’y poser un pied de géant, d’y frayer une carcasse fuselée, conçue pour ondoyer, sans craindre de manquer d’air. Phelps, 27?ans, timide et gauche, d’une normalité confondante, a accepté d’en parler, le temps d’une soirée donnée par son sponsor.

Toujours cette question, désolé, pourquoi prenez-vous votre retraite si jeune, en pleine possession de vos moyens?

Je ne sais pas, rien de grave. J’ai simplement envie de vivre relax, de me lever le matin avec des journées à remplir, sans devoir suivre un planning minuté, un entraînement précis, une alimentation particulière. Je n’ai presque jamais vécu cette vie. Je suis impatient de la découvrir. Peut-être que, ces prochains mois, nous ferons un tour avec des potes. Peut-être que j’irai voir des courses de chevaux. J’éprouve simplement le besoin de ne rien planifier. Je suis fatigué de prévoir.

John McEnroe continue de s’entraîner, peut-être pas pour la gloire, mais pour briller dans les tournois seniors. Ferez-vous comme lui?

Hum… Comment vous dire? Disons que si je pars en vacances, qu’il y a un bassin à l’hôtel ou, pourquoi pas, l’océan tout près, je sauterai dedans. Mais je ferai trempette, rien de plus. Je ne retournerai pas nager. Soyez sans crainte, je ne ferai pas de compétition chez les vétérans.

Vous aspirez à un ennui profond. Comment avez-vous trouvé la force de vous préparer aussi durement pour ces JO, alors que vous semblez si lasse et aviez déjà tout gagné?

Parce que de toute ma vie, je n’ai jamais vécu des émotions aussi belles, aussi fortes, que celle de ramener de l’or dans mon pays. J’en rêvais quand j’étais gosse. Je n’ai jamais eu de lassitude sur ce plan-là. Et puis j’ai toujours dit que je ne voulais plus nager au-delà de 30?ans, que j’avais besoin de donner un autre sens à ma vie. Mais ces dernières années, j’étais très motivé, très attiré par Londres. Ce sont des Jeux fabuleux et j’aurais énormément regretté de ne pas les vivre. Je n’étais pas prêt à arrêter.

De vos 22 médailles, une seule vous laissera-t-elle un souvenir particulier?

Je ne peux pas désigner un moment précis de ma carrière olympique, car je ne vois pas les choses de cette façon. Pour moi, toutes les émotions proviennent des JO eux-mêmes, de ce qu’ils représentent, c’est-à-dire un endroit où, pendant deux semaines, tous les meilleurs sportifs de la planète sont réunis. J’ai toujours adoré traverser le village et sentir cette concentration de talents, de passions exacerbées. Je rêvais de vivre des Jeux. Le fait de les avoir marqués est vraiment spécial, très spécial.

Votre mentor n’a cessé de décrire vos sensations, votre état d’esprit, etc. Mais vous, à quoi pensiez-vous réellement toutes ces années?

A rien… Pour être honnête, je crois que je n’ai jamais rien eu en tête, non, sinon l’intention de bien travailler. J’ai toujours essayé d’être dur mentalement. J’ai cherché à conserver l’équilibre, l’amalgame entre l’exigence et le relâchement. Je n’ai cessé de prévoir, d’anticiper tout ce qui pouvait arriver. Je suis toujours arrivé très préparé sur les compétitions, physiquement et mentalement. Sur place, ce n’était plus que du plaisir.

Vous ne nagerez plus, donc. Vous n’avez aucune envie de devenir coach. Mais suivrez-vous encore la natation à la télévision?

Oui, ça oui! Je suis impatient de voir comment des nageurs comme Chad le Clos, par exemple, évolueront. Je suis curieux de découvrir à quelle vitesse cette génération nagera. Voilà un spectacle que je ne veux pas rater: je regarderai mes records tomber.

Créé: 08.08.2012, 07h37

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