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Animaux «Quand le hérisson pique, il le fait sans arrière-pensée»

Christina Meissner, expulsée de l’UDC genevoise lundi, se réconforte en soignant des hérissons blessés. Dix ans de dévouement.

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Elle a habité à Dubaï, vécu la guerre à Beyrouth, étudié la biologie en Amazonie. Il y a un portrait de Che Guevara dans son salon. Elle est une défenderesse de la nature de la première heure. Christina Meissner est loin des clichés de l’UDC. Peut-être un peu trop, d’ailleurs, puisqu’elle s’est fait exclure de son parti lundi. Une épreuve qu’elle qualifie de difficile. «Un choc.»

Alors, pour passer à autre chose, la première vice-présidente du Parlement genevois (jusqu’en mars 2017) se réconforte en s’occupant de ses petits protégés à piques, dans sa maison à Vernier (GE). «Pourquoi les hérissons? Les sangliers étaient un peu gros pour mon garage, plaisante l’élue. Je pense que c’est l’animal idéal pour sensibiliser les gens à la nature et à la biodiversité. Ils sont mignons et permettent donc de créer de l’empathie. Les aider est à la portée de tous, en laissant des coins de jardin sauvage, par exemple.»

800 bestioles sauvées

Voilà maintenant dix ans que Christina Meissner vient en aide à ces mammifères insectivores, blessés par d’autres animaux ou abandonnés par leur mère. Elle a aménagé son garage en véritable petite clinique. Une vingtaine de cages et une table de soins lui permettent de remettre d’aplomb et d’héberger les hérissons jusqu’à leur guérison, avant de les «libérer», là où ils ont été trouvés, ou dans des jardins de particuliers consentants.

Dans son luxuriant jardin, entre ses kiwis, ses nèfles ramenées du Liban et de ses côtes de bettes, elle a aussi emménagé un enclos de convalescence. «Ici, ils peuvent réapprendre à manger des limaces, à se débrouiller.» Tout a commencé par un constat. «J’ai amené un hérisson blessé chez le vétérinaire, il s’est fait euthanasier. Idem pour le second. Puis le troisième. Je me suis dit qu’il y avait autre chose à faire, mais que les structures n’existaient pas. Comme je ne peux pas concevoir ma vie sans faire ma part pour la nature, je me suis lancée.» Et après dix ans et 800 bestioles sauvées, cette biologiste de formation maîtrise son sujet. Il faut la voir sortir le gros «Kiki» de sa cage, en le pinçant avec deux doigts. «Avec lui, je mets des gants, car il pique plus que les autres. C’est un signe de bonne santé. Les picots sont un peu comme les cheveux. Plus ils sont sains, plus ils sont colorés et dressés sur son dos.»

La maîtresse des lieux dépose quelques gouttes de désinfectant sur la patte blessée de “Kiki”. Il se replie instantanément en boule, sur la main de la soigneuse, qu’elle secoue un peu pour le faire lâcher prise. «Ce sont des animaux sauvages, il faut faire attention à ne pas se faire mordre!» Cette année, la politicienne a déjà accueilli plus de 80 bêtes. 61% d’entre elles ont été relâchées, comme l’indiquent les statistiques de son site SOS hérissons. Parmi elles, «Polux», blessé au front par une corneille, «Frohli», minuscule bestiole pourtant adulte, ou encore «Chance», amputée d’une patte alors que l’autre guérit, protégée par un bandage.

La politique, ça picote

«L’affluence est la plus grande en juin et en novembre, après les naissances. Souvent, les petits sont désorientés quand ils quittent leur mère. A l’approche de l’hiver, d’autres n’ont pas eu le temps d’engraisser suffisamment avant l’hibernation», explique l’ex-UDC. Les piques des hérissons sont-elles moins blessantes que celles des politiciens? «Quand le hérisson pique, il le fait sans arrière-pensée», rétorque l’élue, avec un sourire entendu. «C’est un soulagement d’avoir quitté le parti. J’avais choisi l’UDC car je suis patriote. Cette exclusion m’a montré un visage de ce parti auquel je ne veux pas être associée. Je suis née pour partager l’amour et non la haine.» La dernière pique? (Le Matin)

Créé: 02.07.2016, 22h53

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