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Etat islamique Une société suisse dément tout soutien à l'EI

Une étude montre que près de 50 sociétés de 20 pays, dont la Suisse, sont impliquées dans la fourniture de composants utilisés pour fabriquer les bombes de Daech.

Des transistors proviennent d'une entreprise suisse, selon l'étude. Certains composants peuvent être acquis par l'EI en moins d'un mois après leur arrivée en toute légalité chez ses fournisseurs dans la région.

Des transistors proviennent d'une entreprise suisse, selon l'étude. Certains composants peuvent être acquis par l'EI en moins d'un mois après leur arrivée en toute légalité chez ses fournisseurs dans la région. Image: Keystone

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Une cinquantaine de sociétés de 20 pays sont impliquées dans la fourniture des composants qui servent à fabriquer les bombes de l'Etat islamique, montre une étude commandée par l'UE. Une société suisse est mentionnée. Selon Le Temps, il s'agit de STMicroelectronics, dont le siège est à Plan-les-Ouates (GE).

L'entreprise a lancé des recherches et son enquête est parvenue à la conclusion que les éléments en question étaient des contrefaçons, «un mal endémique dans notre industrie», a souligné Nelly Dimey, porte-parole du groupe genevois, à Le Matin. «Nous ne vendrions bien entendu jamais nos produits à Daech ou tout autre organisation semblable», a-t-elle encore martelé.

Les plus de 700 composants, câbles, produits chimiques et autres utilisés par l'EI pour fabriquer des engins explosifs ont transité par 51 sociétés turques, indiennes, chinoises, brésiliennes, russes ou encore américaines, précise l'étude publiée jeudi. Elle a été réalisée par Conflict Armament Research (CAR) pour le compte de l'UE.

Ces explosifs sont désormais produits à une «échelle quasi-industrielle» par l'EI. Le groupe djihadiste utilise des composants autorisés et largement disponibles comme les engrais chimiques et les téléphones mobiles, explique le CAR. Le commerce de ces petits composants bon marché, dont certains n'ont pas besoin de licences à l'exportation, est bien moins surveillé que les transferts d'armes.

En toute légalité

Le pays le plus représenté dans la chaîne de fabrication est la Turquie, avec un total de 13 sociétés. L'Inde arrive en seconde position avec sept sociétés qui ont fabriqué l'essentiel des détonateurs et autres cordons de mises à feu. Tout ce matériel a été exporté légalement dans le cadre de licences émises en Inde à des entités au Liban et en Turquie.

Par ailleurs, des transistors proviennent d'une entreprise suisse, selon l'étude. Réagissant jeudi à la RTS, le président de la Confédération Johann Schneider-Amman a indiqué ne pas avoir connaissance de ce cas. Certains composants peuvent être acquis par l'EI en moins d'un mois après leur arrivée en toute légalité chez ses fournisseurs dans la région.

Systèmes de comptabilité

Selon James Bevan, directeur exécutif de CAR, inciter les fournisseurs à avoir des systèmes de comptabilité efficaces pour établir le lieu de destination des marchandises aurait un effet dissuasif. Il précise que le gouvernement turc a refusé de coopérer avec CAR, de sorte que le groupe n'a pas pu déterminer l'efficacité de la législation turque sur le suivi des composants.

CAR a pu avoir accès aux composants par exemple via les milices kurdes YPG soutenues par Washington en Syrie, la police fédérale irakienne, le Conseil de sécurité de la région du Kurdistan et les forces du Gouvernement régional du Kurdistan. Les composants ont été récupérés lors de grandes batailles en Irak à Al Rabia, Kirkouk, Mossoul et Tikrit et dans la ville syrienne de Kobané.

Les auteurs du rapport disent avoir tenté de contacter les sociétés liées aux composants. Ils soulignent qu'elles ne répondaient pas ou n'étaient pas capables de dire où étaient passées les marchandises une fois vendues.

(ats/nxp)

Créé: 25.02.2016, 16h34

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