Jeudi 2 avril 2020 | Dernière mise à jour 00:54

Chine Une deuxième ville en quarantaine près de Wuhan

Après avoir placé en quarantaine la métropole de Wuhan, coeur de l'épidémie du nouveau coronavirus, la Chine isole la ville de Huanggang, à 70 km.

Plus aucun train ne part désormais de la gare principale de Wuhan.
Vidéo: Keystone

L'OFSP inquiet

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) se dit «plutôt inquiet» des derniers développements du nouveau coronavirus en Chine. Les autorités préparent des mesures, même s'il n'y a pas de menace pour la population suisse dans l'immédiat, a déclaré Patrick Mathys, responsable à l'OFSP, jeudi à la radio SRF.

Si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) décrète que le nouveau virus constitue une «urgence de santé publique de portée internationale», cela aurait surtout valeur de signal. Cela inciterait la communauté internationale à prendre la situation au sérieux, à se préparer et à se coordonner pour maintenir l'épidémie sous contrôle, a ajouté M. Mathys, chef de la section gestion de crises et collaboration internationale.

Rien n'est prévu dans l'immédiat en Suisse. «Nous ignorons si l'OMS émettra des recommandations avec l'annonce de l'état d'urgence sanitaire», a poursuivi le responsable. L'OFSP serait prêt à mettre en oeuvre de telles recommandations. Il n'y a pas à ce stade de plan d'action spécial contre le nouveau coronavirus. Mais la Suisse pourrait se servir de divers concepts déjà existants, comme le plan «pandémie».

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une deuxième ville de Chine devait être placée en quarantaine de facto jeudi, dans le but d'enrayer l'épidémie de nouveau coronavirus qui a déjà entraîné une mesure similiaire dans la métropole de Wuhan (centre).

La circulation des trains à Huanggang, une ville de 7,5 millions d'habitants située à 70 km à l'est de Wuhan, sera interrompue jusqu'à nouvel ordre en toute fin de journée, a annoncé la mairie.

Stations de métro fermées, caddies remplis à ras bord, masque obligatoire: les habitants de Wuhan, dans le centre de la Chine, se retrouvent coupés du monde jeudi, mis de facto en quarantaine pour cause de coronavirus. La métropole de 11 millions d'habitants est au coeur de l'épidémie qui a contaminé plus de 570 personnes dont 17 mortellement et a commencé à se répandre dans plusieurs pays.

Dans l'espoir d'endiguer le mal, les autorités ont pris dans la nuit une mesure radicale et interdit tout départ en train, avion ou autocar depuis Wuhan (prononcer «Wou-ranne»). Les habitants se retrouvent prisonniers de leur cité à la veille du long congé du Nouvel an chinois.

Le long de ses vastes artères, la métropole prend des airs de ville fantôme, avec de rares passants le visage recouvert de masques -- une précaution désormais obligatoire par arrêté municipal. «Les stations de métro sont fermées, les grilles baissées, il y a peu de circulation, beaucoup de magasins sont fermés», énumère Adrian.

Provisions de survie

Comme ses collègues, ce professeur de français a reçu l'ordre de pas quitter son université, sauf pour aller chercher du ravitaillement dans un hypermarché du coin. «Certains clients avaient un ou deux caddies remplis à ras bord. On aurait dit qu'ils faisaient des provisions de survie», témoigne-t-il. Les réjouissances prévues à l'occasion du Nouvel an sont annulées.

Dans un hôtel du centre-ville, les clients se voient remettre du gel désinfectant et doivent prendre leur température. Un hôtel voisin vient de fermer ses portes. Les transports publics sont toujours autorisés à gagner Wuhan, mais peu de gens les empruntent.

«Certains ont modifié leurs plans mais pas moi: je veux rentrer à la maison», déclare Fang, un homme de 28 ans qui vient de quitter Shanghai à bord d'un TGV à destination de l'épicentre du virus.

Hôtesses masquées

A bord d'un vol au départ de Pékin, seuls une trentaine de passagers, pour la plupart originaires de Wuhan et sa région, sont entourés d'hôtesses au visage recouvert d'un masque. Plusieurs d'entre eux assurent ne pas avoir peur du virus et être prêts à rester bloqués sur place plusieurs semaines.

A l'arrivée, l'aéroport de Wuhan est quasi désert, la grande majorité des commerces sont fermés et les tapis à bagages restent vides. Une employée confie ne pas savoir quand l'aéroport sera formellement fermé. «Je ne sais même pas à quelle heure je vais finir le travail car la situation est changeante», dit-elle.

Sur les réseaux sociaux, des habitants se disent «au bord des larmes» à la nouvelle de la mise en quarantaine et appellent au secours. «Nous manquons d'aliments et de produits désinfectants, nous avons besoin de ressources supplémentaires», écrit un internaute. «Nous avons l'impression que c'est la fin du monde».

'Je ne sors pas'

Après avoir semblé ignorer l'épidémie apparue le mois dernier, les habitants ont soudainement réagi cette semaine, lorsqu'il est apparu que le virus pouvait se transmettre entre humains.

«Je ne sors pas depuis deux jours», déclare à l'AFP un habitant du nom de Mao, expliquant être sorti pour la dernière fois afin d'acheter un masque respiratoire -- au prix prohibitif de 50 yuans (8 francs). «La personne derrière moi a acheté tout ce qui restait», raconte-t-il.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, une jeune mariée originaire d'une ville voisine célèbre ses noces avec un masque sur le visage. Elle explique que tous les invités en provenance de Wuhan sont priés de s'asseoir à la même table. (ats/nxp)

Créé: 23.01.2020, 11h08

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.