Mercredi 18 septembre 2019 | Dernière mise à jour 21:52

Mali «38 morts» dans une tuerie dans deux villages

Le gouvernement malien a dévoilé le bilan, provisoire, d'une attaque survenue dans deux villages dogons du centre du pays.

Il y a quelques jours déjà, 35 habitants du village dogon de Sobane-Kou, dans le centre du Mali, ont été tués.

Il y a quelques jours déjà, 35 habitants du village dogon de Sobane-Kou, dans le centre du Mali, ont été tués. Image: AFP

Nigeria: au moins 15 soldats tués dans une attaque de Boko Haram

Au moins 15 soldats ont été tués dans l'attaque d'une base militaire par des combattants du groupe jihadiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, en proie à une sanglante insurrection armée depuis 10 ans, a-t-on appris mardi auprès de sources militaires. «Les corps de 15 soldats ont déjà été retrouvés» et «de nombreux soldats manquent toujours à l'appel», a déclaré à l'AFP un officier nigérian sous couvert d'anonymat. Le bilan de l'attaque menée lundi soir contre la base de Gajiram a été confirmé par une autre source militaire jointe au téléphone.

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Une nouvelle tuerie dans des villages dogons a fait «38 morts et de nombreux blessés» dans le centre du Mali, où le président Ibrahim Boubacar Keïta a récusé il y a quelques jours toute notion de «conflit interethnique», tandis que l'armée subissait des «pertes humaines et matérielles» dans une embuscade plus au nord.

Depuis l'apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe djihadiste, du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs «groupes d'autodéfense».

Les violences, qui déchirent cette région depuis quatre ans, ont culminé avec le massacre le 23 mars, attribué à des chasseurs dogons, de quelque 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso.

«Bilan provisoire»

Les villages dogons de Gangafani et de Yoro, près de la frontière burkinabè, ont été frappés lundi par des attaques, dont le «bilan provisoire officiel est de 38 morts et de nombreux blessés», a indiqué dans la soirée le gouvernement.

Des bilans antérieurs avaient évoqué entre une vingtaine et une quarantaine de morts. Le procureur du pôle judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme, Boubacar Sidiki Samaké, avait évoqué un «bilan provisoire de 14 morts», appelant à la prudence «pour éviter la polémique regrettable autour du bilan de Sobane Da». Il faisait référence à un village dogon proche de Bandiagara où une attaque le 9 juin a fait 35 morts, dont 24 enfants, alors qu'un précédent bilan avait mentionné au moins 95 morts et 19 disparus.

Les auteurs de ces attaques «sont des terroristes parce qu'ils ont tué et éventré certains corps et brûlé des greniers. En quittant (le village), ils scandaient Allah akbar» (Dieu est le plus grand, en arabe), a indiqué à l'AFP Goundjou Poudiougou, conseiller communal à Dinagourou, en expliquant avoir compté «une dizaine de corps» dans les deux villages. Selon Adama Dionko, porte-parole du Collectif des associations du pays dogon, «c'était la même chose qu'à Sobane Da: des personnes, des biens et des animaux ciblés». «Ce sont des terroristes, des criminels. Nous demandons à l'Etat plus de sécurité. Au président IBK (Ibrahim Boubacar Keïta, NDLR) de respecter sa parole», a-t-il déclaré à l'AFP.

«Pertes humaines et matérielles»

Lors d'un déplacement à Sobane Da le 13 juin, le président malien a promis la confiscation des armes illicites dans la région, mettant en garde les jeunes contre la tentation de «s'enrôler dans une quelconque milice».

«Il n'y a aucun conflit interethnique» dans le centre du Mali, a-t-il assuré, évoquant «une excroissance de ce que nous avons vécu dans le Nord, et de ce que nous vivons encore dans le Nord».

Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes , en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit. Selon Ibrahim Yahaya Ibrahim, analyste sur le Sahel à l'International Crisis Group (ICG), le président malien «a raison de souligner qu'il n'y a pas de conflit interethnique».

«Ni les Dogons, ni les Peuls n'ont donné mandat à ces groupes armés qui agissent en leur nom», a-t-il expliqué à l'AFP. «Cependant le risque qu'on en vienne à une guerre civile interethnique est à prendre au sérieux et des mesures urgentes doivent être prises pour l'enrayer. Plus les attaques contre les civils se multiplient, plus on constate un ralliement des communautés autour des milices qui prétendent les protéger».

Malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes dans le nord du Mali, des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques.

Une patrouille des Forces armées maliennes (FAMa) est «tombée dans une embuscade des terroristes à Banguimalam, au sud-ouest de Gossi (nord)» mardi, a indiqué dans son communiqué le gouvernement, en précisant que des «renforts ont été dépêchés.pour secourir les éléments victimes d'attaque terroriste et sécuriser la zone».

«Au cours de cet accrochage, les FAMa ont enregistré des pertes humaines et matérielles», a confirmé l'armée malienne sur Twitter, sans plus de détails. Depuis 2015, les violences se sont propagées du Nord vers le centre, voire parfois le Sud, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins. (afp/nxp)

Créé: 18.06.2019, 23h33

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