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France Il y a 40 ans, Simone Veil se battait pour l'IVG

En 1974, c'est face à une assemblée d'élus très majoritairement composée d'hommes que Simone Veil a défendu le droit à l'avortement. «Je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter», a-t-elle déclaré.

L'avortement en Suisse

La Suisse a légalisé l’avortement en 2002. Une femme peut choisir d'interrompre une grossesse durant les douze premières semaines et au-delà sous certaines conditions.

L'IVG est remboursée par l'assurance maladie. En 2014, l'initiative visant à faire payer les patientes concernées a été rejetée.

En septembre 2014, le Conseil des Etats a accepté de se pencher sur le diagnostic préimplantatoire. Ainsi, la Suisse pourrait autoriser le dépistage de la trisomie 21 lors des fécondations in vitro (FIV).

L'avortement dans l'UE

La majorité des pays de l'UE ont adopté des législations autorisant l'IVG. Les pays les plus restrictifs sont l'Irlande et la Pologne. Dans ce dernier pays, l'avortement n'est permis qu'en cas de viol, d'inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du foetus.

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Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l'Assemblée nationale française pour défendre une loi historique --la légalisation de l'avortement--, sujet ultra-sensible. Elle va faire face à des adversaires déchaînés, dans un climat d'une brutalité inouïe.

«Je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter», confie l'ex-ministre de la Santé de Valéry Giscard d'Estaing dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean (Les hommes aussi s'en souviennent 2004). «Il y avait tellement d'hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d'hommes, dont certains cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu'un de leurs proches».

«Un avortement est toujours un drame»

Devant une assemblée qui compte 9 femmes pour 481 hommes, la ministre s'exprime d'une voix calme, un peu tendue: «Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300'000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours».

«Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit de les écouter. C'est toujours un drame», assure-t-elle tout en soulignant que «l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue». Son discours d'une heure est chaleureusement applaudi par la gauche. La droite se tait, pour l'instant. Dans les tribunes du public, à l'inverse de l'hémicycle, ce sont les femmes qui dominent, venues en masse écouter la ministre.

Débats passionnés

Suivent alors plus de 25 heures de débats durant lesquelles Simone Veil affronte insultes et propos de «soudards», racontera-t-elle, pendant qu'à l'extérieur, des militants anti-avortement égrènent leurs chapelets. Trois jours et deux nuits de combat contre les tenants de sa propre majorité.

Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, voit dans ce texte «une monstrueuse erreur historique». Des députés de droite diffusent dans l'hémicycle les battements d'un cœur de fœtus de quelques semaines.

Le pire reste à venir: Hector Rolland reproche à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, «le choix d'un génocide». Jean-Marie Daillet évoque les embryons «jetés au four crématoire». Jacques Médecin parle de «barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis».

«Un immense mépris»

Après le passage de 74 orateurs, Simone Veil reprend la parole déplorant les analogies avec le racisme scientifique des nazis. Elle dira plus tard avoir ressenti «un immense mépris».

Le 29 novembre 1974, au cœur de la nuit, la loi est votée par 284 voix contre 189. Les deux tiers des députés de la majorité votent contre le texte, adopté essentiellement grâce aux voix de gauche et centristes.

La «loi Veil», est promulguée le 17 janvier 1975, autorisant l'IVG pour cinq ans. L'autorisation sera rendue définitive par la loi du 31 décembre 1979.

(afp/nxp)

Créé: 24.11.2014, 07h05

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