Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 16:35

Elections Afrique du Sud: bataille serrée pour les municipales

Des résultats très partiels donnent l'ANC en tête dans cette élection en forme de test pour Zuma, qui s'annonce serrée.

Le dépouillement commence tout juste, mercredi soir en Afrique du Sud. (Image - 3 août 2016) Image: Keystone

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Le dépouillement se poursuivait jeudi pour les élections municipales en Afrique du Sud, les premières tendances confirmant une bataille serrée dans laquelle l'ANC, le parti au pouvoir, pourrait perdre sa majorité dans plusieurs grandes villes au profit de la DA, principale formation d'opposition. Au niveau national, jeudi matin, la moitié des bulletins ont été dépouillés, plaçant le Congrès National Africain (ANC) en tête avec 51,9% des voix (contre 61,9% en 2011) devant l'Alliance Démocratique (DA) avec 30,2% (contre 24% en 2011).

Mais les résultats sont particulièrement scrutés dans trois grandes villes, où l'ANC pourrait perdre sa majorité.

A Tshwane, la métropole qui englobe la capitale Pretoria, avec un tiers des bulletins dépouillés, la DA est en tête avec 46,5% des voix contre 40% pour l'ANC.

«Le simple fait de devoir former une coalition dans la capitale Pretoria serait embarrassant pour l'ANC», estime Daniel Silke, analyste politique indépendant, interrogé par l'AFP.

A Johannesburg, la plus grande ville du pays, seuls un cinquième des bulletins ont été dépouillés et la DA est en tête avec 45% des suffrages contre 39% pour l'ANC.

Enfin à Nelson Mandela Bay, la métropole industrielle qui englobe Port Elizabeth (sud-est), après 50% des bulletins dépouillés, la DA est largement en tête (56%) devant l'ANC (34%).

La DA devrait en outre conserver avec une confortable majorité absolue la ville du Cap qu'elle détient depuis 2006.

Résultats au compte-goutte

Ces premières tendances sont à prendre avec prudence, compte tenu du nombre de bulletins qu'il reste à dépouiller dans ces villes. Depuis la clôture des bureaux de vote mercredi soir, les résultats sont transmis au compte-goutte, circonscription par circonscription par la Commission électorale et évolueront tout au long de la journée de jeudi.

Comme le montre la tendance nationale, la suprématie de l'ANC n'est pas menacée dans la plupart des métropoles du pays, mais la perte d'une ou plusieurs grandes villes fragiliserait assurément le parti au pouvoir.

«C'est une élection locale aux ramifications nationales. C'est l'occasion de juger les performances de l'ANC et du leadership de Jacob Zuma à mi-mandat», estime Daniel Silke.

«La moindre perte de terrain de l'ANC dans les urnes va créer de l'inquiétude au sein du parti», assure-t-il.

Dans plusieurs grandes villes, il se pourrait qu'aucun parti ne parvienne à dépasser la barre des 50% ce qui ouvrirait la porte à des coalitions.

Le parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF) qui obtient pour l'heure 10% des voix à Tshwane ou Johannesburg pourrait jouer le rôle de faiseur de roi.

Créé en 2013, l'EFF participe à ses premières élections municipales et son leader, le populiste Julius Malema, a déjà laissé entendre qu'il pourrait faire alliance avec d'autres partis pour priver l'ANC du pouvoir.

Coup dur pour Zuma

Un recul de l'ANC dans les urnes serait un coup dur pour le président Jacob Zuma dans la perspective des élections générales de 2019.

Depuis sa réélection en mai 2014, les nuages s'amoncellent au-dessus de lui, entre crise économique et scandales.

Récemment, il a été contraint par la justice à rembourser d'ici mi-septembre 500.000 dollars d'argent public utilisés pour rénover sa résidence privée, et des poursuites pour corruption dans une affaire de contrat d'armement pourraient être rouvertes contre lui.

Et la croissance moribonde - 0% prévus pour 2016 - rend difficile les promesses de campagnes concernant la baisse d'un taux de chômage record (26,7%).

Le scrutin de mercredi, où 26 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, s'est déroulé sans incident majeur, selon la Commission électorale.

Dans les townships de Johannesburg, les électeurs ont bravé le froid de l'hiver austral pour se rendre aux urnes.

«Je veux voir un vrai changement car depuis qu'on a le droit de vote, nos conditions de vie n'ont pas changé. Il y a de plus en plus de logements en tôle», déplorait Jacky Mathonsi, professeur de 42 ans, dans le bidonville d'Alexandra où les conditions de vie sont très précaires.

«Il y a eu beaucoup de choses négatives qui ont été dites à propos de l'ANC, mais je songe à ce que (Mandela) a subi pendant l'apartheid alors je le fais pour lui», assurait en revanche Lebogang Maponyane, une chômeuse de 43 ans qui a voté ANC. (ats/nxp)

Créé: 04.08.2016, 05h25

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