Lundi 24 février 2020 | Dernière mise à jour 13:36

Jérusalem Macron: «Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi»

Le président français a demandé avec insistance mercredi à des policiers israéliens de bien vouloir le laisser entrer dans l'église Sainte-Anne de Jérusalem.

Emmanuel Macron dans la Vieille ville de Jérusalem.

Emmanuel Macron dans la Vieille ville de Jérusalem. Image: AFP

La négation d'Israël tient de l'antisémitisme, pour Macron

La «négation» de l'existence d'Israël comme État est une nouvelle forme d'antisémitisme, a déclaré mercredi le président français Emmanuel Macron au premier jour de sa visite à Jérusalem à l'occasion du 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz. «L'antisionisme, lorsqu'il est la négation de l'existence d'Israël comme État, est un antisémitisme», a déclaré Emmanuel Macron, lors d'un point de presse avec le président Rivlin. «Ce qui ne veut pas dire qu'il deviendrait impossible d'avoir des désaccords, de critiquer telle ou telle action du gouvernement d'Israël mais la négation de son existence relève bien aujourd'hui d'une forme contemporaine d'antisémitisme», a-t-il affirmé.

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«Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi», a crié mercredi le président français Emmanuel Macron à un policier israélien à Jérusalem, rappelant une scène de Jacques Chirac près d'un quart de siècle plus tôt dans les mêmes lieux.

Enchaînant poignées de main et «selfies», le président français a improvisé une balade dans la Vieille ville de Jérusalem, après des entretiens avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d'autres responsables israéliens.

Coup de colère de #Macron contre la police israélienne à Jérusalem. Dans les pas de Chirac en 1996 pic.twitter.com/DKP5ICThTK

— Ava Djamshidi (@AvaDjamshidi) January 22, 2020
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Le président n'avait pas prévu de déambuler dans plusieurs quartiers de la Vieille ville mais seulement de se rendre à la basilique Sainte-Anne, territoire français, où un premier accrochage avait eu lieu entre des membres du groupe chargé de sa sécurité et un agent des forces de sécurité israéliennes ayant voulu entrer dans l'église.

«Ce que j'ai voulu faire d'abord c'est marcher librement dans la Vieille ville et passer à travers tous les lieux qui font aussi l'histoire de cette ville et ses symboles», a affirmé, souriant, le président lors de sa balade. «Je pense que réconcilier l'ensemble de ces grandes religions dans cette ville qui les porte, qui en est l'épicentre, où elles cohabitent, est important.»

«C'est la France ici»

Mais à l'entrée de la basilique Sainte-Anne, où étaient postés des membres des forces de sécurité israéliennes, l'atmosphère a brusquement changé. «I don't like what you did in front of me» (Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi), a lancé Emmanuel Macron à un policier israélien planté devant lui dans l'entrée de l'église.

«Allez à l'extérieur je vous prie, personne n'a à provoquer personne, c'est compris?», a lancé Emmanuel Macron en anglais. «Nous restons calme, nous avons fait une magnifique marche, vous faites du bon boulot dans la ville et je l'apprécie, mais s'il vous plaît, respectez les règles établies depuis des siècles, elles ne changeront pas avec moi, je peux vous le dire», a-t-il ajouté.

«C'est la France ici, et tout le monde connaît la règle», a souligné, toujours en anglais, le chef d'Etat français, dont l'altercation verbale rappelle celle en 1996 de Jacques Chirac dans le même quartier de Jérusalem-Est.

Sur les chaînes israéliennes

L'ancien président français s'était emporté en 1996 contre des soldats israéliens qui l'encadraient de trop près en lançant son désormais célèbre «Do you want me to go back to my plane?» (Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion?), avant d'exiger que les militaires sortent du domaine de Sainte-Anne.

Après sa fameuse phrase, Jacques Chirac s'était rendu sur l'esplanade des Mosquées. Appelée Noble sanctuaire par les musulmans, mont du Temple par les juifs, l'esplanade des Mosquées est le troisième lieu saint de l'islam et le site le plus sacré pour les juifs.

Après avoir rencontré des religieux à la basilique Sainte-Anne, Emmanuel Macron est, comme Chirac, allé sur l'Esplanade. Il s'est ensuite rendu au mur des Lamentations, kippa noire sur la tête, pour sa première visite en Terre sainte depuis son élection en 2017. Parenthèse refermée

Les médias israéliens se sont emparés de l'incident du président français. A la Une des informations sur les chaînes de radio israéliennes, il a aussi suscité des réactions sur les réseaux sociaux en Europe, en Israël et dans le monde arabe. «Encore un incident avec un président français à Jérusalem», a déclaré le présentateur à l'ouverture des infos sur la chaîne publique israélienne Kan.

Les images de Jacques Chirac en colère à Jérusalem avaient resurgi des archives à son décès en septembre dernier.« Le passage dans la Vieille ville a été très calme et chaleureux, plusieurs commerçants d'ailleurs se souvenaient du passage du président Chirac,» a déclaré en fin de journée Emmanuel Macron.

Mais en arrivant à la basilique Sainte-Anne,« il y a eu un moment d'énervement entre les équipes de sécurité, et il me revenait d'y mettre bon ordre», a expliqué le président, disant avoir salué «chaleureusement» par la suite les gardes israéliens. «La parenthèse a été refermée», a-t-il dit.

Lors de l'incident Chirac, en 1996, Israël était dirigé par un jeune Premier ministre Benjamin Netanyahu, également au pouvoir aujourd'hui, et qui pourra un jour dire avoir vécu les moments «Chirac» et «Macron». (ats/nxp)

Créé: 22.01.2020, 13h47

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