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états-unis Amputé suite à une léchouille de chien: en Suisse aussi

Un Américain a perdu ses membres à cause d’une bactérie présente dans la salive des chiens. Des cas existent ailleurs, dont en Suisse.

Responsable du drame, la bactérie Capnocytophaga canimorsus est très souvent présente dans la salive des chiens.

Responsable du drame, la bactérie Capnocytophaga canimorsus est très souvent présente dans la salive des chiens. Image: iStock

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L’histoire révélée par le Washington Post semble invraisemblable. Et elle fait froid dans le dos. Greg Manteufel, 48 ans, du Wisconsin, a dû être amputé de ses deux mains et de ses deux pieds simplement car il a été léché par un chien. Ce genre de cas rarissime existe pourtant partout dans le monde.

Pour Greg Manteufel les premiers symptômes ont été de la fièvre et des vomissements. Une grippe? Non: le lendemain matin il délirait et sa température avait encore grimpé. Son épouse Dawn l’a alors immédiatement mené à l’hôpital, non loin de leur maison, au nord de Milwaukee. Arrivée à destination elle dit avoir remarqué qu’il avait des bleus sur tout le corps. Ils n’étaient pas présents quelques minutes plus tôt. «Comme s’il venait d’être battu avec une batte de baseball», explique-t-elle au Washington Post.

Mort de tissus et de muscles

La suite a été aussi terrible que fulgurante. Infection du sang, septicémie entraînant des taches de sang ressemblant à des contusions surtout sur le visage et la poitrine. Puis formations de caillots empêchant le sang de circuler vers les extrémités. Mort de tissus et de muscles. «Il a dit aux docteurs de faire ce qu’il fallait pour le garder en vie», raconte sa femme. Une semaine après son entrée à l’hôpital il était amputé de ses deux jambes, à hauteur des tibias. Puis de ses deux mains.

Le Washington Post a publié une image du malheureux après les amputations.

Le responsable de cette horreur a vite été identifié: Capnocytophaga canimorsus ou C. canimorsus, une bactérie très fréquemment présente chez les chiens ou les chats. Dans de rares cas, elle peut entraîner un empoisonnement du sang, des pathologies sévères ou la mort. Quelque 500 infections humaines ont été recensées depuis une cinquantaine d’années.

97% suite à des morsures de chiens, selon une récente étude de Nature. Quelque 3% à cause de morsures ou griffures de chats. Et une poignée suite à une simple léchouille, probablement sur une petite plaie. C’est le cas de Greg Manteufel, grand amoureux des toutous, qui dit avoir été en contact avec huit chiens dont le sien avant la tragédie.

Une mortalité atteignant 30%

Les précédents sont donc rarissimes. Mais souvent dramatiques. «La septicémie induite par C. canimorsus peut évoluer vers un choc septique avec une mortalité atteignant 30%», soulignait Nature. Tout le monde peut théoriquement être touché. Mais avant tout les personnes âgées avec un système immunitaire déjà affaibli, ou encore les personnes souffrant d’alcoolisme ou d’asplénie – l'absence de rate fonctionnelle

En France, note Science et Avenir, «trois cas fatals ont été reportés depuis début 2017». En Suisse? L'Office fédéral de la santé publique n'a pas de donnée sur le sujet. «Cette maladie bactérienne ne fait pas partie des maladies qui doivent nous être signalées», précise le porte-parole Daniel Dauwalder. Reste que des cas ont existé. En 2004, le Swiss medical forum a par exemple publié une étude détaillée sur un policier de 45 tombé gravement malade dans les Grisons.

Il y a deux ans, le British Medical Journal publiait une étude au titre saisissant: «Lick of Death», la léchouille de la mort. Une Londonienne de 70 ans avait été à l’article de la mort après avoir été léchée au visage par son chien. Le Matin avait alors contacté le Pr Nicolas Troillet, de l’Hôpital du Valais, auteur d’un article scientifique sur le sujet. «Les infections dues à Capnocytophaga canimorsus sont rares, inhabituelles, mais connues», nous disait-il alors. «J’ai personnellement rencontré un patient suisse qui en est mort.»

«Il nous faut aller de l’avant»

Face à C. canimorsus, il s’agit de se laver les mains après avoir caressé son animal. D’éviter de se laisser lécher le visage. Et de consulter en cas de morsure.

Quant à Greg Manteufel, un mois après son admission, il reste hospitalisé. Il subit toujours des interventions pour retirer ses tissus morts. Puis viendra le temps de se munir de prothèses et d’apprendre à s’en servir. Mais son état d’esprit semble positif, raconte son épouse dans le Washington Post. «La situation est ce qu’elle est, il nous faut aller de l’avant», dit-il.

Créé: 03.08.2018, 15h12

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