Mardi 22 août 2017 | Dernière mise à jour 10:46

Etats-Unis Chef du FBI limogé: son successeur le défend

Selon l'administration Trump, le limogeage choc de James Comey n'a rien à voir avec l'enquête sur les liens avec la Russie.

Des manifestants ont défilé devant la Maison Blanche pour protester contre le limogeage choc de James Comey, directeur du FBI. (Mercredi 10 mai 2017)
Vidéo: AFP

Trump se justifie

Le président des Etats-Unis Donald Trump a affirmé jeudi avoir toujours eu l'intention de limoger le patron du FBI, alors que la Maison Blanche peine à convaincre que cette décision n'est pas liée à des considérations politiques.

«J'allais le limoger quelles que soient les recommandations», a déclaré le président américain dans un entretien à la télévision NBC. «C'est un hâbleur, un fanfaron», a-t-il ajouté tout en reconnaissant avoir demandé à James Comey s'il était lui-même visé par l'enquête du FBI sur les liens entre la Russie et l'équipe de campagne du président.

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Le directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, a défendu jeudi l'honneur de son prédécesseur James Comey, limogé par le président américain Donald Trump. Il a assuré que les agents du FBI le soutenaient.

«J'ai le plus grand respect pour le directeur Comey», a déclaré Andrew McCabe lors d'une audition au Sénat. «J'ai le plus grand respect pour ses capacités considérables et son intégrité (...) Je peux aussi vous dire que le directeur Comey était largement soutenu au sein du FBI, et le reste encore aujourd'hui».

Il a aussi assuré que l'enquête sur les ingérences russes durant la campagne électorale se poursuivait normalement, malgré le limogeage. «Le travail des hommes et des femmes du FBI continue quels que soient les changements de circonstances, quelles que soient les décisions», a déclaré M. McCabe.

«Il n'y a eu aucune tentative d'entraver notre enquête à ce jour. On ne peut pas arrêter les hommes et femmes du FBI de faire ce qu'il faut, protéger les Américains et défendre la Constitution».

Tempête politique

Le président américain Donald Trump est pris dans une tempête politique depuis qu'il a limogé le directeur du FBI James Comey, une décision selon lui sans lien avec l'enquête de la police fédérale sur une éventuelle collusion avec la Russie.

Des élus des deux partis s'interrogent depuis mardi soir sur les motifs et le calendrier de la décision. L'opposition soupçonne le président américain de vouloir entraver une enquête qui entache son nom et cible certains de ses proches.

«Atrocités», «faux pas et erreurs»

Ces investigations, ouvertes l'été dernier, s'intéressent aux piratages russes contre le camp démocrate et à une éventuelle «coordination» entre des membres de l'équipe de campagne Trump et la Russie. Le dirigeant américain dément toute collusion et a souligné, dans sa lettre à James Comey, que le directeur lui avait dit qu'il n'était pas lui-même ciblé.

Malgré cette mention de l'affaire russe, la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Huckabee Sanders a déclaré que le limogeage n'avait rien à voir avec la Russie et était dû aux «atrocités» et aux «faux pas et erreurs» du directeur lors de l'enquête sur les emails d'Hillary Clinton l'an dernier. «Il envisageait de congédier le directeur Comey depuis le jour où il est entré en fonction», a-t-elle déclaré. «Le président ne lui faisait plus confiance depuis des mois».

«Des hypocrites!»

James Comey a appris par la télévision mardi, depuis Los Angeles, sa brutale éviction. Pour Sarah Huckabee Sanders, le président n'a fait que suivre le protocole en faisant porter un courrier au quartier général du FBI à Washington.

Mercredi matin, Donald Trump a justifié ainsi sa décision: «Il ne faisait pas du bon travail, c'est très simple». L'argument utilisé pour justifier le départ du patron de la police fédérale, dont le mandat courait jusqu'en 2023, est étonnant.

Il lui est reproché d'avoir commenté publiquement l'affaire Clinton durant la campagne, contrairement à l'usage au FBI mais à la grande satisfaction, à l'époque, du candidat républicain. Pourquoi, demande en substance la Maison Blanche, les démocrates crient-ils au scandale, alors qu'ils avaient eux-mêmes dénoncé le comportement de James Comey? «Maintenant qu'il a été viré, ils prétendent être mécontents. Des hypocrites!» a tweeté Donald Trump.

Les divergences s'intensifiaient

Quant au revirement de Donald Trump, sa porte-parole a expliqué qu'être candidat était différent d'être président.

Dans une lettre d'adieu à ses collègues, révélée par CNN, James Comey a écrit: «Je pense depuis longtemps qu'un président peut limoger un directeur du FBI pour n'importe quelle raison, ou pour aucune raison du tout. Je ne m'étendrai pas sur la décision ou la manière dont elle a été appliquée. J'espère que vous non plus. C'est fait, et tout ira bien pour moi».

Entre Donald Trump et James Comey, cependant, les divergences s'intensifiaient depuis des mois, a fortiori dans les derniers jours, alors que l'enquête du FBI s'accélérait, selon plusieurs médias.

En mars, le premier flic des Etats-Unis avait confirmé au Congrès l'existence de l'enquête sur une éventuelle «coordination» entre proches de Donald Trump et Moscou. Il avait contredit le président sur la mise sur écoute de la Trump Tower par Barack Obama. En outre, James Comey aurait réclamé la semaine dernière au ministère de la Justice des moyens supplémentaires pour l'enquête de ses agents, selon des médias.

Des manifestants devant la Maison Blanche

«Cela rendrait le calendrier du limogeage encore plus suspect», a déclaré Chuck Schumer, chef des démocrates du Sénat.

L'opposition démocrate réclame la nomination d'un procureur spécial pour superviser l'enquête, ce que la Maison Blanche a jugé «pas nécessaire».

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche pour réclamer haut et fort cette nomination, aux cris de «Honte! Honte! Honte!».

Si de nombreux républicains soutiennent le président, plusieurs ténors ont exprimé leur embarras ou leur mécontentement, notamment John McCain ou le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat, Richard Burr.

Le président doit désormais nommer un remplaçant, qui devra être confirmé par le Sénat, où la minorité démocrate devrait batailler dur.

Comey invité à s'expliquer au Sénat

En attendant, James Comey a été invité à s'expliquer mardi prochain, à huis clos, devant les sénateurs de la commission du Renseignement, qui mène sa propre enquête parlementaire sur la Russie.

Les sénateurs de cette commission ont en outre émis mercredi une assignation pour que l'ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le général Michael Flynn, leur mette à disposition tous les documents qui pourraient les éclairer sur les liens éventuels de proches du président Trump avec Moscou. Michael Flynn a été poussé à la démission le 13 février après la révélation de contacts répétés avec l'ambassadeur russe à Washington avant et après l'élection. La commission du Renseignement du Sénat note qu'il lui a déjà été demandé de remettre ces documents, mais qu'il n'a pas obtempéré.

Hasard du calendrier, le président américain a reçu mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, une rencontre immortalisée par des photos diffusées par la diplomatie russe, la presse n'ayant pas été autorisée dans le Bureau ovale. «Le président Trump a clairement dit son intérêt à mettre en place des relations de travail pragmatiques et mutuellement bénéfiques» avec la Russie, s'est félicité Sergueï Lavrov.

Du côté de Moscou, on prenait ses distances avec cette affaire: le limogeage du patron du FBI est «une affaire interne» américaine, a affirmé le Kremlin, disant «espérer que cela n'aura pas d'impact» sur les relations, aujourd'hui exécrables, entre les deux pays. (afp/nxp)

Créé: 11.05.2017, 00h51


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