Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 07:54

Mali Des soldats procèdent à des «exécutions sommaires»

Les effectifs militaires français et africains s'étoffent au Mali alors que les djihadistes se fondent dans la population ou s'éparpillent dans le désert. Un esprit de revanche semble animer les militaires maliens.

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Certains sont accusés d'avoir perpétré des «exécutions sommaires» dans l'ouest et le centre du pays.

Des renforts continuent d'être acheminés de France, a indiqué mercredi le ministère français de la Défense au 12e jour de l'opération Serval. Le nombre de soldats français pourrait atteindre 3000 hommes, avait indiqué la veille une source proche du dossier.

Parallèlement, les contingents africains continuent d'arriver au Mali et au Niger. Ils regroupent désormais près de 1600 soldats, a ajouté le ministère.

Près de mille Nigériens, Nigérians, Togolais et Béninois ainsi que les premiers éléments du futur état-major sont désormais engagés au sein de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et plus de 500 soldats tchadiens ont également rejoint Niamey.

Gao et Tombouctou

Depuis lundi, une dizaine de frappes aériennes ont été menées sur les bases arrières des groupes islamiques dans les régions de Gao et de Tombouctou, selon le ministère. Les troupes, qui ont déjà repris Diabali et Douentza dans le centre, continuaient de progresser prudemment vers le nord.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, insiste sur la mobilité des agresseurs. «Ils sont très agiles, très mobiles». «Ils essaient de se regrouper et de pénétrer dans des petites villes, de se mêler à la population pour éviter que l'aviation ou les hélicoptères effectuent des frappes qui entraîneraient des dégâts collatéraux», a-t-il averti sur France 24.

«Lorsqu'ils sont en trop grande difficulté, ils s'éparpillent, (...) ce qui rend la chose très difficile puisqu'il faut les repérer dans un ensemble désertique», a-t-il encore ajouté.

Air de revanche

Point noir de l'opération, des accusations d'exactions contre des soldats maliens se multiplient. La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) les a accusé mercredi d'avoir perpétré «une série d'exécutions sommaires» dans l'ouest et le centre du pays. Elle a réclamé la création «immédiate» d'une commission d'enquête indépendante.

Au moins onze personnes ont été exécutées à Sévaré, à 650 km au nord-est de Bamako, dans le camp militaire de l'armée malienne, près de la gare routière et près de l'hôpital, a détaillé l'ONG.

La France a immédiatement demandé à l'armée malienne de rester «extrêmement vigilante» envers les risques d'exactions car, selon Jean-Yves Le Drian, citant François Hollande, leur «honneur est en cause».

Deniers bienvenus

Paris en a aussi appelé à l'aide internationale pour financer l'opération. Pour le chef de la diplomatie Laurent Fabius, des soutiens supplémentaires seraient «les bienvenus», selon des propos tenus à l'Assemblée nationale, qui s'inquiète de la facture de cette intervention.

Paris estime à 30 millions d'euros le coût actuel de l'opération Serval, selon des calculs du ministre de la Défense, tandis que des voix en France s'élèvent, notamment dans l'opposition à droite, pour dénoncer «l'isolement» du pays dans cette opération.

Mais le gouvernement français n'est pas «en situation de difficulté de trésorerie», a rassuré Jean-Yves Le Drian. Il a indiqué qu'une somme de 630 millions d'euros est affectée en France chaque année pour des opérations extérieures.

Une conférence des donateurs pour le Mali doit se tenir le 29 janvier à Addis Abeba, en Ethiopie. Elle devra réunir au moins 340 millions d'euros, dont 220 millions pour la Misma, selon Paris.

Eviter «un refuge»

Washington a aussi livré son commentaire sur les opérations. Les Etats-Unis ne peuvent pas laisser le nord du Mali devenir «un refuge» pour des groupes islamistes armés susceptibles de menacer directement les intérêts américains, a déclaré Hillary Clinton.

La secrétaire d'Etat, qui sera bientôt remplacée par John Kerry, s'est inquiétée de l'afflux d'armes libyennes. (ats/afp/nxp)

Créé: 23.01.2013, 19h15

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