Mercredi 24 janvier 2018 | Dernière mise à jour 01:38

Autriche Il veut placer les migrants de façon «concentrée»

Le nouveau ministre autrichien de l'Intérieur a déclenché la polémique en utilisant des termes qui rappellent le nazisme.

Herbert Kickl, lors d'une réunion de travail à Vienne.

Herbert Kickl, lors d'une réunion de travail à Vienne. Image: Keystone

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Herbert Kickl (FPÖ, extrême droite) a suscité jeudi la polémique en proposant de cantonner les demandeurs d'asile de façon «concentrée» dans des centres dédiés, un terme interprété comme faisant écho aux camps de concentration nazis.

Intervenant lors d'une conférence de presse à Vienne, Herbert Kickl a plaidé pour la création d'une «infrastructure adaptée qui permettra de cantonner de façon concentrée en un lieu ceux qui ont engagé une procédure de demande d'asile».

Interrogé par des journalistes sur l'emploi du terme «concentré», Herbert Kickl a assuré n'avoir «en aucun cas avoir eu l'intention de provoquer», proposant comme alternative la périphrase «regrouper des gens en un espace».

Le propos, tenu par un responsable d'un parti créé par d'anciens nazis, a immédiatement déclenché une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux.

«Le choix d'un mot compliqué»

Le responsable de l'ONG d'aide au migrants SOS Mitmensch, Alexander Pollak, a évoqué une «provocation délibérée», l'essayiste de gauche Robert Misik estimant que «le Rubicon a été franchi». Les Verts ont pour leur part manifesté leur «refus que le langage du national-socialisme se faufile dans notre façon de penser».

Le journal populaire Kronen Zeitung, peu suspect de sympathies pour les migrants, a lui-même relevé «le choix d'un mot compliqué».

Entré en fonctions mi-décembre, le gouvernement du chancelier conservateur Sebastian Kurz comporte six portefeuilles FPÖ, dont les ministères régaliens de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères.

Le FPÖ souhaite la fin des allocations sous forme d'argent liquide pour les demandeurs d'asile, qui seraient regroupés dans des centres gérés par l'Etat où ils ne bénéficieraient que de nourriture et d'une aide matérielle.

Début janvier, le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, patron du parti, avait suggéré que les demandeurs d'asile soient cantonnés dans des «casernes», avec interdiction de sortie à partir d'une certaine heure. Il avait par la suite assuré que ses propos avaient été «surinterprétés».

En Allemagne voisine, un député européen élu du parti conservateur bavarois avait provoqué une polémique la semaine dernière en affirmant qu'il fallait trouver «une solution définitive à la question migratoire», un terme perçu comme apparenté à la «solution finale» préconisée par les nazis.

Mercredi, la communauté juive de Vienne a réitéré son refus de tout contact avec des représentants du FPÖ, soulignant la proximité de certains membres de ce parti avec des cercles néonazis et révisionnistes. (afp/nxp)

Créé: 11.01.2018, 15h32

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