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Paris Comptes cachés: Jérôme Cahuzac de nouveau face à ses juges

L'ex-ministre français, condamné à 3 ans de prison pour fraude fiscale et blanchiment en 2016, était jugé en appel ce lundi. Le procès est prévu jusqu'au 21 février.

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L'ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac a confessé lundi sa «peur» d'aller en prison. Son procès en appel pour fraude fiscale et blanchiment s'est ouvert lundi à Paris. Selon une source judiciaire, l'ancien député encourt jusqu'à sept ans de détention.

Il avait été condamné en première instance à trois ans de prison ferme non aménageables en 2016 pour avoir dissimulé des comptes bancaires à l'étranger, notamment en Suisse. Le président du tribunal avait alors estimé que seule une peine garantissant son incarcération pouvait sanctionner une faute «d'une exceptionnelle gravité».

Aujourd'hui retraité et domicilié en Corse, où sa famille possède une maison, Jérôme Cahuzac, 65 ans, ne conteste pas les faits qui lui sont reprochés mais la peine prononcée. Pour cet ancien chirurgien spécialisé dans les implants capillaires, boxeur amateur à ses heures, l'enjeu est d'échapper à la détention en obtenant une peine réduite et aménageable.

Pourfendeur de la fraude fiscale

Défendu par le ténor du barreau Eric Dupond-Moretti, il a dit ressentir un «sentiment assez banal de peur» face à la perspective de la prison. «J'ai interjeté appel d'abord en pensant aux miens», a-t-il ajouté.

Ancien membre du Parti socialiste, Jérôme Cahuzac a été maire, député du Lot-et-Garonne et président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale jusqu'en 2012. Pourfendeur de la fraude fiscale quand il était ministre, il a été contraint à la démission en mars 2013.

Il a expliqué aux juges en première instance s'être retrouvé pris dans une «mécanique» après l'ouverture en 1992 d'un compte en Suisse destiné, selon lui, à financer une éventuelle campagne présidentielle du socialiste Michel Rocard, décédé en 2016. Une explication balayée par le tribunal.

Fuite en avant

Il a dit avoir ensuite été pris dans une «fuite en avant»: l'ouverture d'un autre compte en Suisse, à son nom, toujours à l'UBS, transféré à partir de 1998 à Singapour par peur d'être découvert, et des opérations de blanchiment liées, selon lui, à son incapacité à renoncer à un certain train de vie.

Son ex-femme Patricia, qui a dissimulé une partie de ses revenus en Angleterre, sur l'Ile de Man et en Suisse, a été condamnée à deux ans de prison ferme, peine aménageable. Elle n'a d'ailleurs pas fait appel.

En vingt ans, le couple aurait dissimulé un patrimoine supérieur à 3,5 millions d'euros (quatre millions de francs), ce qui constituait le solde, en 2013, de leurs comptes. Selon une source judiciaire, ils ont déjà dû verser environ 2,3 millions d'euros au fisc.

Banque suisse condamnée

La banque genevoise Reyl & Cie, accusée d'avoir «organisé» le transfert à Singapour via des sociétés offshore au Panama et aux Seychelles, a été condamnée à 1,875 million d'euros d'amende. Elle s'est désistée de son appel, de même que son directeur général, François Reyl, condamné à un an de prison avec sursis et 375'000 euros d'amende pour blanchiment.

La seule autre personne à avoir fait appel et à être rejugée avec Jérôme Cahuzac est un ancien avocat genevois. Il a été lui aussi condamné en 2016 à un an de prison avec sursis et 375'000 euros d'amende pour avoir participé au blanchiment.

A la suite du scandale, le plus retentissant du quinquennat de François Hollande, déclenché par les révélations sur ses comptes à l'étranger, Jérôme Cahuzac a été exclu du PS et a renoncé à briguer un mandat de député.

Une onde de choc qui allait favoriser l'instauration de règles éthiques en politique et aboutir à la création d'un parquet national financier, d'une agence anticorruption et à une loi de moralisation de la vie publique.

Le procès est prévu jusqu'au 21 février. (ats/nxp)

Créé: 12.02.2018, 07h36

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