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France Jérôme Cahuzac a utilisé les comptes de sa mère

L'ancien ministre du Budget a évoqué mardi le fait qu'il utilisait sa maman pour financer ses vacances.

Cahuzac n'aurait pas menti à François Hollande

Jérôme Cahuzac a affirmé mardi n'avoir «pas menti au président François Hollande les yeux dans les yeux» lors d'un entretien avec le président français en décembre 2012. L'affaire sur le compte à l'étranger de l'ancien ministre du budget venait d'éclater.

«La question précise, 'as-tu oui ou non un compte à l'étranger ?', on ne me l'a jamais posée. Je n'ai pas menti au président les yeux dans les yeux», a déclaré mardi l'ex-élu socialiste. Jérôme Cahuzac affirme avoir eu deux entretiens avec le président, le premier en tête-à-tête, et le second en présence du Premier ministre Jean-Marc Ayrault le 5 décembre 2012, alors que le site d'informations Mediapart venait de révéler l'existence de son compte à l'étranger.

«Il (le président) me demande: 'Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?' Je réponds: 'C'est rien, c'est des conneries'», a relaté mardi le ministre déchu. M. Cahuzac a encore expliqué que ce mois de décembre fut un cauchemar pour lui.

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Jérôme Cahuzac a expliqué mardi devant la justice à Paris avoir utilisé les comptes de sa mère pour déposer «par facilité» des chèques et financer des vacances. L'ancien ministre français du budget est jugé pour avoir dissimulé au fisc des comptes notamment établis en Suisse.

M. Cahuzac et son ex-femme Patricia Ménard ont démenti avoir mis en place un «système organisé» de fraude familiale. Selon, leurs comptes cachés ont tous servi, à des degrés divers, à des dépenses familiales ou immobilières. Pour lui, le compte de l'Ile de Man, ouvert en 1997 par sa femme à leurs deux noms, était un compte de gestion, et non patrimonial. Il a juré ne pas avoir su l'utilisation qu'en faisait alors sa femme, et l'avoir cru clôturé dès 2003.

Il a aussi répété sa «fuite en avant» lors de l'ouverture d'un premier compte en Suisse en 1992 pour financer le courant politique de feu l'ancien premier ministre français Michel Rocard. Selon lui, le 2e compte en Suisse à son nom, transféré en 2009 à Singapour, n'est que la «suite logique et mécanique», mue en partie par la peur. Et de souligner qu'il n'a déposé des revenus sur son compte suisse qu'à deux reprises, en 2000 et 2001.

Pour financer les vacances

L'ancien pourfendeur de l'évasion fiscale et son ex-épouse Patricia, jugés depuis huit jours, devaient également répondre mardi de l'utilisation des comptes de la mère de l'ancien élu socialiste. L'ancien couple a déposé sur ceux-ci de 2003 à 2010 pour près de 240'000 euros (environ 260'000 francs) de chèques de patients de la clinique d'implants capillaires que le couple Cahuzac tenait alors.

Cet argent servait aux «dépenses familiales», ont-ils déclaré devant le tribunal à Paris. La mère signait des chèques pour financer des vacances dans les mers du Sud, en Corse ou encore dans un hôtel de luxe à la Baule, sur la côte atlantique, le tout pour 140'000 francs.

La question de la remise de ces chèques est cruciale: l'ancien ministre assure avoir arrêté toute fraude après son élection à la présidence de la commission des finances de l'Assemblée nationale, en février 2010. Or un chèque a été encaissé le 3 novembre 2010.

Réponse du principal intéressé: «En 2010, j'ai tout arrêté. Je n'ai jamais versé un nouveau chèque», a-t-il déclaré mardi à la barre.

«Une habitude»

En 2002, Jérôme Cahuzac avait perdu son siège de député et s'était consacré à sa municipalité de Villeneuve-sur-Lot, délaissant la chirurgie esthétique. «Mes revenus s'en ressentaient alors très fortement. J'étais déjà souvent absent physiquement, psychologiquement. En 2003, je ne pouvais pas financer les vacances», a-t-il avoué mardi à la barre.

«Je n'ai pas su concilier les deux impératifs (vie professionnelle et vie familiale) ou en sacrifier un. Utiliser les comptes de ma mère, c'était le signe de cet échec», a analysé l'ancien élu.

Les années suivantes, les mêmes opérations se répètent sur les comptes de Thérèse Cahuzac, la maman. «Ce que je pensais être une facilité en 2003 est devenue une habitude», a reconnu l'ex-ministre. De cette nouvelle transgression, il n'a «jamais discuté» avec sa mère. «Dès lors que je lui demandais cela comme un service, elle le faisait parce que je suis son fils. Elle ne posait pas de question».

Les ex-époux Cahuzac, jugés avec leurs anciens conseillers, encourent jusqu'à 7 ans de prison et un million d'euros d'amende. (afp/nxp)

Créé: 13.09.2016, 11h46

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