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Procès Jérôme Cahuzac fixé sur son sort le 8 décembre

L'ancien ministre français du budget est jugé depuis dix jours à Paris pour fraude fiscale, blanchiment et fausse déclaration de patrimoine.

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Le tribunal correctionnel de Paris se prononcera le 8 décembre prochain sur le sort de Jérôme Cahuzac. L'ancien ministre français du budget est jugé depuis dix jours à Paris pour fraude fiscale, blanchiment et fausse déclaration de patrimoine.

A l'issue de deux semaines de procès sur le plus retentissant scandale du mandat présidentiel de François Hollande, le parquet a requis de la prison ferme contre M. Cahuzac et son ex-épouse Patricia. Evoquant «une vie familiale enracinée dans la fraude», l'accusation a réclamé une peine de trois ans ferme contre l'ancien ministre et deux ans contre son ex-épouse dermatologue.

Au fil des jours, sur la piste de l'argent, les Cahuzac ont dû révéler leurs secrets bancaires: des comptes en Suisse, à l'île de Man... Des montages sophistiqués pour mieux dissimuler les avoirs quand le député est promis à un avenir politique plus élevé, et des chèques blanchis sur les comptes de la mère du chirurgien.

Spirale infernale

Jeudi, leurs défenseurs ont tenté d'expliquer la «spirale infernale» dans laquelle s'est enfoncé le couple. Ceux de Jérôme Cahuzac ont défendu l'«hypothèse d'un trésor» visant à financer des campagnes politiques, qui explique la faute originelle de l'ouverture d'un premier compte en Suisse en 1992. Ils se sont ensuite attachés à dresser le portrait d'un homme enferré dans la dénégation «pour protéger» ceux qui lui avaient fait confiance: les électeurs, sa famille politique, le président Hollande.

Son avocat et ami Jean-Alain Michel a parlé de «l'autre Jérôme Cahuzac», le jeune médecin qui a «peut-être sauvé des milliers de vies» en bataillant à son poste de député pour la sécurité sociale. Quel sens aurait la prison pour cet homme, qui ne représente aucun danger pour la société, et qui a déjà payé? C'est déjà «un banni», a souligné l'avocat Jean Veil.

L'avocat de Patricia Cahuzac a quant à lui décrit une femme blessée qui a basculé dans la fraude «au fil de l'eau», «sans intention de se cacher du fisc», par amour ou par dépit, glissant dans une «spirale» infernale. «J'ai extrêmement honte d'avoir fait cela», avait-elle lâché à la fin du procès.

A eux deux, les Cahuzac ont subi un redressement fiscal majoré d'environ 2,5 millions d'euros (2,7 millions de francs). Le jugement sera rendu le 8 décembre. (ats/afp/nxp)

Créé: 15.09.2016, 16h10

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