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Justice Karadzic dit être «un homme doux et tolérant»

«Je ne devrais pas être accusé, je devrais être récompensé pour toutes les bonnes actions que j'ai faites: j'ai fait tout ce qui était humainement possible pour éviter la guerre et réduire la souffrance humaine».

Radovan Karadzic en 2011.

Radovan Karadzic en 2011. Image: AFP

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Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, a affirmé mardi devant les juges du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, où il est poursuivi notamment pour génocide, avoir fait tout son possible pour "éviter la guerre".

"Personne n'a pensé qu'il y aurait un génocide en Bosnie", a-t-il déclaré à La Haye, où siège le TPIY, ajoutant, sous les regards incrédules de mères de victimes et de survivants présents, être un homme "doux, tolérant, avec une grande capacité à comprendre les autres".

Radovan Karadzic, 67 ans, est poursuivi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie, entre 1992 et 1995, au cours de laquelle 100'000 personnes sont décédées.

Il doit notamment répondre du massacre de près de 8000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, en juillet 1995, le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon l'acte d'accusation, il a tenté de "chasser à jamais les Musulmans et Croates de Bosnie des territoires revendiqués par les Serbes de Bosnie".

300 heures pour se défendre

Chevelure grise en bataille et le front barré d'une mèche indomptable, Radovan Karadzic, vêtu d'un costume bleu marine et d'une cravate rayée bleue et blanche, a ajouté avoir été "strict" avec lui-même "et les autres pour mettre en place les pouvoirs démocratiques".

Pour se défendre, Radovan Karadzic dispose de 300 heures allouées par les juges, un temps identique a celui qui avait été donné à l'accusation, et compte appeler 300 témoins.

Radovan Karadzic, psychiatre de formation, avait été arrêté en juillet 2008 à Belgrade, où il vivait sous un faux nom et pratiquait la médecine alternative, après s'être caché pendant treize ans.

Son procès s'était ouvert en octobre 2009 et la présentation des éléments à charge avait eu lieu entre avril 2010 et mai 2012.

Des membres de l'association des "Mères de Srebrenica", ainsi que des survivants des camps de concentration installés à proximité de Prijedor, une ville du nord-ouest de la Bosnie, étaient présents à La Haye et jetaient à Radovan Karadzic des regards incrédules pendant sa déclaration.

Représenter les personnes qui ont souffert

Fikret Alic, dont la photo prise il y a 20 ans, le 5 août 1992, où apparaît une silhouette émaciée derrière les fils barbelés, avait fait le tour du monde et révélé l'existence de ces camps au coeur de l'Europe, explique être venu à La Haye "pas uniquement pour Radovan Karadzic mais pour représenter toutes les personnes qui ont souffert de ses actions".

Les associations de victimes sont en colère, après la décision en juin des juges du TPIY d'acquitter Radovan Karadzic des charges de génocide dans des municipalités de Bosnie entre mars et décembre 1992.

"Après 20 ans, je me sens triste parce que nous devons encore nous battre pour que soit reconnu ce qu'il s'est passé, pour pouvoir empêcher que cela recommence", a ajouté cet homme aujourd'hui bien bâti au regard malicieux mais marqué par les souffrances vécues dans les camps.

Après sa déclaration, Radovan Karadzic appellera son premier témoin, Andreï Demurenko, un colonel russe de la force de l'ONU qui était le chef d'état-major en 1995 pour le secteur de Sarajevo, assiégée par les forces serbes de 1992 à 1995.

Le président grec Carolos Papoulias, ministre des Affaires étrangères de son pays de 1993 à 1996, figure également sur la liste des témoins et pourrait témoigner en mars 2013.

Le TPIY, qui siège à La Haye, a ouvert mardi également son dernier procès, contre Goran Hadzic, l'ancien responsable des Serbes de Croatie pendant la guerre de Croatie (1991-1995).

L'alter-ego militaire de M. Karadzic, Ratko Mladic, 70 ans, comparaît également devant le TPIY pour avoir, selon l'accusation, tué, violé, torturé et détenu des milliers de musulmans et Croates dans plusieurs municipalités de Bosnie et pour le massacre de Srebrenica. (afp/nxp)

Créé: 16.10.2012, 10h09


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