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Serbie Karadzic plaide sa libération sous caution

Condamné fin mars à quarante ans de détention pour génocide, l'ancien politicien a exhorté les juges vendredi à le libérer jusqu'à son procès en appel.

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Dans sa motion pour obtenir sa libération provisoire adressée au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Radovan Karadzic souhaite être autorisé à vivre en République serbe de Bosnie, l'entité serbe de la Bosnie-Herzégovine, pendant tout ce temps. L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie déclare avoir peur de mourir dans la prison spéciale de l'ONU où il est détenu.

Radovan Karadzic s'est dit victime d'une condamnation «monstrueuse» le 6 avril dernier à l'occasion de sa première apparition publique depuis qu'elle a été prononcée. Il avait alors révélé que le 24 mars, le jour du jugement, il était si convaincu qu'il serait libéré qu'il avait déjà fait ses valises.

Radovan Karadzic avait notamment été reconnu coupable de génocide pour le massacre de près de 8000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica en juillet 1995, le pire massacre à avoir été commis en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Jusqu'au 22 juin pour faire appel

Dans sa motion, il garantit personnellement qu'il reviendra pour le procès en appel ou dès que le tribunal le lui ordonnera. Il déclare avoir peur de mourir dans la prison spéciale de l'ONU où il est détenu, située dans le quartier de Scheveningen, le long de la mer à La Haye.

«J'ai vu mes codétenus mourir pendant que j'étais en détention», écrit-il dans sa requête. Parmi eux se trouve l'ancien président serbe Slobodan Milosevic, mort en 2006 au cours de son procès.

Selon lui, le nombre important des décès est dû aux conditions de détention dans la prison ou à la «toxicité dans cet environnement (qui) pourrait me tuer aussi».

Reconnaissable à sa mèche indomptable, Radovan Karadzic a été le fugitif le plus recherché du continent européen jusqu'à son arrestation dans un bus à Belgrade en 2008.

Aujourd'hui âgé de 70 ans, il avait échappé à la justice internationale pendant près de 13 ans, se cachant sous les traits d'un spécialiste de médecine alternative, arborant une barbe blanche nourrie.

L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie assure toutefois vendredi qu'il a «totalement coopéré» avec le tribunal depuis qu'il est en détention et qu'il ne présente aucun risque de fuite.

Il a longtemps clamé son innocence, répétant qu'il était «très motivé à rectifier l'injustice dont il avait fait l'objet».

Radovan Karadzic, qui s'est représenté lui-même tout au long du procès avec l'aide d'un avocat, a jusqu'au 22 juin pour faire officiellement appel du premier jugement. (ats/nxp)

Créé: 22.04.2016, 19h01

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