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Tour de vis L’Italie essaye de contrôler l'afflux de touristes

Pour mette le holà au tourisme de masse destructeur, la Péninsule introduit le numerus clausus dans certaines régions comme la Ligurie et la Vénétie.

Que ce soit à Venise (photo) ou dans les Cinque Terre, l’afflux de touristes inquiète les autorités.

Que ce soit à Venise (photo) ou dans les Cinque Terre, l’afflux de touristes inquiète les autorités. Image: Getty Images

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Trop de touristes, trop de bazar, trop de tout. Face aux invasions, parfois barbares, de hordes de touristes, l’Italie introduit en de nombreux endroits une forme de contingentement. Appliqué à certaines disciplines universitaires, le système a fait ses preuves. Alors, pourquoi ne pas l’introduire pour protéger certaines régions chères au cœur des visiteurs comme la Toscane, la Vénétie et le Latium? C’est ce que défend l’atypique ministre de la Culture, Dario Franceschini, fervent supporteur du système testé dans les Cinque Terre (Ligurie), cinq villages de pêcheurs classés au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Pour pouvoir entrer dans le parc et arpenter une partie des cent kilomètres de sentiers ombragés par une végétation luxuriante, les touristes devront montrer patte blanche. C’est-à-dire prouver qu’ils ont acheté une carte leur donnant accès à ce petit paradis. Le système permettra aux autorités régionales de compter le nombre de visiteurs et d’en limiter le flux.

En parallèle, la région lance une application pour smartphone, la «Cinqueterre Hiking». Celle-ci informera en temps réel les touristes sur les «embouteillages» le long de certains sentiers et proposera des parcours alternatifs. Enfin, des compteurs de personnes reliés à une centrale indiqueront s’il est utile de bloquer les touristes afin d’éviter les attroupements, expliquent les auteurs du système de défense des Cinque Terre. «Il s’agit d’une décision inévitable. Les cinq perles de la Ligurie doivent être défendues et puis il faut aussi réglementer les flux pour éviter des situations désagréables à cause du trop-plein de visiteurs», estime Vittorio Alessandro, président du parc national. Ce que ce contre-amiral en retraite ne dit pas à voix haute, c’est que ces mesures ne visent pas uniquement à améliorer la sécurité des touristes mais aussi, et surtout, à préserver la beauté du site.

Ras-le-bol à Venise

En de nombreux endroits d’Italie, les invasions touristiques ont été porteuses de destruction, ce que les responsables régionaux et culturels entendent désormais éviter à tout prix. À Venise, l’idée du numerus clausus est aussi depuis plusieurs mois à l’étude. Les débarquements de touristes «peu respectueux de l’environnement et des trésors de la Cité des Doges» ont suscité un véritable ras-le-bol parmi la population, précise l’entourage de Luca Zaia, gouverneur de la région et membre de la Ligue du Nord. Aujourd’hui, une partie des Vénitiens soutient le projet d’un numerus clausus, notamment sur la place Saint-Marc. La tendance est identique à Rome, où les baignades en très petite tenue de certains visiteurs dans la fontaine de Trevi pour imiter Anita Ekberg et Marcello Mastroianni dans le film «La dolce vita» de Federico Fellini ne font plus rire les autorités. (Le Matin)

Créé: 22.05.2017, 07h31


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