Samedi 4 juillet 2020 | Dernière mise à jour 19:05

Covid-19 L'OMS prévient que la pandémie «s'accélère»

«Le pire est à venir», a prévenu directeur général de l’OMS, constatant entre autres que l’épidémie continue de faire des ravages aux États-Unis et semble redémarrer en Chine.

Plus d’un demi-million de personnes sont mortes du coronavirus dans le monde. (Photo Hussein FALEH / AFP)

Plus d’un demi-million de personnes sont mortes du coronavirus dans le monde. (Photo Hussein FALEH / AFP) Image: AFP

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La pandémie de Covid-19, qui vient de franchir deux seuils symboliques —plus d’un demi-million de morts et dix millions de cas— «est loin d’être finie» et «s’accélère» même, a averti lundi l'Organisation mondiale de la santé, appelant le monde à se mobiliser sans attendre un vaccin.

«Nous voulons tous que tout cela se termine. Nous voulons tous reprendre nos vies. Mais la dure réalité est que c’est loin d’être fini», a mis en garde le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. La pandémie «s’accélère» actuellement, a-t-il relevé.

Le virus continue de faire des ravages aux États-Unis et semble redémarrer en Chine, et dans un «monde divisé» et face à «un manque d’unité nationale et de solidarité mondiale (…) le pire est à venir».

L’OMS va envoyer «la semaine prochaine» une équipe en Chine, où ce coronavirus est apparu en décembre, pour déterminer son origine. «Nous espérons que cela nous permettra de comprendre comment le virus a commencé et ce que nous pouvons faire à l’avenir pour nous préparer», a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Il a appelé gouvernements et citoyens à mettre en place des «solutions simples» afin de «sauver des vies maintenant»: «tester, tracer, isoler, et mettre en quarantaine les cas».

Déconfinement en pause

Selon un comptage effectué par l’AFP à partir de sources officielles, mais que les experts pensent largement sous-estimé, 502'599 décès et 10'208'540 cas étaient officiellement recensés lundi à 19h00 GMT.

Le nombre des décès répertoriés dans le monde a doublé en un peu moins de deux mois (250'000 le 5 mai) et 50.000 décès supplémentaires ont été enregistrés ces dix derniers jours.

L’Europe est le continent ayant le plus de décès (196'428 pour 2'660'794 cas), suivie par la zone États-Unis/Canada (134'538, 2'667'981), l'Amérique latine et les Caraïbes (112'321, 2'491'030), l’Asie (33'689, 1'251'153), le Moyen-Orient (15'819, 743'172), l’Afrique (9671, 385'166) et l’Océanie (133, 9244).

Les États-Unis sont le pays le plus touché, tant en nombre de décès (126'123) que de cas (2'587'154). Bien que le nombre de décès quotidiens ait légèrement diminué en juin par rapport au mois précédent, la contagion progresse dans 30 des 50 États notamment dans les plus grands et les plus peuplés (Californie, Texas, Floride).

Certains ont dû faire une pause dans le processus de déconfinement. Ainsi, le gouverneur de Californie a ordonné dimanche la fermeture des bars de Los Angeles et de six autres comtés après un rebond des cas. Cette mesure concerne potentiellement 13,5 millions d’habitants.

Le comté de Los Angeles, principal foyer de Covid-19 en Californie, a annoncé lundi qu’il fermerait temporairement ses plages le week-end prochain, férié aux États-Unis, pour endiguer un regain de contamination.

De plus en plus de voix, notamment parmi les républicains et en particulier le puissant chef du Sénat Mitch McConnell, s’élèvent pour que le président Donald Trump, qui n’est jamais apparu masqué en public, le fasse afin de donner l’exemple.

L’incertitude pèse sur l’économie, à quelques mois de l’élection présidentielle: le patron de la Banque centrale américaine Jerome Powell a jugé le rythme de la reprise actuelle «extrêmement incertain» en raison du virus.

Plan «rooseveltien»

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé lundi soir le durcissement du confinement à Leicester en raison d’une flambée de cas dans cette ville du centre de l’Angleterre, la première à se voir imposer des restrictions locales.

Le Premier ministre Boris Johnson doit annoncer mardi cinq milliards de livres (5,4 milliards d'euros) d’investissements dans des projets d’infrastructures, s’inspirant du «New Deal» du président américain Franklin D. Roosevelt dans les années 1930.

«Nous allons construire, construire, construire. Reconstruire en mieux, reconstruire en plus vert, reconstruire plus rapidement», doit-il dire à Dudley (centre), selon des extraits de son discours diffusés par ses services.

Le retour à la normale dans de nombreux pays ne compense pas l’impact de la pandémie sur les activités économiques.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont pressé lundi lors de leur rencontre les pays européens, en particulier les «frugaux», à parvenir dès le sommet européen de juillet à un accord sur la relance de l'Union européenne.

«Nous sommes confrontés à des défis économiques que nous n’avons jamais connus depuis des décennies, et sans doute dans toute l’histoire», a lancé la chancelière, à l’aube d’une présidence allemande de l’UE qui s’annonce décisive.

«Nous espérons que nous allons trouver une solution» dès le conseil européen des 17 et 18 juillet, qui portera sur l’adoption du plan de relance de 750 milliards d'euros proposé par la Commission européenne, «même si le chemin est encore long», a-t-elle fait valoir.

«Je porte un masque»

Berceau de la pandémie à Wuhan, dans le centre du pays, la Chine croyait en avoir fini avec le virus mais il a refait son apparition mi-juin à Pékin, au point que les autorités ont fermé des écoles et placé en confinement plusieurs milliers de personnes.

Selon le Premier ministre canadien Justin Trudeau, son pays se prépare pour une seconde vague «qui pourrait frapper très fort». Le Québec compte plus de la moitié des 103'000 cas de coronavirus et des 8600 décès au pays.

En revanche, la Corée du Sud poursuit son retour à la normale. Elle a réussi à maîtriser la situation grâce à une stratégie très poussée de tests et de traçage des contacts des personnes infectées, sans même imposer de confinement.

Ailleurs dans le monde, la situation est contrastée.

Masque obligatoire dans certains lieux publics et feu vert au rétablissement de mesures restrictives: le gouvernement iranien a décrété la remobilisation. Il a annoncé lundi 162 morts supplémentaires en 24 heures, bilan quotidien le plus élevé depuis le début de l’épidémie en février.

«Je porte un masque»: en dépit d’une campagne de santé publique pour inciter les Iraniens à sortir couverts, seulement «50% des passagers du métro portent des masques» et «encore moins dans les bus», a déploré le maire de Téhéran Pirouz Hanachi.

En Amérique Latine, le pays le plus lourdement touché est le Brésil, qui comptait lundi 58'314 morts sur 1'368'195 cas confirmés, selon les autorités. (afp/nxp)

Créé: 30.06.2020, 04h51

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