Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 08:45

Violences L'ONU sur les lieux du massacre en Syrie

Les observateurs de l'ONU sont finalement arrivés vendredi sur les lieux du massacre d'Al-Koubeir en Syrie, où l'escalade de la violence a poussé les Occidentaux à oeuvrer pour des sanctions aux Nations unies contre le régime de Bachar al-Assad.

Des milliers de Syriens manifestent à travers le pays contre Bachar al-Assad.

Des milliers de Syriens manifestent à travers le pays contre Bachar al-Assad. Image: ap

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Les observateurs de l'ONU sont arrivés sur les lieux du dernier massacre et dans le même temps, des milliers de Syriens ont manifesté à travers le pays contre Bachar al-Assad, tout en exprimant leur exaspération à l'égard de la communauté internationale, impuissante à faire cesser les violences qui ensanglantent le pays depuis le début de la révolte en mars 2011.

Mercredi, 55 personnes dont des femmes et des enfants ont été tuées à Al-Koubeir, un hameau de la province de Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui, avec l'opposition syrienne, a imputé ce massacre aux «chabbihas», les milices pro-régime.

Mais les autorités de Damas ont démenti qu'un tel massacre ait eu lieu, affirmant qu'il y avait seulement neuf victimes, tuées par des «groupes terroristes», appellation officielle pour désigner rebelles et opposants.

Dans l'après-midi, les observateurs de l'ONU «se sont rendus au village (voisin) de Maarzaf où les victimes ont été enterrées, puis à Al-Koubeir», a dit un militant à Hama, Abdel Karim al-Hamoui. «Des soldats ont intimé l'ordre aux habitants de ne pas parler aux observateurs sous peine de représailles».

Deux habitations ravagées

A New York, l'ONU a confirmé leur arrivée «pour enquêter sur place» mais souligné qu'aucun détail ne serait donné avant «le retour des équipes à leur base». Paul Danahar, un journaliste de la BBC accompagnant le convoi de l'ONU, a raconté sur Twitter y avoir vu deux habitations ravagées par le feu, sans aucun signe de vie.

«L'odeur nauséabonde de chair brûlée y est toujours très forte». «Il y a beaucoup de sang dans l'une des pièces et des morceaux de chair sont visibles parmi les affaires éparpillées. Même le bétail a été tué et les carcasses pourrissent au soleil», a-t-il dit.

Des militants ont aussi assuré à Paul Danahar que les dépouilles avaient été évacuées par les forces régulières jeudi, au moment où, selon l'ONU, des barrages de l'armée et des «tirs à l'arme légère» empêchaient les observateurs de parvenir au village.

Après ce massacre, le patron de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que Assad avait «perdu toute légitimité» et déploré que des armes lourdes, des balles perforantes et des drones aient été utilisés contre les observateurs depuis le début de leur mission à la mi-avril.

Menace de sanctions

Avant Al-Koubeir, 108 personnes avaient été massacrées le 25 mai à Houla (centre). Les autorités avaient aussi nié toute implication mais un responsable de l'ONU avait dit que des soupçons pesaient sur les partisans du régime.

Face à l'escalade, Washington, Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité incluant une menace de sanctions contre le régime, selon des diplomates. Mais cette résolution risque fortement d'être bloquée comme dans le passé par Pékin et Moscou, alliés de Bachar al-Assad.

«Il y aura une initiative dans les jours prochains pour parvenir à un vote qui inclurait (...) des sanctions», a dit un diplomate. «Nous espérons que les Russes ne s'y opposeront pas et les Chinois sont assez ouverts», a estimé un autre. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé des sanctions unilatérales à Damas. Dans ce contexte, l'émissaire international Kofi Annan a répété sa demande d'accroître la pression sur le gouvernement syrien pour que son plan de paix soit mis en oeuvre, à l'occasion d'une rencontre avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton à Washington.

Risque de guerre civile

Dans un nouvel effort de trouver une issue au conflit qui risque de dégénérer en guerre civile, des discussions sont en cours pour mettre en place un nouveau groupe de contact international, qui inclura des pays ayant une influence sur le régime et sur l'opposition.

Dans le même temps, les opérations de répression et les combats entre soldats et rebelles qui se sont intensifiés dans la capitale, ont encore fait 26 morts vendredi à travers le pays, en majorité des civils, selon l'OSDH.

Et l'armée a tiré pour disperser les milliers de manifestants qui ont défilé dans de nombreuses villes, faisant plusieurs blessés dans les provinces de Hama, Deir Ezzor et Bou-Kamal (est), selon la même source. Des rassemblements ont eu lieu à Damas, malgré des mesures de sécurité draconiennes.

Pour ce vendredi, le slogan des militants anti-régime était «Révolutionnaires et commerçants, main dans la main jusqu'à la victoire», une apparente tentative de convaincre les hommes d'affaires et la bourgeoisie encore peu mobilisés de se joindre à la contestation.

Près de 14'000 personnes massacrées

«Nous ne voulons plus de (révolte) pacifique! Nous avons des balles et des kalachnikovs!» ont crié les manifestants à Kafar Zita, dans la province de Hama, tandis qu'une pancarte dénonçait: «Réunions, décisions, initiatives, et le peuple syrien est encore massacré».

Plus de 13'400 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées en près de 15 mois de révolte réprimée dans le sang, selon l'OSDH.

Samedi et dimanche, le Conseil national syrien (CNS) doit se réunir à Istanbul pour se doter d'un nouveau président qui succèdera à Burhan Ghalioun avec pour mission d'apporter plus d'unité et d'efficacité à cette grande coalition de l'opposition. (afp/nxp)

Créé: 08.06.2012, 21h18

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