Lundi 20 novembre 2017 | Dernière mise à jour 02:55

Chine L'avocat dissident Xie Yang libéré sous caution

Le procès de l'avocat chinois avait lieu cette semaine. Il avait plaidé coupable lundi «d'incitation à la subversion».

La femme de Xie Yang rencontre un diplomate avec d'autres femmes d'avocats défenseurs des droits humains emprisonnés.

La femme de Xie Yang rencontre un diplomate avec d'autres femmes d'avocats défenseurs des droits humains emprisonnés. Image: AFP

Fuite de son épouse aux Etats-Unis

L'épouse de l'avocat a raconté sa fuite rocambolesque de Chine jusqu'aux Etats-Unis.
C'est à pied que Chen Guiqiu a entamé son périple en début d'année depuis la province du Hunan, dans le centre de la Chine. Mme Chen n'hésitait pas à militer publiquement en Chine pour la libération de son époux. Ce qui lui a valu des ennuis: les autorités l'ont interrogée à plusieurs reprises, harcelé sa famille et menacé de lui faire perdre son emploi de professeur d'université en génie de l'environnement, dit-elle. Alors à la mi-février, elle et ses deux filles de quatre et 15 ans prennent le chemin de l'exil.

Le long de la route, effectuée à pied et en voiture à travers quatre pays, plusieurs soutiens les accompagnent jusqu'à leur destination thaïlandaise: une maison réputée sûre à Bangkok.
Cependant le trio, entré en Thaïlande sans visa, est rattrapé par la justice locale, qui lui ordonne de quitter le pays. Mme Chen n'est pas inquiète: elle dit détenir les documents l'autorisant à rejoindre les Etats-Unis, où est née sa deuxième fille.
Mais des agents chinois, raconte-t-elle, font irruption dans le centre de détention où elle est retenue avec sa famille en attente d'expulsion.
C'est là que des diplomates américains interviennent. Ils convainquent les autorités thaïlandaises de laisser la femme et ses deux filles quitter discrètement l'établissement.
Une course-poursuite s'engage alors avec les fonctionnaires chinois, suivie d'une violente altercation entre les représentants des trois pays à l'aéroport de Bangkok.
Mme Chen ne souhaite pas révéler les suites de la dispute à l'aéroport, «trop sensibles diplomatiquement», mais confirme être arrivée au Texas le 17 mars.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L'avocat chinois Xie Yang, défenseur des droits de l'homme dont le procès pour «subversion» s'est tenu en début de semaine, a été libéré sous caution, a annoncé mercredi l'organisation Amnesty International.

M. Xie a travaillé sur plusieurs affaires jugées sensibles par le Parti communiste au pouvoir. Il a notamment défendu des militants qui ont soutenu les manifestations prodémocratie de 2014 à Hong Kong. Il a ensuite fait partie de quelque 200 professionnels du droit interpellés en Chine à l'été 2015.

Torturé par la police

Son sort suscite l'intérêt de l'Union européenne et de pays occidentaux depuis qu'il a déclaré avoir été torturé par la police: privations de sommeil, longs interrogatoires, passages à tabac ou encore menaces de mort.

Lors de son procès lundi au Tribunal populaire intermédiaire de Changsha, dans la province chinoise du Hunan (centre), Xie Yang avait plaidé coupable «d'incitation à la subversion» et de «perturbation d'une salle d'audience».

«L'avocat des droits de l'homme (Xie Yang) a été libéré sous caution», a annoncé mercredi soir Amnesty International dans un communiqué.

Pas de confirmation

Aucun verdict officiel n'a cependant été rendu public jusqu'à présent. Par ailleurs, ni sa femme ni ses avocats n'ont encore confirmé sa libération à l'AFP.

«Que Xie Yang ne soit plus en détention est un soulagement, mais cela ne diminue en rien le fait qu'il n'aurait jamais dû être arrêté», a souligné Patrick Poon, chercheur sur la Chine pour Amnesty International et cité dans le communiqué.

«En liberté sous caution, Xie Yang devra certainement subir une surveillance constante et d'importantes restrictions à sa liberté de circulation, comme nous l'avons observé dans d'autres cas de ce genre», estime M. Poon.

L'épouse de Xie Yang a affirmé à l'AFP se trouver actuellement aux Etats-Unis avec ses deux filles et y effectuer une demande d'asile. (afp/nxp)

Créé: 10.05.2017, 16h21


Sondage

Faut-il lever l’interdiction d’adopter faite aux homosexuels?




S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.