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Affaire L’employé arrêté à Genève ne serait pas la source des Panama Papers

L’informaticien de Mossack Fonseca en détention provisoire depuis quinze jours serait seulement un copycat.

Panama City est au centre du scandale révélé par la plus grande fuite de données de tous les temps. La quasi-totalité des archives et données informatiques de Mossack Fonseca, un prestataire de service offshore, a été livrée à la SuddeutscheZeigung

Panama City est au centre du scandale révélé par la plus grande fuite de données de tous les temps. La quasi-totalité des archives et données informatiques de Mossack Fonseca, un prestataire de service offshore, a été livrée à la SuddeutscheZeigung Image: Keystone

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L’employé de Mossack Fonseca arrêté il y a deux semaines pour soustraction de données depuis la filiale genevoise de la société de domiciliation au coeur du scandale des Panama Papers est visiblement un copycat. Il se serait inspiré de «John Doe», la source de la «Süddeutsche Zeitung», à l’origine des révélations dans une centaine de médias, dont les journaux du groupe Tamedia, dont «Le Matin» fait partie.

Selon plusieurs sources concordantes, les données ayant transité par les machines auxquelles l’informaticien avait tous les accès auraient été soustraites bien après le 3 avril dernier, date des premières révélations des Panama Papers. Ce serait notamment l’un des constats préliminaires de l’équipe de forensique informatique de la police cantonale genevoise travaillant sur le matériel saisi dans les locaux de Mossack Fonseca Genève, ainsi qu’au domicile de l’employé.

Ces éléments corroborent les déclarations de la «Süddeutsche Zeitung», qui assure que John Doe ne peut pas être la personne arrêtée.

C’est un audit mené par une société externe au siège de Mossack Fonseca à Panama City qui a identifié des transferts de données suspects sur la machine de l’informaticien en Suisse. La filiale genevoise, qui compte une vingtaine de collaborateurs, a ensuite déposé une plainte pénale contre l’un de ses employés.

L’arrestation de ce dernier, révélée mercredi par «Le Temps», est survenue dans la nuit du 31 mai au 1er juin. Deux jours plus tard, le tribunal de mesures de contraintes a semble-t-il jugé les éléments à charge suffisamment probants pour maintenir l’informaticien en détention provisoire. «L’enquête porte sur un soupçon de vol de données informatiques», indique sans davantage de précisions Henri Della Casa, porte-parole du Pouvoir judicaire genevois.

Contacté, les avocats de l’informaticien, Thomas Barth et Romain Jordan, répètent que leur client «conteste avec force toutes les charges qui lui sont reprochées». Avant d’ajouter: «Il est tombé des nues, comme ses collègues d’ailleurs, lorsqu’il a appris les griefs portés à son encontre.»

Thierry Ulmann, l’avocat de Mossack Fonseca, n’excut pas non plus que l’informaticien soit finalement innocent: «Nous n’affirmons pas que c’est lui, mais nous sommes certains qu’il y a eu un problème avec l’utilisation de ses ordinateurs.»

L’affaire Falciani a certes marqué les esprits: une procureure fédérale avait relâché l’ancien informaticien de HSBC et ce dernier avait préféré fuir en France plutôt que de se représenter le lendemain, avec les conséquence que l’on sait. Il n’empêche que le maintien en détention provisoire sur une durée aussi longue ne saurait reposer sur rien. (Le Matin)

Créé: 16.06.2016, 18h28

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