Mercredi 22 janvier 2020 | Dernière mise à jour 08:30

High-Tech La Russie teste son internet «souverain»

Moscou cherche à protéger le «segment russe» de l'internet en cas de déconnexion des grands serveurs mondiaux situés en Europe et aux États-Unis.

Les autorités russes insistent qu'il ne s'agit pas de se donner les moyens d'une censure généralisée.

Les autorités russes insistent qu'il ne s'agit pas de se donner les moyens d'une censure généralisée. Image: Jordan Harrison/Unsplash

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Russie teste lundi des équipements devant lui permettre d'isoler son internet des serveurs mondiaux et garantir son fonctionnement en cas de cyberguerre mondiale, dans le cadre d'une loi controversée entrée en vigueur début novembre.

Il s'agit notamment de tester, dans des polygones spécialisés, les mécanismes de réaction à des «menaces» au fonctionnement stable et sécurisé de l'internet en Russie, selon le Ministère russe des communications, cité par l'agence publique RIA Novosti. Les utilisateurs du net ordinaires «ne vont même pas remarquer que ces tests sont en cours», a assuré le porte-parole du ministère, Evgueni Novikov, cité par l'agence.

Selon le Kremlin, cette loi est censée protéger le «segment russe» de l'internet en cas de déconnexion des grands serveurs mondiaux situés en Europe et aux États-Unis. Le but est notamment de permettre aux services de l'État et au réseau bancaire russe de fonctionner même en cas de guerre ou de cyberattaques massives. Concrètement, le trafic internet sera réorganisé de manière à réduire la quantité de données transmises via l'étranger.

Analyser le trafic russe

À cette fin, les fournisseurs d'accès devront installer d'ici à 2021, l'année des prochaines législatives en Russie, sur leurs réseaux une infrastructure spéciale fournie par les autorités mais dont la nature n'a pas été révélée.

Cette technologie permettra au gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor, d'effectuer au besoin une «inspection profonde de paquets» (DPI), soit une analyse de tout le trafic qui transite par les serveurs russes et de rediriger ce flux vers des sites ou des services spécifiques.

Roskomnadzor aura également la possibilité de faire basculer le trafic national sous son «contrôle centralisé» en cas de «menace à son intégrité». Concrètement, il pourra bloquer tout site ou contenu directement, une tâche qui incombe actuellement aux opérateurs avec des succès variables.

Pas de censure selon les autorités

Les autorités russes insistent qu'il ne s'agit point d'isoler l'internet russe ou de se donner les moyens d'une censure généralisée.

«L'internet libre et l'internet souverain, ces deux notions ne se contredisent pas», a affirmé le président russe Vladimir Poutine, lors de sa conférence de presse annuelle la semaine dernière.

La loi vise à s'assurer que «nous avons nos ressources qui peuvent être activées pour qu'on ne soit pas coupés de l'internet», a-t-il ajouté. (afp/nxp)

Créé: 23.12.2019, 10h52

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.