Vendredi 15 novembre 2019 | Dernière mise à jour 01:42

Bruxelles Le Parlement européen recale la candidate française

La candidature de l'ex-ministre des Armées Sylvie Goulard ne convainc par le Parlement européen. Un revers pour Macron.

Sylvie Goulard.

Sylvie Goulard. Image: AFP

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La Commission européenne 2019

La Commission européenne 2019 Tour d'horizon de la nouvelle équipe annoncée ce mardi 10 septembre 2019 par l'Allemande Ursula von der Leyen.

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Les députés européens ont infligé jeudi un revers humiliant au président français Emmanuel Macron. Ils ont recalé pour des raisons éthiques sa candidate à la Commission européenne, Sylvie Goulard, sous le coup d'une enquête judiciaire en France.

Emmanuel Macron a rejeté la responsabilité du choix de la candidate française sur la présidente de la nouvelle Commission. «J'ai proposé trois noms à Ursula von der Leyen. Elle m'a dit : '«je veux travailler avec Sylvie Goulard», a-t-il déclaré, ajoutant avoir besoin «d'explications» de sa part.

Le rejet de cette candidature, à une écrasante majorité de 82 voix contre 29 et une abstention, est également un coup sévère pour Ursula von der Leyen.

Elle l'a en effet choisie malgré les mises en garde sur ses problèmes et lui a confié un énorme portefeuille regroupant le Marché intérieur, l'Industrie, la Défense, l'Espace, le Numérique et la Culture, doté de budgets de plusieurs dizaines de milliards d'euros.

«Intégrité des institutions»

«Le Groupe PPE (Parti Populaire européen) prend très au sérieux l'intégrité de nos institutions et nous ne pouvions donc pas la soutenir», a expliqué Esther de Lange, vice-présidente du Groupe PPE (droite), le plus important du Parlement.

«À Paris comme à Bruxelles, l'éthique doit prévaloir en politique, si nous voulons toutes et tous être de nouveau crédibles aux yeux de la population», ont pour leur part déclaré Michèle Rivasi et David Cormand, les co-présidents de la délégation écologiste française au Parlement.

Première

«Je prends acte de la décision du Parlement européen, dans le respect de la démocratie», a écrit Sylvie Goulard dans un message sur son compte Twitter. C'est la première fois qu'un candidat présenté par la France pour un poste de commissaire est recalé par le Parlement européen. Les élus avaient refusé en 2004 le candidat présenté par l'Italie.

Le décision d'Emmanuel Macron de désigner Sylvie Goulard avait surpris, car sa candidate est sous le coup d'une enquête qui l'a conduite à démissionner de son poste de ministre des Armées en juin 2014, un mois après sa nomination, avaient confié plusieurs chefs de partis politiques du Parlement.

Emplois fictifs

Le Parlement européen devait juger si les candidats présentés par les Etats membres ont les compétences requises pour le portefeuille qui leur a été confié par la présidente de la Commission et s'ils offrent toutes les garanties d'intégrité et d'indépendance.

Les élus ont décidé jeudi que Sylvie Goulard n'offrait pas ces garanties à cause des enquêtes menées par la justice française et par l'office anti-fraude de l'UE (Olaf). Ces investigations concernent sa participation à un système d'emplois fictifs présumés pour son ancien parti, le MoDem, et la rémunération d'un assistant parlementaire en France avec les fonds européens accordés aux députés par le Parlement de Strasbourg.

L'Olaf a précisé enquêter aussi sur «d'éventuelles irrégularités concernant les activités que Sylvie Goulard a menées pour l'Institut Berggruen alors qu'elle était députée européenne».

Sylvie Goulard, eurodéputée de 2009 à 2017, n'a pas été en mesure de dire précisément quelles ont été les activités pour lesquelles elle a reçu «plus de 10'000 euros» mensuels d'octobre 2013 à janvier 2016 de l'Institut Berggruen, fondé par le financier germano-américain Nicolas Berggruen.

Troisième candidate recalée

La Française (54 ans) a refusé de retirer sa candidature et le parti libéro-centriste Renew Europe, sa famille politique, a voulu aller jusqu'au vote jeudi.

Elle est la troisième candidate recalée par les députés européens après le conservateur Hongrois Laszlo Trocssanyi (PPE) et la socialiste roumaine Rovana Plumb.

M. Macron doit désormais désigner un nouveau candidat, mais il n'est pas acquis que ce dernier se voit confier le même portefeuille. Les groupes politiques, qui ont jugé que les attributions confiées à Sylvie Goulard était trop nombreuses, plaident pour une redistribution.

Le Parlement européen doit voter l'investiture de la nouvelle commission le 24 octobre. (ats/nxp)

Créé: 10.10.2019, 14h26

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