Vendredi 23 août 2019 | Dernière mise à jour 07:16

Israël Le chef de l'opposition entre au gouvernement Netanyahu

Le Premier ministre et le chef de l'opposition Shaul Mofaz ont scellé un pacte d'union nationale inattendu qui permet d'éviter des élections anticipées.

Benjamin Netanyahu et Shaul Mofaz ont signé un pacte d'union nationale.

Benjamin Netanyahu et Shaul Mofaz ont signé un pacte d'union nationale. Image: ap

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Ce pacte d'union nationale inattendu permet d'éviter des élections anticipées et place le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la tête d'une des majorités les plus larges de l'histoire d'Israël.

"L'union rétablit la stabilité. Un large gouvernement d'union nationale est bon pour la sécurité, l'économie et le peuple d'Israël", a expliqué "Bibi" Netanyahu lors d'une conversation téléphonique avec le président Shimon Pérès, en visite au Canada.

Cette manoeuvre survient au moment où le Premier ministre de droite, à qui certains prêtent l'intention de frapper les installations nucléaires de l'Iran, se heurte aux réticences de chefs de l'armée et d'anciens patrons du renseignement.

Six semaines après s'être emparé de la direction du parti centriste Kadima, Shaul Mofaz a rallié dans la nuit de lundi à mardi la coalition de droite de Benjamin Netanyahu qui, du coup, a renoncé à convoquer des élections législatives anticipées en septembre.

Erreur historique

MM. Mofaz et Netanyahu ont secrètement négocié cet accord alors que la Knesset (Parlement) s'apprêtait à voter sa propre dissolution en vue du scrutin.

"Le fait que Kadima n'ait pas fait partie de la coalition gouvernementale a été une erreur historique. Aujourd'hui nous la corrigeons", a expliqué Shaul Mofaz, qui doit devenir vice-Premier ministre et ministre sans portefeuille, et prêter serment mercredi à la Knesset.

Né en Iran, ce transfuge du Likoud (droite), ancien chef d'état-major et ex-ministre de la Défense, s'est taillé la réputation d'un homme guidé par ses ambitions personnelles plutôt que par l'idéologie.

Ses sympathisants mettent en avant sa riche expérience militaire, sur laquelle Benjamin Netanyahu pourrait s'appuyer face au programme nucléaire iranien, qu'Israël considère comme menaçant son existence même.

"Un des problèmes les plus importants est la question iranienne. Nous en discutons tous les deux depuis longtemps, sans chercher à faire la une, et ces discussions sont sérieuses et responsables", a souligné Benjamin Netanyahu.

"La formation du nouveau gouvernement a plus à voir avec des considérations de politique politiciennes qu'avec l'Iran", a cependant estimé Ilan Greilsammer, professeur de science politique à l'université Bar-Ilan de Tel Aviv.

Relance du processus de paix

"Mofaz est très bas dans les sondages. Quant à Bibi , il est menacé par la frange de droite au sein du Likoud", a-t-il ajouté.

La Maison-Blanche a affirmé que la nouvelle coalition gouvernementale en Israël ne changerait pas son "approche" vis-à-vis de son allié.

"Nous soutenons les intérêts de sécurité d'Israël en coordination avec son armée, nous partageons beaucoup d'informations en matière de renseignement, et nous travaillerons étroitement avec les Israéliens" à l'avenir, a rappelé le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.

L'accord d'union nationale prévoit une relance du processus de paix avec les Palestiniens - les deux alliés ont appelé à "la reprise des négociations" gelées depuis septembre 2010 - et assure le vote du budget de l'Etat pour le prochain exercice fiscal.

Il doit être approuvé dans les prochaines heures par la Knesset et permettra à Benjamin Netanyahu de s'appuyer sur une écrasante majorité de 94 députés sur 120, la troisième plus large de l'histoire du pays.

Shaul Mofaz, qui avait juré qu'il ne rejoindrait jamais le gouvernement du "menteur" Netanyahu, s'est engagé à demeurer au sein de la coalition jusqu'à la fin de la législature en octobre 2013.

Ce coup de théâtre a déclenché la fureur de l'opposition de gauche, archi-minoritaire. La nouvelle dirigeante travailliste Shelly Yachimovich a fustigé "un pacte de lâches" et "le plus ridicule zigzag de l'histoire politique israélienne".

Côté palestinien, le président Mahmoud Abbas a appelé le gouvernement israélien à profiter du ralliement du parti centriste Kadima pour oeuvrer à un accord de paix, tandis que le Hamas, au pouvoir à Gaza, y a vu la fin de tout espoir de reprise des négociations. (afp/nxp)

Créé: 08.05.2012, 19h08