Lundi 18 mars 2019 | Dernière mise à jour 20:56

Crash Les Boeing 737 Max cloués au sol

C'est au tour des Etats-Unis d'interdire de vol le modèle impliqué dans un crash d'Ethiopian Airlines, dimanche.

Image: AFP

Le Brésil suspend tout vol de Boeing 737 MAX 8

Le Brésil a suspendu mercredi tout vol d'avion Boeing 737 MAX 8, a indiqué l'Agence nationale de l'aviation civile. L'Agence a expliqué dans un communiqué que cette suspension concernait également «les compagnies qui ont suspendu de leur propre initiative les vols, comme Gol».

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Donald Trump a fini par céder à la pression en annonçant mercredi que tous les Boeing 737 MAX allaient être cloués au sol, se ralliant au consensus international sur ce nouvel avion du constructeur américain après deux accidents tragiques en moins de cinq mois.

«Nous allons décréter en urgence l'interdiction de tous les vols des 737 MAX 8 et 737 MAX 9», a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche. «La sécurité des Américains, et de tous les passagers, est notre priorité absolue», a-t-il assuré.

Le PDG de Boeing Dennis Muilenburg a réagi, renouvelant sa «confiance totale en la sécurité du 737 MAX» tout en affirmant que la recommandation d'immobiliser temporairement cette flotte d'avions était à l'initiative du constructeur pour rassurer le grand public.

«En toute indépendance»

La décision de clouer au sol les Boeing 737 MAX est justifiée par de nouvelles données satellitaires, collectées, analysées et fournies par le Canada montrant que la trajectoire de l'avion d'Ethiopian qui s'est écrasé dimanche présente des similarités avec celle de Lion Air, accidenté fin octobre, a annoncé la FAA, le régulateur aérien américain.

«J'ai pris cette décision (...) en toute indépendance», a affirmé Dan Elwell, responsable par intérim de la FAA, sur CNBC, assurant qu'il n'avait pas reçu de pression. Washington a annoncé l'interdiction de vol peu après le Canada, qui, jusqu'à mercredi, était le seul pays à accompagner les Américains dans leur refus de suspendre des airs cet aéronef.

Plus tôt, les autorités canadiennes avaient elles-mêmes révélé la collecte de nouvelles informations laissant à penser que la tragédie d'Addis Abeba, qui a fait 157 morts, avait des points communs avec l'accident meurtrier de la compagnie indonésienne qui a tué 189 personnes.

Dysfonctionnement

Les experts ont comparé le profil des deux vols et constaté «des parallèles» dans leurs trajectoires dépassant «un seuil de ressemblance quant aux causes possibles de l'écrasement en Ethiopie», avait expliqué le ministre des Transports Marc Garneau.

L'enquête de l'accident de Lion Air a pour le moment mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l'avion, le «MCAS» (Maneuvering Characteristics Augmentation System). Le MCAS, conçu spécialement pour les 737 MAX pour pallier à des moteurs plus gros et plus lourds que ceux équipant les 737 d'ancienne génération, met l'avion en «piqué», en raison d'une appréciation erronée que l'appareil est en décrochage.

Le Canada a dévoilé ces informations alors que plusieurs pilotes américains ont eux-mêmes rapporté en octobre et novembre, sur une base de données anonyme de la NASA, avoir été confrontés à un dysfonctionnement du MCAS. Ils ont toutefois réussi à éviter un accident car ils avaient été informés et entraînés à faire face à ce potentiel incident.

Boîtes noires décryptées en France

Depuis lundi, les pays et autorités aériennes en Asie, en Europe, au Moyen Orient avaient refusé les uns après les autres l'accès à leurs couloirs aériens au 737 MAX. Tous les yeux sont désormais rivés sur les deux boîtes noires de l'appareil d'Ethiopian, qui seules, peuvent donner l'enchaînement précis des événements.

Retrouvées dès lundi, elles vont être transférées jeudi au Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) français pour y être analysées, à la demande de l'Ethiopie qui ne dispose pas de l'équipement nécessaire à leur lecture.

Le décryptage de ces boîtes contenant les paramètres du vol, pour l'une, et les conversations et alarmes du cockpit, pour l'autre, ainsi que l'interprétation de ces données, demande une grande expertise.

M. Elwell de la FAA a indiqué qu'elles avaient été «endommagées» pendant l'accident, le MAX 8 ayant été pulvérisé à son impact sur le sol. En Ethiopie, des proches des victimes - kényanes, chinoises, américaines et canadiennes - de ce vol qui reliait Addis Abeba à Nairobi, se sont rendus mercredi sur le lieu de l'accident, un champ à 60 km à l'est de la capitale éthiopienne.

Similarités avec la catastrophe de Lion Air

Dans un entretien à CNN, le PDG d'Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, qui a lui aussi relevé les similarités avec la catastrophe de Lion Air, a assuré que les pilotes de l'appareil avaient reçu une nouvelle formation sur les particularités du 737 MAX 8 après l'accident de la compagnie indonésienne.

Comme dans le cas de Lion Air, la chute du Boeing d'Ethiopian Airlines a eu lieu peu de temps après le décollage et les appareils ont connu des montées et des descentes irrégulières juste après avoir décollé.

L'interdiction de vol pour un avion récent est un camouflet inédit dans l'histoire de l'aviation civile. Pourtant, elle ne devrait pas perturber sérieusement le trafic aérien mondial. Quelque 370 appareils de cette famille volent dans le monde aujourd'hui. Environ 19'000 avions d'au moins 100 passagers sont en service au niveau international, tous modèles confondus, selon des données d'Airbus.

Peu après l'annonce de la FAA, les passagers de l'aéroport de Miami, qui devaient voler sur un 737 MAX, attendaient patiemment d'embarquer sur un autre avion. La veille, des clients avaient exhorté sur Twitter à suspendre ces appareils au nom du principe de précaution. (afp/nxp)

Créé: 13.03.2019, 20h04

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