Dimanche 19 mai 2019 | Dernière mise à jour 10:26

Violence en ligne Les USA ne signent pas l'«Appel de Christchurch»

Vingt-six pays et des firmes comme Facebook et Google lancent «l'appel de Christchurch», deux mois après la tuerie diffusée sur le web. Washington refuse de signer ce texte.

La réunion internationale de «l'appel de Christchurch» s'est tenue mercredi à l'Elysée.
Vidéo: AFP

Identitaires autrichiens

Le dirigeant du groupuscule identitaire autrichien qui avait reçu un don de l'auteur des attentats anti-musulmans de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a reconnu avoir eu des contacts réguliers par courriel avec ce dernier, tout en niant l'avoir rencontré lors de son passage en Autriche.

Facebook restreint l'usage de Facebook Live

Désormais, les utilisateurs ayant déjà enfreint les règles d'utilisation du réseau social, notamment celles proscrivant les «organisations et individus dangereux», n'auront plus accès à Facebook Live, la plateforme de vidéo en direct, pendant un certain temps.

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Attentat dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande

Attentat dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande Un extrémiste de droite australien de 28 ans a tué 51 personnes qui fréquentaient un lieu de culte musulman le 15 mars 2019.

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Les Etats-Unis ne sont pas signataires de «l'Appel de Christchurch» auquel ont répondu mercredi les géants d'internet pour lutter contre la violence en ligne, deux mois après la diffusion en direct sur Facebook de l'attaque contre des mosquées en Nouvelle-Zélande.

«Bien que les Etats-Unis ne soient pas actuellement dans une position de se joindre à l'adhésion, nous continuons de soutenir les objectifs généraux représentés» par «l'Appel de Christchurch», a indiqué la Maison Blanche.

Par cet appel, initié par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern et le président français Emmanuel Macron, les plateformes internet, dont les géants Facebook et Google ainsi que leurs filiales WhatsApp, Instagram et YouTube, s'engagent à prévenir le téléchargement et la diffusion de ces contenus, y compris par «leur retrait immédiat et permanent».

Leur objectif est d'éviter que ne circulent des images ou des messages terroristes en ligne comme celles du massacre de 51 musulmans à Christchurch le 15 mars, diffusé en direct par son auteur sur Facebook Live pendant 17 minutes.

«Nous pouvons être fiers de ce que nous avons commencé aujourd'hui (...) Nous avons pris des mesures concrètes afin d'empêcher qu'un drame comme celui de Christchurch ne se reproduise», a déclaré Mme Ardern.

Examen «en temps réel»

Dans l'appel, les entreprises s'engagent à prendre des mesures immédiates pour «atténuer les risques» liés à la diffusion en direct des contenus, grâce à leur identification et un examen «en temps réel». Un défi pour des contenus qui, à peine retirés, sont souvent aussitôt republiés par des utilisateurs.

Les groupes internet évoquent notamment la mise en place de mécanismes de signalement adaptés ou d'algorithmes pour détourner les utilisateurs de ces contenus ainsi que la fermeture de comptes si nécessaire.

«Facebook a tenté de supprimer la vidéo: ils l'ont enlevée 1,5 million de fois. Durant les premières 24 heures, elle a été remise en ligne sur YouTube chaque seconde», a relevé Mme Ardern.

Chine et Etats-Unis absents

L'appel a été adopté par la France, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l'Irlande, la Jordanie, la Norvège, le Royaume-Uni, le Sénégal, l'Indonésie, la Commission européenne ainsi que par Amazon, Facebook, Google, Microsoft, Qwant, Twitter, Youtube et DailyMotion.

D'autres pays dont l'Australie, l'Allemagne, l'Inde, le Japon, le Pays-Bas, l'Espagne et la Suède ont «également apporté leur soutien à l'appel», a précisé l'Elysée. Parmi les absents figurent les réseaux sociaux chinois comme Wechat (plus d'un milliard d'utilisateurs), QQ, TikTok et Weibo, ainsi que les Etats-Unis, bien que les plus grands réseaux soient tous américains.

Reçu vendredi par M. Macron, le PDG de Facebook Mark Zuckerberg appelle de ses voeux l'intervention des pouvoirs publics dans la régulation d'Internet. Et son groupe a annoncé mercredi que les utilisateurs ayant déjà enfreint les règles proscrivant les «organisations et individus dangereux» n'auront plus accès à Facebook Live pendant un certain temps.

«Les contenus haineux viennent menacer la durabilité même du web. En appeler à la responsabilisation des grandes sociétés est une condition de leur survie», a commenté le secrétaire d'Etat français au Numérique Cédric O, en évoquant «une obligation de résultat pour les gouvernements».

«Juste impossible»

Mais la tâche s'annonce rude. L'appel «est une déclaration de principe, un soubresaut politique, mais pas plus. Non pas que Facebook ou Twitter soient réticents, mais parce que supprimer en temps réel un contenu mis en ligne, c'est juste impossible», souligne Marc Rees, rédacteur en chef du site internet Next INpact, spécialisé dans les nouvelles technologies.

«Prévenir la mise en ligne d'un contenu supposerait une débauche de moyens pour traquer l'intégralité des contenus mis en ligne par l'ensemble des internautes», selon lui. Ces discussions interviennent alors que la France planche sur une loi qui obligerait les réseaux sociaux à retirer les contenus signalés dans les 24 heures, sous peine d'une forte amende. Paris souhaite promouvoir une telle régulation au niveau européen. (afp/nxp)

Créé: 15.05.2019, 18h46

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