Mercredi 17 juillet 2019 | Dernière mise à jour 04:48

Piratage sur internet Les internautes manifestent contre le traité ACTA

Des milliers de personnes ont protesté samedi en Europe contre l'accord multilatéral anti-contrefaçon ACTA, qui fait craindre la mise en place de nouvelles limitations de la liberté d'expressions sur Internet.

En Roumanie, quelques milliers de personnes s'étaient rassemblées dans différentes villes du pays.

En Roumanie, quelques milliers de personnes s'étaient rassemblées dans différentes villes du pays. Image: Keystone

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C'est en Allemagne que la mobilisation a été la plus forte, avec des dizaines de milliers de personnes dans le rues malgré un froid de canard.

La plupart du temps jeunes, portant parfois le masque blanc et noir au sourire sarcastique de Guy Fawkes - activiste britannique du 17ème siècle - devenu l'emblème des cyberactivistes, les anti-ACTA ont défilé dans le calme dans les grandes villes européennes.

En Allemagne, alors que les températures oscillaient entre -20 et 0 degrés, malgré le soleil, ils étaient 16'000 manifestants à Munich, 10'000 à Berlin, 5000 à Hambourg, 4000 à Dortmund, 3000 à Francfort, 3000 à Dresde, selon les organisateurs et la police.

Avait notamment appelé à manifester dans ce pays le parti des Pirates. Cette jeune formation contestataire a le vent en poupe en Allemagne depuis son succès en septembre aux élections régionales de Berlin, où il a fait son entrée au parlement de la Ville-Etat. La formation originaire de Scandinavie prône notamment la démocratie directe sur internet.

Le Parti Pirate suisse avait lui aussi appelé à manifester à Zurich samedi après-midi. Environ 300 personnes se sont rassemblées sur la place Helvetia pour cette manifestation autorisée, a indiqué la police municipale.

Bruxelles s'explique

Vendredi, l'Allemagne avait annoncé suspendre pour le moment la ratification de l'accord ACTA, précisant qu'aucune décision définitive n'avait été prise.

Cet accord, signé par 22 pays de l'UE fin janvier, crée des normes internationales pour la protection de la propriété intellectuelle et des droits d'auteur. Il est destiné à lutter contre la contrefaçon de manière très large. Ses opposants le décrient comme une atteinte potentielle grave à la liberté d'expression et aux droits des utilisateurs d'internet.

Pour tenter de démonter les accusations de non-transparence formulées par les opposants, la Commission européenne a publié sur internet un long document détaillant les circonstances dans lesquelles se sont déroulées les négociations de l'accord multilatéral.

«La révolution est née»

Outre l'Allemagne, la mobilisation anti-ACTA était également assez forte en Autriche et dans les pays ex-communistes, où les internautes considèrent ce document comme une grave atteinte à leur liberté.

Près de 6000 Autrichiens ont défilé à Vienne et dans les villes de Graz, Innsbruck et Linz. A Paris, ils étaient plusieurs centaines de manifestants. «C'est sous couvert d'anonymat que la révolution est née», proclamaient des pancartes, allusion aux actions spectaculaires des pirates informatiques siglés «Anonymous» qui se sont multipliées ces dernières semaines dans plusieurs pays.

A Sofia, plus de 3000 personnes ont défilé dans les rues et autour du siège du parlement bulgare. Ils scandaient «Non à ACTA» et «Mafia» et reprochaient au gouvernement d'avoir signé l'accord dans «le secret», sans aucune consultation publique.

Critiqué par RSF

En Roumanie, quelques milliers de personnes s'étaient rassemblées dans différentes villes du pays malgré la neige et des températures dépassant les -10 degrés. «Pluie, neige, nous vaincrons», ont-ils scandé sur la Place de l'université de Bucarest.

A Budapest, environ 400 manifestants, mobilisés par le Kalozpart (Parti des Pirates) à partir d'un réseau social en ligne, s'étaient réunis près du parlement hongrois, munis d'affiches «Stop ACTA!». Enfin à Vilnius, 600 Lituaniens protestaient devant le siège du gouvernement.

ACTA a été négocié entre l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, Singapour, la Corée du Sud, le Maroc, le Mexique et la Suisse.

Parmi les critiques, Reporters sans Frontières (RSF) avait jugé que ce traité pourrait menacer la liberté d'expression et d'information. (ats/nxp)

Créé: 11.02.2012, 20h13

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