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Vingt ans après Les procès pour le génocide de Srebrenica toujours en cours

Les ex-leaders politiques Mladic et Karadzic sont jugés au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie pour le génocide bosniaque de 1995. Un verdict est attendu fin 2015.

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Les leaders politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, accusés d'être les éminences grises du massacre de Srebrenica, le pire en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, sont aujourd'hui jugés pour génocide par la justice internationale.

Karadzic et Mladic répondent notamment pour leur rôle dans ce massacre lorsque les forces serbes ont, en juillet 1995, tué quelques 8000 hommes et garçons musulmans, dans cette enclave sous protection de l'ONU, à la fin du conflit intercommunautaire (1992-95).

Le massacre de Srebrenica a déjà été qualifié de génocide par la justice internationale.

Jugement à la Haye

Les deux hommes ont été arrêtés - Karadzic en 2008 et Mladic en 2011 -, après des années de cavale et transférés à La Haye au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

«Ne craignez rien, vous serez évacués en toute sécurité», disait Ratko Mladic aux musulmans de Srebrenica, hommes, femmes et enfants, avant que les hommes ne soient, par la suite, séparés des femmes et emmenés pour ne plus jamais être vus vivants.

La revanche de Mladic

Né le 12 mars 1942 à Bozinovici (Est de la Bosnie), Mladic a deux ans lorsque son père est assassiné par les oustachis croates pro-nazis qui, comme les musulmans, resteront ses ennemis jurés.

Avide de revanche, cet homme fort, de taille moyenne, s'érige en défenseur du peuple serbe. Lors de sa première audience devant le TPIY, il insiste, d'un air de défi, qu'il n'avait fait que «défendre son pays».

Colonel à Pristina (Kosovo), il est chargé en juin 1991 d'organiser en Croatie les séparatistes serbes, qui proclameront leur éphémère République serbe de Krajina, au début du démantèlement de l'ex-Yougoslavie.

Un fin stratège au regard d'acier

En mai 1992, promu général, il commande l'armée des Serbes de Bosnie, qui refusent de vivre «comme une minorité» dans une Bosnie indépendante et s'affirme comme un «fin stratège», selon des militaires étrangers qui l'ont côtoyé, tantôt colérique, tantôt jovial.

Commandant impitoyable au regard d'acier, «narcissique et arrogant» selon ses détracteurs, Ratko Mladic est considéré comme un «héros» par les Serbes et comme un «monstre» par les Musulmans et les Croates de Bosnie.

Mis à l'écart en 1997, Mladic a d'abord vécu en toute impunité en Bosnie, avant de s'installer à Belgrade et d'entrer ensuite dans la clandestinité au début des années 2000.

Karadzic, artisan du «nettoyage ethnique»

Radovan Karadzic est considéré par la justice internationale comme l'un des principaux artisans du «nettoyage ethnique» meurtrier qui a ravagé l'ex-Yougoslavie au début des années 90.

Grand, la chevelure grisonnante, le front barré d'une mèche indomptable, Karadzic est entré dans la clandestinité en 1996, peu après la fin du conflit en Bosnie.

Né le 19 juin 1945 dans le village de Petnica au Monténégro, Karadzic a passé son enfance à Niksic, près de la frontière avec la Bosnie. Dès son plus jeune âge, il écrit des poèmes, une activité qu'il continuera à avoir, avec la rédaction de pièces de théâtre ou la composition de musique populaire.

Psychiatre à Sarajevo dans les années 60, il a commencé sa carrière politique en 1990, avec pour mentor Slobodan Milosevic, l'homme fort de la Yougoslavie, mort en mars 2006 dans la prison du TPIY à La Haye avant la fin de son procès.

Comme son mentor, Karadzic veut alors promouvoir le rattachement à la Serbie des territoires peuplés de Serbes en Croatie et en Bosnie.

«Mythe, rumeurs, mensonges et propagande», selon Karadzic

Le défunt Richard Holbrooke, artisan des accords de paix de Dayton (Etats-Unis), en 1995, qui ont mis fin à la guerre en Bosnie, le décrit comme «un des pires et plus maléfiques hommes dans le monde».

Devant ses juges, Radovan Karadzic qualifiera, au début de son procès en 2010, les atrocités dont sont accusées les forces serbes à Srebrenica de «mythe, rumeurs, mensonges et propagande», mais dans sa plaidoirie, sa défense affirmera qu'il ignorait tout du massacre. Un verdict du TPIY est attendu d'ici la fin 2015.

Avec les accords de Dayton, Karadzic obtient «sa» république, la Republika Srspka (RS), tandis que Croates et Musulmans se partagent l'autre moitié de la Bosnie, qui devient la Fédération croato-musulmane.

Lorsqu'il est arrêté, le monde découvre, stupéfait, un Karadzic méconnaissable, les cheveux blancs et longs et une barbe épaisse, avec des lunettes et souvent un chapeau qui vivait paisiblement à Belgrade, sous la fausse identité du Dr Dragan Dabic, pratiquant la médecine alternative. (afp/nxp)

Créé: 09.07.2015, 08h08

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