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Russie Libre, Khodorkovski s'en va en Allemagne

Mikhaïl Khodorkovski est parti en Allemagne après sa libération. Auparavant, le président Vladimir Poutine avait signé le décret de sa grâce. Selon «Spiegel», il pourrait passer par la Suisse.

Mikhaïl Khodorkovski.

Mikhaïl Khodorkovski. Image: AFP

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L'ancien magnat et critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, gracié par le président russe Vladimir Poutine, est parti juste après sa libération vendredi pour l'Allemagne, où sa mère est soignée. C'est ce qu'a annoncé l'administration pénitentiaire citée par les agences russes.

Et selon le «Spiegel», le milliardaire devrait poursuivre son périple en Suisse. Une information pour l’instant non confiurmée

Dix ans derrière les barreaux

Mikhaïl Khodorkovski est sorti de prison vendredi immédiatement après avoir été gracié par le président Vladimir Poutine. Il a passé un peu plus de dix ans derrière les barreaux.

«Vers 12h20 (9h20 heure suisse), Mikhaïl Khodorkovski a quitté le camp» où il était détenu, dans le nord-ouest de la Russie, a déclaré une source non identifiée à l’agence Interfax. La nouvelle a été confirmée par son avocat, Vadim Kliouvgant.

Peu de temps auparavant, le Kremlin a annoncé que Vladimir Poutine avait signé un décret graciant l’ancien oligarque.

Le président russe avait pris tout le monde de court jeudi à l’issue de sa conférence de presse annuelle marathon, en annonçant que le prisonnier le plus célèbre de Russie lui avait adressé une demande de grâce pour des raisons humanitaires, sa mère étant malade.

«Guidé par des principes humanitaires, je décrète que Mikhaïl Borissovitch Khodorkovski (...) doit être libéré de prison avant la fin de sa peine. Ce décret entre en vigueur immédiatement», a indiqué un bref communiqué du président russe publié vendredi par le Kremlin.

Circonstances floues

Les circonstances de la libération de Mikhaïl Khodorkovski restent floues. Citant des sources anonymes, le quotidien «Kommersant» a affirmé vendredi que Mikhaïl Khodorkovski, qui était libérable en août 2014, a pris la décision de solliciter la grâce présidentielle après une rencontre avec des membres des services secrets qui ont évoqué la menace d’un troisième procès contre lui.

Des analystes politiques et des économistes ont estimé que Vladimir Poutine cherchait à améliorer l’image de la Russie ainsi que le climat des affaires, à l’approche des Jeux olympiques de février à Sotchi. Ce projet est de première importance pour le président russe.

Pressions

A en croire «Kommersant», Mikhaïl Khodorkovski a cédé à la pression des services secrets. Ils lui ont raconté que l’état de santé de sa mère se dégradait et lui ont affirmé qu’une nouvelle affaire pénale allait être ouverte contre lui, comme l’avait laissé entendre la justice russe début décembre.

«Cette conversation, qui s’est déroulée sans la présence d’avocats, a contraint Mikhaïl Khodorkovski à s’adresser au président», ajoute «Kommersant».

Peu avant d’annoncer qu’il allait gracier Mikhaïl Khodorkovski, Vladimir Poutine avait laissé entendre au cours de sa conférence de presse que l’ex-magnat du pétrole ne devait pas craindre un troisième procès.

Fraude fiscale

Considéré un temps comme l’un des citoyens les plus influents de Russie, Mikhaïl Khodorkovski a été arrêté en 2003 et condamné en 2005 à huit ans de camp pour «escroquerie et fraude fiscale». Cette peine a été portée à 14 ans à l’issue d’un deuxième procès en 2010 pour «vol de pétrole et blanchiment» de 23,5 milliards de dollars.

Pour les défenseurs des droits de l’homme et de nombreux observateurs étrangers, Mikhaïl Khodorkovski, aujourd’hui âgé de 50 ans, a été la victime d’un règlement de comptes organisé par Vladimir Poutine. Condamné pour avoir affiché son indépendance et ses ambitions politiques, il est devenu le symbole de la dérive autoritaire de la Russie.

Les Pussy Riot amnistiées

L’annonce retentissante et inattendue de cette grâce est à rapprocher de l’amnistie adoptée mercredi, qui devrait lever les poursuites contre l’équipage de Greenpeace, parmi lesquels 26 étrangers, et libérer les deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire Pussy Riot. Ces deux dossiers ont contribué à détériorer encore l’image de la Russie dans le monde.

La libération de Mikhaïl Khodorkovski est «un signal très important», a indiqué l’économiste russe Sergueï Gouriev, réfugié en France après avoir été interrogé à plusieurs reprises en Russie dans le cadre d’une affaire concernant M. Khodorkovski. «En soi, cela ne change rien, mais cela donne de l’espoir à tous les investisseurs», a ajouté Sergueï Gouriev. (ats/nxp)

Créé: 20.12.2013, 12h45

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