Lundi 18 mars 2019 | Dernière mise à jour 20:56

Malaisie Meurtre de Kim Jong Nam: elle reste en prison

La demande de libération d'une Vietnamienne accusée dans l'assassinat du demi-frère de Kim Jong Un a été rejetée par la justice malaisienne.

Doan Thi Huong quitte le tribunal de Kuala Lumpur. (14 mars 2019)
Vidéo: AFP

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Le demi-frère de Kim Jong-Un assassiné

Le demi-frère de Kim Jong-Un assassiné Kim Jong-Nam, le demi-frère en disgrâce du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, a été assassiné en Malaisie.

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Un tribunal malaisien a rejeté jeudi la demande de libération d'une Vietnamienne, accusée dans l'assassinat aux relents de Guerre froide du demi-frère du dirigeant nord-coréen en 2017, trois jours après les espoirs suscités par la remise en liberté de sa co-accusée.

L'Indonésienne Siti Aisyah avait bénéficié lundi d'une libération surprise. La Vietnamienne Doan Thi Huong reste donc seule sur le banc des accusés pour répondre de ce crime devant le tribunal de Shah Alam, près de Kuala Lumpur.

«En ce qui concerne la demande soumise le 11 mars à l'honorable procureur général, nous avons reçu l'instruction de continuer le procès», a indiqué Muhammad Iskandar Ahmad, le responsable du parquet dans cette affaire devant le tribunal.

«Je veux que ma famille prie pour moi»

A l'annonce du rejet de la libération, Doan Thi Huong a fondu en larmes. Elle a dit aux journalistes ne pas être «en colère après la libération de Siti», sa co-accusée indonésienne. «Seul Dieu sait que nous n'avons pas commis le meurtre», a-t-elle déclaré. «Je veux que ma famille prie pour moi».

L'avocat de la jeune femme a indiqué qu'il déposerait une autre requête pour sa libération. Il a estimé que cette décision «n'inspirait pas confiance dans le système judiciaire» malaisien.

Kim Jong Nam, un détracteur du régime nord-coréen qui vivait en exil, est mort après avoir reçu sur le visage un agent neurotoxique, considéré comme une arme de destruction massive, à l'aéroport de Kuala Lumpur en février 2017.

Le procès des deux femmes, âgées d'une vingtaine d'années, s'était ouvert en octobre 2017. Il devait initialement reprendre lundi, après une interruption de plusieurs mois, avec le témoignage de l'accusée vietnamienne. Mais coup de théâtre: le tribunal a alors annoncé la libération de Siti Aisyah. Le parquet avait renoncé à la poursuivre, sans motiver sa décision, suscitant l'espoir d'une libération de sa co-accusée.

Des «boucs émissaires»

Les deux femmes ont toujours nié le meurtre, assurant qu'elles avaient été piégées par des agents nord-coréens et qu'elles pensaient participer à une farce pour un jeu télévisé. Leurs avocats les ont présentées comme des boucs émissaires, arguant que les enquêteurs n'avaient pas réussi à arrêter les véritables meurtriers, et que quatre suspects Nord-Coréens ont réussi à fuir la Malaisie peu après les faits.

Pendant le procès, les éléments présentés contre la jeune femme vietnamienne ont semblé plus sérieux. Une vidéo d'une caméra de surveillance la montre s'approcher du Nord-Coréen, mettre ses mains sur son visage et s'enfuir.

L'Indonésienne n'apparaît que sur des images floues en train de quitter la scène de crime. L'Indonésie a reconnu avoir multiplié les initiatives diplomatiques au plus haut niveau en faveur de la libération de sa ressortissante. Et elle a accueilli lundi en grande pompe le retour de de la jeune femme.

Peine de mort automatique

Le Vietnam a à son tour fait pression cette semaine sur la Malaisie pour que Doan Thi Huong soit libérée. Le ministre vietnamien des Affaires étrangères a appelé son homologue à Kuala Lumpur, et le ministre de la Justice a écrit au procureur général malaisien.

En Malaisie, une condamnation pour meurtre correspond à une peine de mort automatique. Si le pays s'était engagé à abolir la peine capitale, le Parlement ne s'est pas encore prononcé sur le texte, et le gouvernement a indiqué récemment qu'il pourrait revenir sur cette promesse. (afp/nxp)

Créé: 14.03.2019, 04h41

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